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Projet de loi sur l'écoute électronique: qui paiera la note?

Jean-François Codère . les affaires.com . 17-02-2012

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BLOGUE. Combien coûtera aux fournisseurs d'accès Internet et aux opérateurs sans fil, ainsi qu'à leurs consommateurs, le projet de loi fédéral pour augmenter les capacités « d'écoute électronique » des policiers.


Malheureusement, la réponse est encore floue. 


« Tel qu'il est actuellement, le projet de loi C-30 est très général en ce qui a trait aux obligations à notre endroit, résume Tom Copeland, président de la Canadian Association of Internet Providers (CAIP). Il n'y a pas de précisions sur le type d'interceptions que nous serions obligés de fournir ou sur le nombre d'interceptions que nous devrions être capables de mener simultanément, par exemple. » 


Rappelons les faits. Le gouvernement conservateur a présenté cette semaine en Chambre le projet de loi C-30, un peu honteusement appelé « Loi sur la protection des enfants contre les cyberprédateurs ». Je dis « honteusement » parce que le titre a été changé à la toute dernière minute pour des motifs politiques. Il est assez évidemment difficile de se prononcer contre un projet de loi visant en apparence à protéger les enfants des cyberprédateurs, même s'il se cache dans ses articles plusieurs risques allant bien au-delà de cet enjeu.


En réalité, l'enjeu dont il est ici question est l'« accès légal », et il n'est pas nouveau. Il vise les cyberprédateurs, mais aussi toutes les autres formes de crimes imaginables pouvant laisser des traces sur Internet, du crime organisé à la fraude, en passant par le terrorisme.


Une première ébauche d'un projet de loi du genre a été déposée en 2002, il y a dix ans, par le gouvernement libéral. Les principaux partisans en sont les corps policiers, qui affirment que les lois actuelles ne leur fournissent pas la capacité d'intercepter comme il se devrait les communications modernes dans leur lutte contre le crime.


Depuis 10 ans, diverses versions de ce projet de loi ont été déposées et il n'a jamais eu le temps d'être adopté à cause de la chute de gouvernements minoritaires successifs. Ceci dit, ces tentatives répétées ont généré des heures et des heures de débats en comités et ailleurs afin de tenter de déterminer où exactement se situe la frontière entre un accès suffisant des policiers dans le cadre de leur travail et le respect de la vie privée des citoyens. C'est un débat extrêmement complexe, tant du point de vue technique que philosophique.


Qui paiera?


Mais il y a une chose dans tout cela qui est bien réelle : le projet de loi aura des coûts. Et ce qu'on ignore, c'est qui les paiera.


« À l'heure actuelle, explique Marc Choma, directeur des communications de l'Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS), chaque opérateur a ses propres arrangements avec les policiers. Mais dans la plupart des cas, les policiers reçoivent une facture. Est-ce que ce sera toujours le cas? On veut s'assurer que oui. Personne ne s'attend à ce que GM ou Chevrolet fournisse des voitures aux policiers gratuitement. Nos services ont un coût aussi. »


Les opérateurs sans fil, selon M. Choma, dépensent déjà des millions de dollars pour assurer aux policiers l'accès à leurs réseaux. Il y a l'équipement, bien sûr, mais aussi le personnel, qui doit être disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour répondre aux demandes.


Les nouvelles exigences pourraient être encore plus coûteuses. On pourrait par exemple leur demander, ainsi qu'aux fournisseurs d'accès Internet filaire, de fournir aux policiers la capacité d' isoler « toutes les données générées par ou pour un client précis » et de les fournir aux policiers parfois en temps réel, parfois après les avoir stockées, selon le résumé fait par M. Copeland. Il faudrait pour cela vraisemblablement ajouter de l'équipement, dont la nature et la quantité seront déterminés lorsque le projet de loi sera plus clair.


Déjà possible


Une partie du débat autour de ce projet de loi tourne autour du fait que les policiers ont déjà accès à la plupart des pouvoirs que celui-ci doit leur accorder. Les causes criminelles dans lesquelles des communications électroniques ont été versées en preuve sont légion.


Intercepter des communications sur Internet, même en temps réel, est non seulement déjà réalisable, mais « se fait déjà de façon régulière », assure M. Copeland. À condition d'avoir un mandat.


