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Édition du 11 Février 2017

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Cette semaine, la Communauté métropolitaine de Montréal et trois de ses partenaires, dont Montréal International, ont dévoilé une base de données immobilières en ligne destinée à aider les entreprises étrangères à trouver où installer leurs pénates dans la région. Zoom Grand Montréal, ça s'appelle.


Cet outil ajoute quelques mètres au tapis rouge déroulé pour attirer ici des investissements étrangers. Dans une enquête publiée en avril dernier, Les Affaires calculait qu'en cinq ans, le gouvernement du Québec et des organisations financées par des fonds publics avaient alloué au moins 647 millions de dollars pour attirer ou retenir des entreprises étrangères.


On les aime, ces quelque 2 200 filiales installées au Québec. Et pour cause : elles génèrent à elles seules 20 % du PIB du Québec, rappelait Hubert Bolduc, pdg de Montréal International, dans une allocution prononcée devant les diplômés de Polytechnique, début février. En 2015, son organisation a fait venir à Montréal un milliard de dollars d'investissements directs étrangers (IDE), «et les résultats de 2016 [attendus pour avril] seront très bons !» a-t-il promis.


Ces gros sous, tout le monde les veut. Quand Montréal International a vu le jour, il y a 20 ans, il y avait dans le monde 800 agences d'attraction d'IDE. Il y en a aujourd'hui 4 000. Alors, on «chouchoute nos filiales de sociétés étrangères», reconnaît le pdg, qui décrit Montréal International comme «un concierge économique» : accueil à l'aéroport, transport, réservation d'hôtel, organisation de rendez-vous avec «les bonnes personnes», elle veille à tout. La nouvelle base de données immobilières permettra d'étendre ces services de conciergerie à l'emménagement de la nouvelle filiale.


Reste que Montréal se classe 18e sur 123 au classement des villes qui attirent le plus d'IDE, selon une analyse de la Brookings Institution. C'est bien. Est-ce que ça pourrait être mieux ? Oui ! À son arrivée en poste, il y a un peu moins d'un an, Hubert Bolduc appelait ses homologues des autres organismes québécois d'attractivité à travailler de manière plus concertée. Lors de son allocution, la semaine dernière, il insistait : «Il faut chasser en meute.» Une invitation appuyée par une anecdote cocasse : à l'époque où il était lui-même démarcheur, il a eu l'idée d'aller rencontrer un fabricant de foyers de cheminée en Belgique. Des changements réglementaires ici favoriseraient son implantation. Quand il est arrivé, le patron s'est étonné : Hubert Bolduc était le troisième Québécois à venir le rencontrer ! Trois personnes qui auraient fait meilleure impression si elles s'étaient concertées.


À noter : la nouvelle plateforme Zoom Grand Montréal est le fruit de la collaboration de quatre organisations. On dirait que son appel à l'union commence à être entendu.


Julie Cailliau  
Rédactrice en chef
julie.cailliau@tc.tc

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