Les propriétés de luxe prennent plus de valeur

Publié le 18/06/2018 à 12:16

Les propriétés de luxe prennent plus de valeur

Publié le 18/06/2018 à 12:16

Source: Fotolia

À Vancouver, pour un million de dollars, un ménage ne peut pas espérer acquérir une résidence de luxe, mais pour ce prix on peut obtenir une somptueuse demeure au Québec.


En fait, pour définir un marché du luxe, il faut observer les tendances régionales, car les résidences les plus luxueuses de la région de Trois-Rivières diffèrent grandement en termes de prix et d’apparence de celles vendues au centre-ville de Montréal. À l’aide des données publiées au Registre foncier du Québec, JLR a donc analysé les ventes de propriétés situées dans les tranches de prix supérieures dans les 6 grandes RMR du Québec.


Pour qu’une propriété soit considérée de luxe (parmi les 3 % les plus chères), le prix minimum payé atteignait 965 000$ dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal en 2017.


Pour être classées dans ce même groupe des 3 % des résidences les plus chères (97e percentile de prix) dans les RMR de Gatineau, de Québec et de Sherbrooke, les propriétés devaient plutôt avoir été payées un prix excédant, respectivement, 538 410$, 552 500$ et 566 360$ en 2017.


Pour une propriété de luxe à un prix plus accessible, il vaut mieux se tourner vers les marchés de Saguenay et de Trois-Rivières. Dans ces régions, les propriétés vendues plus de 340 222$ à Trois-Rivières et plus de 373 222$ à Saguenay se classaient parmi les 3% les plus chères achetées en 2017.


Dans ces 2 régions, les prix des unifamiliales de luxes sont largement inférieurs aux autres. Il faut dire que les prix médians de l’ensemble des unifamiliales dans les RMR de Trois-Rivières et de Saguenay se situaient sous la barre des 200 000 $ en 2017. Ainsi, le coût moins élevé dans ces régions s’observe autant sur le prix médian que sur le prix des résidences de luxes.


Le prix des propriétés de luxe augmente plus rapidement


En comparant la croissance des prix au 99e percentile, au 97e percentile et au 50e percentile (prix médian), on constate que l’augmentation des prix entre 2012 et 2017 était plus élevée dans les tranches de prix supérieures. Le prix minimum à payer pour se situer parmi le 1% des unifamiliales les plus chers (99e percentile) a crû plus rapidement que le prix médian, et ce, dans toutes les régions.


Variation des prix entre 2012 et 2017


Source: JLR

 


Ainsi, le prix au 99e percentile a bondi de 25% pour les résidences unifamiliales dans la RMR de Montréal entre 2012 et 2017 alors que le prix médian, lui, a augmenté de seulement 14% au cours de la même période.


Dans la région de Montréal, la hausse des prix marquée dans le marché de la propriété de luxe peut s’expliquer par l’absence de nouvelles constructions d’unifamiliales au centre-ville. En fait, une part importante des demeures les plus chères vendues dans cette région sont situées près du centre-ville. Or, la construction de nouvelles maisons est pratiquement impossible dans ces secteurs ce qui fait que l’offre de propriétés ne peut pas augmenter. Ainsi, la croissance de la demande cause une hausse rapide des prix. Dans les secteurs plus éloignés et moins dispendieux, il est généralement encore possible de bâtir des maisons unifamiliales, ce qui freine la montée des prix.


Un phénomène assez similaire s’observe également dans la RMR de Québec, même si l’ampleur est moindre. Pour les autres régions, les demeures luxueuses sont souvent situées sur des terrains convoités et disponibles dans un nombre limité. Les bords de l’eau sont un bon exemple de ce type de terrain. Or, à mesure que le nombre de terrains vacant de ce type diminue, une pression à la hausse sur les prix est créée sur les constructions existantes.


L’augmentation de prix, particulièrement importante dans la région de Sherbrooke, des propriétés de la catégorie de luxe pourrait également s’expliquer par une popularité accrue des résidences secondaires de luxes aux abords des lacs tels que le lac Memphrémagog. La conjoncture économique favorable peut aussi avoir incité des ménages fortunés à acquérir un luxueux chalet.


Bref, le marché des unifamiliales de luxe a connu un essor important au cours des dernières années. Le marché de la copropriété de luxe à Montréal n’a pas échappé à cette tendance avec une croissance marquée des prix. Dans ce cas, l’ajout de plusieurs nouvelles unités de type « penthouse » au centre-ville de Montréal pourrait expliquer une grande partie de la hausse du prix minimum requis pour acheter une copropriété parmi les 3 % ou 1 % les plus chères.


Pour plus de détails sur le marché du luxe dans les différentes régions du Québec et dans le marché de la copropriété, vous pouvez consulter l’étude complète de JLR.


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À propos de ce blogue

Économiste chez JLR Solutions foncières, Joanie Fontaine analyse le marché immobilier et ses différentes composantes. Titulaire d’une maîtrise en économie, elle réalise des études statistiques à partir de la base de données de JLR comptant plus de 6,5 millions de transactions, en plus des rôles d’évaluation municipale, des permis de construction et des recensements de Statistique Canada. JLR est la seule entreprise au Québec à disposer de l’historique de toutes les transactions immobilières réalisées depuis 1986.www.jlr.ca

Joanie Fontaine

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