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Apple, le prochain Nike?

Jean-François Codère . les affaires.com . 26-01-2012 (modifié le 26-01-2012 à 22:34)

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EN BOURSE

SYMBOLE DERNIER VARIATION
AAPL-Q 572.27 9.98$

BLOGUE. Les résultats financiers exceptionnels d'Apple au dernier trimestre, décrits comme l'un des meilleurs trimestres de l'histoire, toutes entreprises confondues, ont fait écarquiller bien des yeux.


Ces résultats vont attirer beaucoup d'attention autour d'Apple, surtout qu'elle est du même coup redevenue l'entreprise avec la capitalisation boursière la plus élevée au monde. Apple n'a jamais manqué d'attention en général, loin de là, mais de nouveaux yeux risquent de se tourner vers elle. Des regards qu'elle préférerait probablement détourner.


Ceux du New York Times, par exemple, qui a publié mercredi une longue enquête sur les conditions de travail dans les usines chinoises qui fabriquent les produits d'Apple, en particulier celles de l'assembleur Foxconn. 


Il fut une époque, celle où elle commanditait Michael Jordan entre autres, où l'image de Nike était à peu près aussi « cool » que ne peut l'être celle d'Apple présentement. Puis ont commencé à faire surface des nouvelles à propos des conditions de travail dans lesquelles nos espadrilles à 100$ étaient fabriquées. L'entreprise en a beaucoup souffert. L'exemple de Gap, au début des années 2000, est comparable.


Est-ce ce qui attend Apple? L'histoire du NY Times est inquiétante. Apple a beau mener des enquêtes auprès de ses fournisseurs et publier des normes minimales qu'elle prétend leur imposer, le portrait est loin d'être clair.


C'est qu'il y a quelques obstacles de taille. D'abord, si ces fournisseurs ont besoin d'Apple, l'inverse est aussi vrai. Foxconn est devenu un géant et il semble à peu près impossible pour Apple de s'en passer, du moins à court terme. Selon l'article, l'entreprise fabrique environ 40% des appareils électroniques vendus à l'échelle mondiale, rien de moins!


Deuxièmement, les délais de fabrication sont une donnée cruciale dans le marché d'aujourd'hui. Vous avez probablement un jour soupçonné Apple de créer une rareté artificielle pour le plaisir de voir les gens faire la queue ou attendre des semaines avant d'avoir un iPhone. En réalité, on sous-estime largement le défi que peut représenter la fabrication de 37 millions d'appareils iPhone en trois mois (c'est ce qu'a vendu l'entreprise au dernier trimestre). C'est absolument titanesque comme tâche et peu d'entreprises sont en mesure de le faire. 


Qui plus est, les retards ont des conséquences. Apple a elle-même fait savoir dans ses discussions avec les analystes qu'elle aurait probablement pu vendre encore plus d'appareils si elle avait pu en fabriquer davantage. La pression sur les fournisseurs est bien réelle.


Le troisième argument est le plus vieux, celui du prix. Ce problème a déjà été moindre chez Apple, qui avait l'habitude de vendre ses ordinateurs avec de fortes marges de profit. Il s'est accentué avec l'iPhone et surtout avec l'iPad. Encore aujourd'hui, près de deux ans après la sortie du premier modèle, l'iPad continue d'avoir un avantage compétitif lié à son prix, que les rivaux ont beaucoup de difficulté à égaler, du moins avec un produit de qualité comparable. On soupçonne les marges de profit sur l'iPad d'être relativement faibles, ce qui cause de la pression sur les coûts et, évidemment, sur les fournisseurs.


Bien sûr, Apple ne force pas elle-même les employés de ces usines à travailler 72 heures par semaine, à dormir empilés les uns sur les autres dans des petits dortoirs ou à risquer leur vie avec des produits chimiques dangereux. Mais il y a diverses façons d'être responsable de ces conditions. En ne donnant pas vraiment le choix aux fournisseurs de faire autrement, par exemple.


« Apple demande généralement aux fournisseurs de préciser combien chaque composante coûte, combien de travailleurs sont nécessaires et quel est leur salaire, décrit le New York Times. Ses dirigeants veulent connaître le moindre détail financier. Après, Apple calcule combien elle paiera pour chaque composante. La plupart des fournisseurs se voient octroyer une marge de profit minimale.


« Les fournisseurs en viennent donc à couper les coins ronds, à remplacer des produits chimiques dispendieux par des alternatives plus économiques, ou à pousser leurs employés à travailler plus vite et plus longtemps, selon des gens qui y travaillent.


« "La seule façon de faire de l'argent en travaillant pour Apple est de trouver une façon de faire les choses de façon plus efficace ou moins coûteuse", selon un dirigeant d'une entreprise qui a collaboré à la fabrication de l'iPad. "Et puis ils reviennent l'année suivante et exigent une réduction des coûts de 10%" ».


Pendant combien de temps l'image d'Apple pourra-t-elle résister à ces accrocs?

2 commentaires

YBertrand le 27-01-2012

Bonjour. J'ai toujours pensé que l'on finit toujours par payer. L'exportation des emplois par les G8 depuis les années 70 n'ont fait que créer une nouvelle catégorie "d'esclaves" dont ils n'ont pas la garde ni les responsabilités futures. Après les esclaves, les G8, surtout les USA ont pillé la planète entière en nommant des despotes biens payés pour matter les citoyens des pays ou maintenu des royautés (comme les pays arabes) pour s'accaparer de leurs ressources naturelles. Leur nouvelle méthode est la guerre (qui servait presque uniquement pour faire vivre leur marché de l'armement auparavant) pour s'accaparer des ressources, mais la réponse est venue rapidement avec les dossiers de l'Irak et de l'Afghanistan. Je crois qu'ils sont mûr pour le "canibalisme" d'une part se faire acheter par d'autres puissance comme la Chine et l'Inde bientôt et entre citoyens sous forme de guerre civile. @monsieur SB. C'est l'affaire Benniton qui s'est faite planté la première fin des années 80 avec leurs installations africaines qu'a commencé cette méprise envers les abuseurs. Aujourd'hui on tolère de moins en moins, une chose de gagnée, ou presque. Merci et bonne journée.

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