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Telus change de vitesse

Jean-François Codère . les affaires.com . 14-11-2011 (modifié le 14-11-2011 à 12:18)

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EN BOURSE

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Photo : Bloomberg

BLOGUE. Depuis des années, les compagnies téléphoniques vivent sous la menace d'un grand désavantage technologique par rapport à leurs concurrents câblodistributeurs. Telus annoncera lundi avoir trouvé un remède, du moins temporaire.


Ce remède, c'est une technologie baptisée VDSL2. Pour faire simple, les ingénieurs ont déjà pas mal fait tout ce qui était en mesure d'être fait pour accélérer le transfert de données sur un fil de cuivre. Alors, pour en augmenter la vitesse, ils ont tout simplement pensé à faire passer votre connexion par deux fils de cuivre, simultanément.


On dit simplement, et ce l'est sur papier, mais c'est évidemment beaucoup plus compliqué en théorie. Il faut être en mesure de synchroniser deux connexions distinctes pour pouvoir bénéficier de gains en vitesse.


Clément Audet, vice-président au marché consommateur de Telus Québec, aime l'analogie suivante pour expliquer la prouesse technique: si un cheval peut tirer une carriole à 10 km/h, deux chevaux ne la tireront pas deux fois plus vite. La connexion VDSL2, oui.


Enjeu de taille


L'enjeu de la vitesse est de taille pour Telus et d'autres opérateurs de téléphonie, Bell par exemple.


Avant cette annonce, la vitesse de téléchargement la plus rapide que pouvait annoncer Telus à ses clients de l'Est du Québec était de 25 Mbits/seconde. Son concurrent COGECO, qui utilise le câble, en promettait le double. L'écart est encore plus grand dans le Sud du Québec, où Bell est elle aussi limitée à 25 Mbits/seconde pendant que Vidéotron en annonce jusqu'à 120.


En pratique, l'écart est loin d'être aussi grand. Plusieurs facteurs rendent un peu farfelues et superflues les très hautes vitesses annoncées par les câblos.


Pour commencer, il y a de fortes chances que votre équipement réseau à la maison soit plus lent que 120 Mbits/s, avec ou sans fil, ce qui signifie que vous ne bénéficiez même pas de toute la vitesse théorique de votre connexion. Rares sont également les serveurs qui peuvent vous acheminer des fichiers à cette vitesse, si bien que vous payez pour rien. Pour faire image, c'est un peu comme si vous étiez branché sur un aqueduc d'un mètre de diamètre, avec quelqu'un qui verse des verres d'eau à l'autre bout.


Troisièmement, il y a peu d'usages communs pour de telles vitesses, même si elles étaient livrées. Votre humble serviteur se contente parfaitement d'une connexion à 10 Mbits/seconde, y compris pour visionner des films en haute définition sur iTunes, par exemple.


Un handicap


En pratique, donc, le problème n'est pas si grand pour l'instant. Mais sur papier, et pour le marketing, ça paraît très mal. Clément Audet en convient facilement.


« C'est sûr que c'est un handicap en termes de perception, mais aussi pour le futur », affirme M. Audet.


Personne ne sait assurément de quoi sera fait le futur, mais on sait déjà que la consommation de vidéo en ligne explose, propulsée justement par des services comme iTunes, Netflix ou Tou.TV.


« Quand nous allons en venir à des signaux 3D ou Super HD, ce sera encore plus gourmand », explique-t-il.


La vitesse est aussi importante pour les entreprises de téléphone depuis qu'elles se sont lancées dans la télévision IP (Télé OPTIK chez Telus, Télé FIBE chez Bell). Plus de vitesse permet à ces services d'offrir la possibilité de regarder plus de chaînes distinctes en même temps sur différents téléviseurs dans une même maison.


Bref, on dit souvent que la vitesse tue et c'est aussi vrai dans le monde des télécommunications: sans la vitesse, on risque de se faire tuer par la concurrence. Il vaut d'ailleurs la peine de noter que, même avec cet investissement, le forfait le plus rapide de Telus passe à 50 Mbits/s, encore moins que son rival COGECO.


La technologie VDSL2 n'est pas la réponse à tous les problèmes des opérateurs de téléphonique. M. Audet est bien au courant. Inévitablement, la solution passera un jour par la fibre optique. Telus et Bell sont déjà très actifs pour la déployer jusqu'à des serveurs dans les quartiers qu'ils desservent, mais il faudra éventuellement qu'elle se rende jusque dans chaque foyer et remplace définitivement le fil de cuivre.


« C'est l'avenue qu'envisagent les compagnies de téléphone depuis déjà 10 ans, selon M. Audet, mais le problème est que le coût est astronomique. Un jour ou l'autre, il faudra s'y rendre mais là, la technologie VDSL2 vient de nous donner un délai. Et dans quelques années, le coût d'installer de la fibre optique aura certainement diminué. »


Telus est la première entreprise au Canada à déployer cette technologie. Les tests et les développements logistiques liés à son implantation ont été effectués dans les laboratoires de l'entreprise à Rimouski.


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1 commentaire

berixyz le 14-11-2011

Fin 1990, j'ai parlé à un technicien de Québec-Téléphone (rachetée depuis par Telus) qui recevait une formation en installation de fibre optique. Le but de la compagnie était, disait-il, de connecter tout le Bas-Saint-Laurent-Gaspésie jusqu'aux maisons pour offrir le câble et le téléphone sur le même fil. Le web n'existait même pas à ce moment là, mais l'infrastructure s'y serait facilement adaptée depuis. Québec-Téléphone étant de propriété majoritairement américaine, le CRTC leur refusa ce développement. Ça a probablement été l'une des raisons de la revente à Telus. Il faut aussi dire qu'en 1990, pour le CRTC, il n'était pas question qu'une compagnie touche au téléphone et à la télé en même temps. Les temps changent!

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