Capteurs de désirs

Offert par Les Affaires


Édition du 24 Mars 2018

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Inno ­Agropur se nourrit d’idées de l’interne, mais aussi de l’externe grâce à l’Inno ­Challenge, qui met les ­start-up au défi de réinventer l’industrie laitière. [Photo: Facebook/Agropur]

Il fallait y penser : des chips faites de yogourt. Quatre saveurs dignes de vos pires péchés mignons, mais seulement 120 calories par paquet et surtout, 10g de protéines. Une sorte de shake qui croustille auquel pourraient succomber même les fanatiques du gym.


En annonçant l’arrivée de cette innovation d’Agropur dans les rayons des dépanneurs d’ici quelques semaines, en conclusion d’une conférence sur l’innovation qu’il venait de prononcer devant l’Association des diplômés de Polytechnique, le chef de la direction d’Agropur Robert Coallier m’a fait ouvrir des yeux ronds (à défaut de me faire saliver).


Le produit est insolite, mais ce n’est pas tant ce qui m’a surprise, que l’engagement personnel (stratégique, en réalité) de Robert Coallier vis à vis de l’innovation, préférablement l’innovation de rupture.


« Réinventer les produits laitiers, ce n’est ni un slogan ni un projet, cela doit devenir la façon de faire notre métier », a-t-il scandé. La formulation est ciselée, on la croirait trop belle pour être vraie. Sauf qu’il y a des signes tangibles de cet engagement.


Bien qu’Agropur soit la plus grande coopérative laitière d’Amérique du Nord, qu’elle exploite 39 usines dans le monde, emploie 8300 personnes, et réalise plusieurs acquisitions par an; bien qu’elle ne soit pas en difficulté dans ses marchés traditionnels, elle qui annonçait en février des résultats records pour 2017; bien que Robert Coallier soit membre du Cercle des présidents, membre du QC100, ou encore administrateur d’IA Groupe financier… le chef de la direction trouve le temps de siéger lui-même dans le comité d’innovation, qui filtre (sans jeu de mots) les idées neuves collectées de manière proactive dans l’entreprise et même à l’extérieur.


Si le dirigeant place l’innovation parmi ses priorités, c’est qu’il est stratégique de saisir les tendances du marché, de capter les désirs des consommateurs. En manchette cette semaine, Diane Bérard examine comment les entreprises peuvent détecter et exploiter les signaux faibles du marché. La réponse d’Agropur à cette question, c’est le programme Inno Agropur, qui combine idéation, protypage et lancements pilotes… Un processus très structuré, et à quelques égards assez complexe, mais qui repose sur les bons fondements : générer le maximum d’idées, les filtrer en tenant compte d’opinions et d’expertises les plus diverses possibles, et viser en tout temps un « cheminement accéléré vers l’épreuve du marché ».


Inno Agropur se nourrit d’idées de l’interne, mais aussi de l’externe grâce à l’Inno Challenge, qui en est à sa deuxième édition et qui met les start-up au défi de réinventer l’industrie laitière.


Par ailleurs, Agropur et la Caisse de dépôt et placement financent à part égales un fonds de 40 millions de dollars à destination des entreprises innovantes de l’industrie laitière, mis sur pied en février.


« Agropur fonctionne à un rythme, hum… historique », dit-il. Hors, l’appétit de nouveautés des consommateurs évolue plutôt aujourd’hui à un rythme… frénétique. Comment capterez-vous leurs désirs pour que vos produits arrivent sur le marché, comme le dirait Robert Coallier, « avant que le millenial se rende compte qu’il en avait besoin » ?


Julie Cailliau
Rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc

À propos de ce blogue

Julie Cailliau est éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, dont l’équipe de journalistes chevronnés publie le journal Les Affaires, le site lesaffaires.com et le magazine Les Affaires Plus. Elle est également présidente du conseil d’administration de la Fondation des prix pour les médias canadiens. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, Julie a pratiqué le métier de journaliste au sein de plusieurs publications françaises et québécoises. Dans une vie précédente, elle a œuvré à titre d’ingénieure en biotechnologies. Son « why », c’est d’apprendre et d’informer afin de nous permettre de faire les bons choix. La prise de conscience de l’urgence environnementale et l’émergence de l’entrepreneuriat social comptent pour elle parmi les tendances les plus réjouissantes actuellement.

Julie Cailliau

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