La représentation

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Mai 2016

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Édition du 07 Mai 2016

[Photo : Martin Flamand]

La semaine dernière, mon fils, premier du nom, a participé à un petit match d'improvisation à son école primaire. Il n'était peut-être pas le plus à l'aise devant le public, pas le plus bavard non plus, mais il était clair pour moi qu'il avait eu une riche idée en s'inscrivant à cette activité parascolaire. L'improvisation devrait même faire partie du programme de base. Pourquoi ? Parce que les enfants d'aujourd'hui devront demain avoir bien du bagout pour se débrouiller, et réussir, sur le marché de l'emploi.


Si je devais caricaturer l'avenir du travail, j'opterais pour ce mot d'ordre : tous entrepreneurs ! Demain, nous n'aurons pas un patron, mais des clients. Il faudra être capable de naviguer de l'un à l'autre, savoir tirer profit du changement permanent, savourer l'instabilité, travailler par projets (avec un grand «s»). Et, à travers tout ça, il faudra savoir se vendre.


Bien sûr, c'est une tendance de fond, à long terme. Mais déjà, on voit les signes poindre. Des professionnels salariés, mais sans bureau fixe comme au cabinet-conseil Deloitte. Des espaces de travail partagés si populaires qu'ils deviennent des marques internationales, telles que WeWork. Des technologies de réseaux qui assouplissent sans cesse l'accès aux connaissances et aux experts. Vous avez besoin de formation pour acquérir une nouvelle compétence ? Vous voulez louer les services d'un as de tel ou tel domaine ? C'est en ligne et c'est à la pièce. Souple et flexible.


Voilà quelques années déjà qu'on annonce «la fin du salariat». En 2013, le Français Jean-Pierre Gaudard, mon rédacteur en chef dans une autre vie, en avait même fait le titre d'un de ses livres. Il voyait dans la crise de l'emploi le signe d'un «basculement historique» d'un modèle économique fondé sur le lien patron-employé à un modèle ouvert, foyer de l'économie du partage et du travail collaboratif, rassemblant des travailleurs par ailleurs de plus en plus indépendants les uns des autres.


Mais alors que l'auteur s'alarmait de ce revirement, je le vois comme une occasion de faire mieux. Le reportage de Diane Bérard regorge d'ailleurs d'exemples de ces entrepreneurs qui ont imaginé des solutions en réponse à cette atomisation du travail.


Cela dit, on serait fou d'ignorer le risque de précarisation. Tous les travailleurs ont-ils les moyens d'être des joueurs autonomes ? Probablement pas. Savoir se vendre n'est pas naturel pour tout le monde. Raison de plus : rendez-vous à la Ligue nationale d'improvisation !


Julie Cailliau 
Chef de publication 
Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc


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