Je n'ai plus faim

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Juin 2017

Je n'ai plus faim

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Édition du 17 Juin 2017

Selon Kimbal Musk, le frère de l'autre, «l'alimentation est le nouvel Internet». Autrement dit, la vague d'innovations qui submerge nos assiettes actuellement préfigure une révolution digne de celle du www.


Il est vrai que l'inscription à la Bourse de Toronto, la semaine dernière, de GoodFood, une start-up qui livre des repas en kit au domicile de ses clients, est en soit une petite révolution. Il fallait remonter à Stingray, en 2015, pour trouver une autre entreprise québécoise qui a fait aussi le pari d'ouvrir son capital.


GoodFood fait partie d'une myriade d'étoiles montantes qui promettent de changer du tout au tout notre façon de nous alimenter. Dans le créneau des plats préportionnés à cuisiner chez soi, pensez à CookIt et au concurrent Kuisto, qu'elle a avalé en avril ; pensez à MissFresh, une troisième québécoise à se disputer ce marché ; pensez à Chef's Plate, de Toronto, qui sert aussi le Québec avec un site entièrement traduit et qui m'a impressionnée par la qualité de son SEO ; pensez aussi à l'armada mondiale partie de Suède et aujourd'hui dirigée par l'allemande Hello Fresh ou l'américaine Blue Apron.


Il y a tant de ces start-up qu'on a jugé nécessaire de créer un comparateur en ligne (comparaisonpretacuisiner.ca).


Et puis, pensez aux plateformes de livraison de repas tout-prêts comme Just Eat, Foodora, UberEats et un acteur nouveau et incongru, Vice Media, qui vient d'annoncer qu'elle livrera désormais des repas sous la marque Munchies.


Ajoutez à cela la pléthore de celles qui moulinent des criquets ou qui écrasent des fruits «passés date», et vous obtenez, pour de vrai, les ferments d'une révolution.


Ou une mode entrepreneuriale, selon le point de vue.


Une mode risquée pour les investisseurs. La concurrence est rude. Des services de livraison ferment boutique aux États-Unis, comme Maple (New York) et Sprig (San Francisco). Et quand Blue Apron a dévoilé, le 1er juin, son intention d'entrer à la Bourse de New York, ce qui ferait d'elle la première start-up américaine de livraison de repas en kit cotée, elle a révélé l'Himalaya qui se dresse entre elle et la rentabilité, selon une analyse du magazine Quartz. Ses dépenses de marketing sont énormes et, si le nombre de clients augmente, ces derniers ont tendance à commander moins souvent, et à dépenser moins par commande.


Tous les entrepreneurs qui se lancent dans le créneau de la bouffe vous diront qu'il faut bien manger. Je suis d'accord. Mais il y a des limites à ce qu'on peut ingurgiter dans une journée. Gare à l'indigestion !


Julie Caillau
Rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.caillau@tc.tc

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Julie Cailliau

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