Le courage

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Octobre 2017

Le courage

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Octobre 2017

C'est le mot qui a marqué ma semaine : courage. Quand je pensais au sujet duquel je vous entretiendrais dans cette colonne, quelle que soit la direction que prenaient mes réflexions, je revenais toujours à cette idée. Le courage.


Prenez les frasques lamentables qu'on reproche à Éric Salvail et à Gilbert Rozon. Ce sont autant des histoires de fesses que des histoires de courage. Parce qu'il en faut en masse, du courage, pour dénoncer celui qui a presque droit de vie ou de mort sur votre carrière.


Prenez Bombardier. Il y a beaucoup à dire sur sa transaction avec Airbus (je vous invite à lire nos articles à ce sujet en pages 6 et 7 et sur lesaffaires.com). Il faut toutefois reconnaître qu'il y a une dimension courageuse dans le fait de confier un rejeton rempli de potentiel à un étranger qui pourra lui donner un meilleur avenir et, ce faisant, protéger le reste de la famille du marasme financier. La décision peut sembler sans coeur, froidement raisonnable. Dure à avaler pour les Québécois qui ont tant investi, argent et sentiments, dans l'aventure. Cependant, pour Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier, « les éléments de nostalgie, on devrait mettre ça de côté et regarder le positif ».


Prenez Mitch Garber, dont le portrait est à la une. Entre autres causes défendues par l'homme d'affaires se trouve la lutte au décrochage scolaire. Il est aujourd'hui riche à millions, mais il a démarré modestement et a appris la valeur du courage au fil des embûches qu'il a rencontrées. « Les jeunes doivent croire en leurs chances de réussite, même quand les conditions sont défavorables », a-t-il confié à notre journaliste Daniel Germain.


Ce qui m'amène au clou de ma semaine : Kim Thúy, qui donnait la conférence d'ouverture du Sommet Performance, organisé le 19 octobre par la firme Proaction international. J'étais dans l'assistance, et l'écrivaine m'a bouleversée. Se prétendant dépourvue de courage, elle estime qu'elle doit tout ce qui lui aura souri dans la vie à sa mère : « Ma mère m'a entraînée à dire oui à ce qui m'arrive. » Fuir le Vietnam dans des conditions d'épouvante, s'immerger jusqu'au cou dans sa nouvelle vie au Québec malgré l'inconfort du fossé culturel, apprendre l'anglais sous les ordres d'un cadet vociférant... L'adversité jalonne son parcours. Au bilan, qu'est-ce qui en émerge ? Le succès d'une femme brillante et vibrante, dont l'oeuvre est maintenant publiée dans 26 pays. Entre temps, elle a, quoi qu'elle en dise, courageusement empoigné les défis qui se présentaient à elle. Et elle nous a offert ces mots extraordinaires : « La vie nous donne parfois l'occasion de devenir plus fort sans effort. »


 

À propos de ce blogue

Julie Cailliau