Un mois encore difficile pour les propriétaires endettés

Publié le 04/12/2014 à 12:25

Un mois encore difficile pour les propriétaires endettés

Publié le 04/12/2014 à 12:25

Souvenons-nous qu’en octobre dernier, la province a fait face à un sommet inégalé depuis 3 ans au niveau du nombre de préavis d’exercice. Les délaissements avaient également bondi lors de ce mois. Pour vous rafraîchir la mémoire, consultez cet article : Les préavis d'exercice à un sommet de 3 ans


Tout d’abord, définissons ce qu’est un préavis d’exercice. Il s’agit, par exemple, d’un avis qu’un créancier (souvent une institution financière) remet aux propriétaires en retard dans leurs paiements hypothécaires. Ainsi, il avertit le propriétaire qu’il pourrait, faute d’entente quelconque, saisir sa propriété. Ainsi, un préavis peut se terminer par un délaissement (saisie) si les propriétaires n’arrivent pas à trouver de solution ou à vendre leur maison. Lorsqu’on analyse les mauvaises créances dans l’immobilier, on se concentre généralement sur les préavis d’exercice et les délaissements. Leurs niveaux dressent un indice de la situation économique des propriétaires du Québec.


Voyons maintenant si la tendance d’octobre s’est poursuivie en novembre. D’abord, les préavis sont demeurés relativement élevés en novembre. Selon les données colligées par JLR, 832 propriétaires ont reçu en novembre un préavis d’exercice. La tendance haussière se poursuit, par contre l'augmentation est plus faible qu’en octobre. On note une hausse de 4,5 % par rapport à novembre 2013 alors qu’une diminution est enregistrée comparativement au mois de novembre 2011 et 2012. Pour les 11 premiers mois de l’année, le total de préavis d’exercice s’élève à 8 862, soit une hausse de 6,8 % relativement à l’an dernier. Le nombre de préavis dénombré depuis janvier 2014 demeure encore légèrement sous le niveau de 2010.


186 délaissements ont été enregistrés pour le mois de novembre 2014, une hausse par rapport au mois dernier.


Du côté des délaissements, 186 ont été enregistrés pour le mois de novembre 2014. Il s’agit d’une augmentation comparativement au même mois l’an dernier (comme ce fut le cas durant toute l’année 2014). La hausse s’est cependant amenuisée avec une augmentation de 6,3 %. Malgré une tendance haussière qui se poursuit, il s’agit tout de même de la plus petite augmentation depuis janvier 2014. Le mois dernier, on avait plutôt noté une hausse de 40,1 % relativement à octobre 2013.


Depuis le début de l’année, il y a eu 2318 délaissements, soit 21,0 % de plus que pour la même période l’an dernier. La croissance du nombre de délaissements peut sembler inquiétante. Par contre, il s'agit d'un niveau similaire à celui de 2011.



La hausse des mauvaises créances commune à plusieurs régions du Québec


Pour les 12 derniers mois, les préavis d’exercice augmentent par rapport aux 12 mois précédant dans la majorité des régions 


administratives du Québec. La hausse a été particulièrement élevée en Abitibi avec une augmentation de 79,8 %. Le nombre de préavis d’exercice a néanmoins diminué dans les régions de l’Estrie (-11,5 %), de Chaudière-Appalaches (-1,4 %) et des Laurentides (-1,4 %).


Pour les délaissements, la Mauricie est la seule région où la situation s’est améliorée. Pour les autres régions, la situation s’est détériorée avec des augmentations du nombre de délaissements allant de 2,8 % (Bas-Saint-Laurent) à 58,3 % (Gaspésie-Île-de-la-Madeleine).


La situation est-elle dramatique?


En résumé, il semble que ce soit encore un mois difficile pour les mauvaises créances hypothécaires, alors que les préavis d’exercice et les délaissements croissent par rapport à 2013. La situation semble cependant mieux que le mois dernier.


La croissance des mauvaises créances peut s’expliquer par les délais de revente qui s’allonge. Ainsi, si les ménages ne pouvant faire face à leur obligation financière ne peuvent pas revendre rapidement leur propriété, ils seront susceptibles de recevoir un préavis d’exercice qui peut les mener, en dernier recours, à délaisser leur propriété.


Il faut tout de même rester prudent avec les conclusions alarmistes puisque malgré la hausse par rapport à 2013, on demeure sous le niveau de 2010.


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À propos de ce blogue

Économiste chez JLR Solutions foncières, Joanie Fontaine analyse le marché immobilier et ses différentes composantes. Titulaire d’une maîtrise en économie, elle réalise des études statistiques à partir de la base de données de JLR comptant plus de 6,5 millions de transactions, en plus des rôles d’évaluation municipale, des permis de construction et des recensements de Statistique Canada. JLR est la seule entreprise au Québec à disposer de l’historique de toutes les transactions immobilières réalisées depuis 1986.www.jlr.ca

Joanie Fontaine

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