Même chose pour ce qui est de demander à un fournisseur d'accès qui est le client qui se cache derrière une adresse Internet (adresse IP). Même que dans ce cas, « la plupart d'entre nous n'exigent même pas de mandat pour fournir le nom et l'adresse d'un client quand il est question de sécurité d'un enfant », confie M. Copeland.


En fait, selon ce qu'en comprend M. Copeland, c'est que les policiers voudraient pouvoir utiliser l'écoute des communications électroniques plus tôt dans leur processus d'enquête. « Présentement, ce qu'ils nous disent, c'est que pour avoir un mandat, ils doivent déjà présenter beaucoup de preuve au juge. Ils voudraient pouvoir obtenir cette preuve via les communications. »

10 commentaires

YBertrand le 20-02-2012

Bonjour. @monsieur travailleur. Deuxième partie. Pour ce qui est des pourcentages d’utilisateurs en Europe, Asie etc, ils représentent les proportions d'utilisateurs en (dial-up) qui ne peuvent pas utiliser le IPv6, ce protocole étant possible que pour les distributeurs qui procurent leur propre modem et sont en mode de bande large (large bandwidth). Ils sont donc les pourcentages d’internautes actuel en mode “dial-up”. Un modem conventionnel qui sert aussi à envoyer des fax et faire une boîte vocale n'a pas d'adresse MAC. Ce qui semble compliquer les choses est qu’une adresse DNS est aussi une adresse IP, de là votre confusion, je m’en excuse. Veuillez consulter WAN puis LAN sur Wikipedia pour mieux comprendre leurs structures. Vous vous demandez peut être comment il se fait qu’il n’y a plus d’adresses IP disponible, c’est fort simple, tous les téléphones cellulaires (pour cellule) ont aussi un IP et 3 DNS (dont seulement un est dynamique). Hors un ordinateur et téléphone cellulaire utilisent 1 adresse IP et trois adresses DNS (mais pour les ordinateurs les adresses sont statiques mais servent à plusieurs milliers d’utilisateurs dans un ordre différent). Pour connaître votre IP et DNS, veuillez utiliser l’accès par commande (cliquez sur démarrer, puis sur (RUN en anglais, malheureusement je ne connais pas le terme français, la commande RUN est habituellement la première commande en bas des choix du menu principal (en dessous de l’aide de Windows et de la commande de recherche) vous obtiendrez un petit écran noir que vous devrez agrandir par le bouton du haut à droite et obtiendrez une moitié d’écran en noir. Inscrivez la commande suivante : ipconfig/all (puis enter) vous obtiendrez l’adresse MAC, votre IP, les DNS et autres informations concernant votre accès internet. Vous pourrez ainsi voir que les adresses DNS sont semblables à l’adresse IP. Veuillez noter qu’il y avait 0.9 milliards d’ordinateurs et plus de 2.1milliards de cellulaires (en exploitation internet) au 30 septembre dernier selon l’IANA, ajoutez les 0.5 milliards adresses dédiées, et retenues par l’IANA vous obtiendrez 3.9 milliards d’adresses IP/DNS. Il y a bien d’autres équipements qui sont reliés par IP dont les guichets électroniques et les terminaux dans tous les détaillants (qui servent à payer votre achat par carte de débit et crédit), les clés USB et bien d’autres. Vous comprendrez que le problème est urgent. Le IPv6, sous toutes réserves des résultats de recherches et d’implantations faites depuis 2008 car l’IANA exige qu’il y ait une période de transition d’un vers l’autre qui exigerait des entreprises de services cellulaires à utiliser IPv6 afin de désengorger le problème des adresses IP. Mais ce domaine est très complexe et la nouvelle version 6 du protocole internet (IPv6) a présentement beaucoup d’embûches à traverser, le problème majeur est celui de l’intégrité du protocole qui ne produit pas la sécurité qu’il devait réaliser. Hors IPv6 devait théoriquement pourvoir une sécurité à toute épreuve puisque le MAC d’origine (pour consulter une page ou envoyer un courriel faisait partie de l’adresse IP). Pour le moment il semble que ce n’est pas le cas justement parce qu’un MAC peut être changé à volonté. Merci et bonne journée.

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