ZEB: des frais de gestion difficiles à justifier

Publié le 09/04/2017 à 15:38

ZEB: des frais de gestion difficiles à justifier

Publié le 09/04/2017 à 15:38

Les fonds négociés en bourse sont de plus en plus populaires, mais comme dans toute bonne chose, il y a parfois des aberrations. Prenons le cas du FINB BMO équipondéré S&P/TSX banques (ZEB). Comme son nom l’indique, ce FNB investi à proportion égale dans les 6 grandes banques canadiennes. Il est difficile de trouver un FNB plus simple à répliquer.


Certes, un rééquilibrage est requis 2 fois par année pour suivre l’indice de ce FNB, mais ça ne représente que quelques transactions par année. Comment alors expliquer que depuis quelques mois ce FNB a atteint le plateau des 1G$ d’actifs?


Ce n’est certainement pas les frais de gestion qui justifient un tel niveau d’actif. Avec un ratio des frais de gestion de 0.62%, comparable à celui des autres FNB sectoriels au Canada, un investisseur dans ce FNB paye cher pour l’achat de quelques titres, parmi les plus liquides du marché canadien.


Supposons qu’un investisseur veuille répliquer ce FNB dans son propre compte de courtage. Il devra faire 6 transactions d’achats, possiblement 6 transactions au moment du rééquilibrage biannuel, et peut-être quelques transactions supplémentaires pour investir les dividendes trimestriels. Au total, un maximum d’environ 15 transactions sera requis annuellement. À 10$/transaction avec la plupart des courtiers à escompte, ça représente 150$ par année pour une excellente réplication. Un investisseur ayant un plus petit compte pourrait aussi très bien se contenter d’une dizaine de transactions annuellement.


Considérant les frais de gestion de ce FNB, toute allocation de plus de 16 000$ (10 transactions *10$/transaction/0.62%) dans ce FNB m’apparaît difficilement justifiable et je doute que le 1G$ d’actifs soit composé exclusivement de montants inférieurs à 16000$.


Même si un investissement de moins de 16 000$ peut sembler justifié, il faut se demander si une alternative pourrait être plus avantageuse à long terme. Ainsi, au lieu de payer des frais de 0.62%, un investisseur pourrait considérer un FNB d’actions canadiennes plus diversifié, comme le FINB BMO S&P TSX composé plafonné (ZCN) dont 3 des 5 plus importantes positions sont les mêmes banques canadiennes. Avec un ratio de frais de gestion de seulement 0.06% s’est possiblement un meilleur choix à long terme, et ce, même si au cours des dernières années, les banques canadiennes ont offert de meilleurs rendements que le marché élargi.


 

À propos de ce blogue

Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût et utilisant des fonds négociés en bourse (FNB). «Les FNB démystifiés» est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada et Placements Idema est la première société au Canada à avoir lancé un service en ligne de gestion de portefeuille, maintenant mieux connu sous le terme «robot-conseiller».

Ian Gascon

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