Ce Montréalais a lancé une start-up spatiale pour rester fidèle à un rêve d'enfance

Publié le 26/06/2014 à 13:15

Ce Montréalais a lancé une start-up spatiale pour rester fidèle à un rêve d'enfance

Publié le 26/06/2014 à 13:15

Brian Rishikof, pdg d’Odyssey Space Research, n’a jamais abandonné son rêve d’aller dans l’espace. [Photo : Julien Brault]

Brian Rishikof, pdg d’Odyssey Space Research, fait partie de ceux qui sont restés fidèles à leur rêve d’enfance. Comme de nombreux enfants, il a décidé de devenir astronaute. L’enfant de Côte Saint-Luc n’a toutefois jamais baissé les bras, si bien que tous les choix professionnels qu’il a faits depuis lors visaient à se rapprocher de son objectif ultime. De passage à Montréal à l’occasion du Space Studies Program de l’International Space University, une école d’été ayant élu domicile à l’ÉTS cette année, il a accepté de me raconter son parcours.


« Quand j’avais quatre ou cinq ans, mes parents m’ont fait voir l’atterrissage sur la lune de Neil Armstrong et Buzz Aldrin, et quand j’ai vu ça, je me suis dit que c’est ça que je voulais faire », m’a confié Brian Rishikof. Ce rêve l’habiterait désormais à chaque instant.


À l’époque, il n’y avait pas de programme pour former des astronautes canadiens, de sorte que Brian Rishikof s’est inscrit en génie mécanique à McGill, où il a fait une spécialisation en aéronautique. « En 1984, quand Marc Garneau est devenu le premier astronaute canadien à aller dans l’espace, je me suis dit que c’est ça que je voulais faire. J’avais déjà 20 ans à l’époque et je me suis dit que si je ne pouvais pas devenir astronaute, je voulais travailler dans le domaine spatial, et en particulier, dans celui des vols spatiaux habités. »


Après avoir fait obtenu son diplôme d’ingénieur, Brian Rishikof est parti aux États-Unis compléter une maîtrise dans le domaine de l’aérospatial. Il a ensuite réussi à dégoter un poste dans l’industrie spatiale aux États-Unis. En 1992, il pose sa candidature pour devenir un astronaute canadien, mais voit sa candidature rejetée : « J’ai fait mon application pour devenir un astronaute canadien en 1992; je faisais partie des 20 premiers candidats à l’époque, mais ils n’en ont choisi que quatre. » 


Au début des années 2000, Brian Rishikof apprend que la start-up spatiale pour laquelle il travaillait était sur le point de faire l’objet d’une acquisition. L’acquéreur était un fournisseur du ministère américain de la Défense, pour qui avoir des employés étrangers posait problème. L’ingénieur, qui n’avait pas encore la citoyenneté américaine, a ainsi compris qu’il perdrait son emploi une fois la transaction complétée. 


Refusant de revenir au Canada, c’est donc par dépit qu’il se lance en affaires, en co-fondant Odyssey Space Research à Houston, en 2003. L’expertise unique de la firme, qui offre des services d’ingénierie aux fournisseurs de la NASA, attire l’attention de SpaceX, la compagnie d’Elon Musk, qui lui confie le mandat de l’aider à développer un véhicule spatial pour approvisionner la Station spatiale internationale à moindres coûts. Grâce à Odyssey Space Research, SpaceX a gagné le concours de la NASA en 2006 et, en 2012, réussissait pour la première fois à accoster son véhicule à la Station spatiale internationale.


En 2009, Brian Rishikof pose encore une fois sa candidature pour devenir astronaute au Canada, encore une fois sans succès : « J’étais déjà assez âgé, et il y avait beaucoup de gens très qualifiés, explique-t-il. Je pense que j’étais parmi les 32 premiers de la liste. » 


Selon Brian Rishikof, les agences gouvernementales fonctionnent de telle sorte qu’elles sont incapables de faire baisser les prix de l’exploration spatiale. Par contre, des entreprises privées comme SpaceX ou Virgin Galactic semblent en mesure d’y parvenir. Virgin Galactic, qui prévoit amorcer ses vols commerciaux d’ici la fin de l’année, offrira des vols suborbitaux à 250 000 $ US par billet.


L’ingénieur d’origine montréalaise pourrait ainsi finir par réaliser son rêve le plus cher en achetant un billet avec sa carte de crédit. Il aura toutefois contribué à la démocratisation des missions spatiales habitées. « Je rêve encore d’y aller une fois [dans l’espace], mais je ne sais pas quand ni comment; on va voir », conclut Brian Rishikof.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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