Faites-moi confiance

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Mars 2017

Faites-moi confiance

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Édition du 25 Mars 2017

[Photo: 123rf]

Je vous en demande beaucoup, n’est-ce pas ? Me faire confiance à moi, une journaliste, à l’heure où la méfiance envers les médias est à son comble dans le monde entier ? Au Québec, la confiance envers les médias a chuté de 10 points cette année, selon le Baromètre de la confiance d’Edelman paru la semaine dernière.


Remarquez, nous sommes dans le même bateau, vous et moi. La perte de confiance vis à vis des entreprises est elle aussi de l’ordre de 10 points, et elle est encore pire vis à vis des décideurs gouvernementaux (-12).


Alors de deux choses l’une : soit nous sommes tous pourris, soit les Québécois souffrent (Edelman parle du sentiment d’injustice, du manque d’espoir et du désir de changement). Dans tous les cas, nous avons un immense travail à faire pour rétablir notre réputation et la confiance qui en découle.


Comment s’y prendre ? On peut bien accuser le populisme galopant, nous ne sommes pas démunis de leviers d’action. J’ai justement posé la question à Christian Bourque, vice-président exécutif et associé principal de la firme Léger, qui a réalisé avec le cabinet National le palmarès des entreprises les plus admirées au Québec, que nous publions cette année encore en exclusivité.


«D’une part, répond Christian Bourque, il faut bâtir un capital de marque sur des assises fortes, sur la démonstration qu’on est un bon citoyen corporatif; le public est capable d’excuser un faux pas de la part d’un bon citoyen corporatif. D’autre part, les entreprises doivent faire preuve d’honnêteté et de transparence; elles doivent démontrer qu’elles tiennent compte de toutes les parties prenantes.»


Notez dans les deux cas l’emploi du verbe «démontrer». Oubliez les paroles, vous serez jugés sur les actes.


Et vous serez aussi jugés sur la durée. «Une crise qui prenait auparavant 24 h à s’estomper peut durer maintenant plusieurs jours, souligne Christian Bourque. Relayée de fil Facebook en compte Twitter, elle peut ressurgir pendant longtemps. On oublie moins vite».


«Et ça ne prend pas forcément une crise majeure pour que la réputation d’une entreprise soit ébranlée», commente le sondeur au sujet, notamment, du fait que le Cirque du Soleil, habitué au Top 10 du classement, n’y figure pas cette année.


Vous serez jugés sur vos actes, d’autant plus en tant que dirigeant d’entreprise : d’après le Baromètre de confiance, si les Québécois blâment d’abord le gouvernement et les médias pour les problèmes sociaux, ils comptent grandement sur les entreprises pour les résoudre.


D’autres classements cousins du palmarès sur la réputation de Léger et du Baromètre de confiance sont parus ces jours-ci. L’indice d’influence Ipsos-Infopresse, dominé par les géants technologiques Google, Facebook et Apple, et où seulement deux québécoises se frayent un chemin au top 10 : Radio-Canada (6e) et Hydro-Quebec (7e). Aussi, le palmarès des Prix de la confiance réalisé par Ipsos pour le compte de l’Institut de la confiance dans les organisations, que nous vous présentons en page 5.


Le mois de mars est le mois de la fraude. Quant à moi, on pourrait aussi le déclarer mois de la réputation.


Julie Cailliau  
Rédactrice en chef
julie.cailliau@tc.tc


 

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Julie Cailliau

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