Résidences privées pour aînés: où a-t-on besoin de nouvelles unités?

Publié le 29/05/2017 à 16:30

Résidences privées pour aînés: où a-t-on besoin de nouvelles unités?

Publié le 29/05/2017 à 16:30

La résidence Rosemont Les Quartiers de Réseau Sélection

Dans mon blogue de la semaine dernière, je parlais du marché des résidences pour personnes âgées au Québec et des besoins à venir. Les tendances provinciales ne sont toutefois pas nécessairement représentatives de la situation dans chaque région.


Comme indiqué dans mon article précédent, selon les éléments colligés par JLR à partir des données du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et de l’Institut de la Statistique du Québec, il y avait 5,3 personnes âgées de 75 ans et plus pour chaque unité locative existante en résidence privée pour aînés (RPA) au Québec. Le ratio varie de 3,1 à 16,5, dépendamment des régions.


Source: JLR


Voici le portrait de quelques régions qui se démarquent par l'offre par rapport à la demande potentielle.


Côte-Nord


Si vous cherchez à investir dans une résidence de personnes âgées, cette région pourrait vous intéresser. En Côte-Nord, le ratio de gens de 75 et plus relativement au nombre d’unités en RPA est de 15,1. Ce résultat combiné au faible taux d’inoccupation de 1,8 % en 2016 selon le rapport sur les résidences des personnes âgées publié par la SCHL implique une offre déficiente dans cette région relativement à la demande. Le taux d’inoccupation provincial est plutôt de 6,8%.


Pour observer la demande potentielle dans l’avenir, on peut regarder du côté de la prochaine génération. Ainsi, le ratio du nombre d’individus de 65 à 74 ans sur le nombre d’unités locatives dans la région est de 21,8 en Côte-Nord. Il s’agit du plus haut ratio si l’on exclut la région du Nord-du-Québec.


Ce résultat élevé indique que de nouvelles unités devront être construites dans les prochaines années pour répondre à la demande.


Les ratios sont plus élevés dans le Nord-du-Québec, mais il faut rester prudent dans les interprétations étant donné le nombre très faible de résidences et d’individus dans cette région combinée à l’immense superficie du territoire.


Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine


Une autre région éloignée retient l’attention avec un ratio élevé (10,1) de personnes de 75 ans et plus relativement au nombre d’unités offertes. Il est connu que la population est vieillissante dans ce coin du Québec et donc la demande devrait croître au cours des dix prochaines années.


Le ratio des 65 à 74 ans sur l’ensemble des unités atteint, pour sa part, 14.0. Encore là, le taux d’inoccupation de 5% des places en RPA est plus bas dans cette région que dans l’ensemble du Québec.


Estrie


La situation est complètement différente lorsqu’on analyse la région de l’Estrie. On trouve 7% des unités en RPA dans cette région du Québec et on y compte 3,1 personnes de 75 ans et plus par unité en RPA. Il s’agit du plus faible ratio obtenu pour une région.


Ce résultat est cohérent avec le taux d’inoccupation en Estrie des places standards en RPA de 14,6% en 2016 selon le rapport sur les résidences de personnes âgées publié par la SCHL.


L’offre par rapport à la demande risque de continuer d’être parmi les plus importantes en Estrie au cours des prochaines années. Le ratio des personnes de 65 à 74 ans sur le nombre d’unités est de 4,4 en Estrie. Il s’agit du plus faible ratio pour une région, la moyenne québécoise étant de 7,1.


Quelques autres régions où l’offre est importante


L’Estrie fait bande à part en ce qui concerne l’offre importante d’unités en résidence par rapport à sa population d’aînés, mais les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec fusionnées, du Bas-Saint-Laurent et de Laval affichent également des ratios sous la moyenne provinciale.


Présentement, à Laval, le ratio des 75 ans et plus par rapport aux unités disponibles est près de la moyenne provinciale, toutefois la clientèle potentielle âgée de 65 à 74 ans est peu nombreuse relativement à l’offre d’unités locatives avec un ratio de 5,5.


Des régions à considérer pour la construction de résidences


Bien que les régions de la Côte-Nord et de la Gaspésie soient de loin celles où l’offre est la plus faible relativement à la demande potentielle, ces régions sont peu populeuses et donc le nombre de nouvelles constructions sera probablement moins élevé que dans d’autres coins du Québec.


En ce sens, les régions de l’Outaouais, des Laurentides et de la Montérégie pourraient offrir des possibilités intéressantes. Dans ces régions, les ratios du nombre de personnes de 75 ans et plus (relativement au nombre de places) sont égaux ou supérieurs à 6.


De plus, les ratios excèdent 9 lorsque la population de 65 à 74 ans est comprise. En plus, la Montérégie est un marché important puisqu’on y trouve 14% des unités locatives de l’ensemble du Québec.


Finalement, le marché des résidences privées pour aînés ne risque pas de ralentir de sitôt et de nombreux nouveaux complexes devront être construits un peu partout dans la province.


Vous pouvez consulter l’étude complète de JLR pour plus d’informations.


Lire mes autres articles


Me suivre sur Twitter : @JFontaineJLR

À propos de ce blogue

Économiste chez JLR Solutions foncières, Joanie Fontaine analyse le marché immobilier et ses différentes composantes. Titulaire d’une maîtrise en économie, elle réalise des études statistiques à partir de la base de données de JLR comptant plus de 6,5 millions de transactions, en plus des rôles d’évaluation municipale, des permis de construction et des recensements de Statistique Canada. JLR est la seule entreprise au Québec à disposer de l’historique de toutes les transactions immobilières réalisées depuis 1986.www.jlr.ca

Joanie Fontaine

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