Monde: comment s'adapter au pire et participer au meilleur

Publié le 29/10/2014 à 15:38

Monde: comment s'adapter au pire et participer au meilleur

Publié le 29/10/2014 à 15:38

Au cours des derniers mois, les sirènes planétaires ont retenti plus fort que jamais sur tous les fronts: économique, politique, éthique, sanitaire, environnemental et scientifique.


L'année 2014 sera sanctionnée par de nombreuses tendances globales. Leurs effets: tantôt inquiétants, tantôt prometteurs. Dans la plupart des cas, résultats de l'insoluble nonchalance bureaucratique, de la voracité incorrigible des marchés financiers et de la rupture tenace entre l'humain, les valeurs citoyennes et la nature.


 


Quelques tendances globales et leurs conséquences


• La culbute économique de L'Union Européenne et le cafouillage géopolitique à l'Est. Conséquences: La panne industrielle allemande, l'insolvabilité étatique de nombreux pays membres de l'Union et le retour des rivalités historiques.


• L'embrasement du Moyen-Orient et la montée sans frontière des radicalismes islamistes et leur corollaire terroriste . Conséquences: démonstration de force occidentale, stratégie en moins, témoigne de la fragilité du dispositif de mobilisation des puissances occidentales. Allocation énorme de capitaux non productifs. Instabilité politique globale.


• La pandémie mondiale potentielle découlant de la crise virale de l'Ebola et l'incapacité des autorités sanitaires à bien gérer l'explosion anticipée. Conséquences: retour de l'Afrique au banc des accusés, son isolement et sa disqualification à une époque où on lui accordait toutes les chances de s'affranchir. Aussi, entre autres, mise en place de voies de contournement continentales et reconfiguration de l'espace aérien.


• Les incertitudes domestiques et régionales porteuses d'implosion en Russie et en Chine. Conséquences: déstabilisation interne et tentation d'exporter les conflits générés par les injustices et les disparités.


• La désintégration de nombreux États par des tensions sécessionnistes. Conséquences: conflits internes et effritement des espaces démocratiques.


• La croissance des flux migratoires internationaux. Conséquences: Pressions sur les États pour intégrer des communautés précarisées à tous les niveaux


• La déchéance accélérée du leadership politique américain et une succession impériale chinoise imprévisible. Conséquences: multiples à tous les niveaux de l'activité politique et économique..


• La globalisation technologique galopante au profit de grands groupes industriels et financiers soustraits aux réglementations nationales et internationales. Conséquences: concentration des décisions dans des cercles hermétiques et peu imputables. Banalisation des groupes de pression voués à la protection de l'intérêt public.


• L'accessibilité croissante à l'éducation dans de nombreuses régions du monde. Conséquences: l'effervescence entrepreneuriale et la domestication de nouvelles technologies de production et de commercialisation planétaire.


• L'enrichissement des ménages dans les zones industrielles de forte croissance (ex: Inde, Chine, Afrique du Sud, Corée). Conséquences: demande accrue pour des biens et services à valeur ajoutée (électronique, automobiles...)


 


Les impacts pour le Québec


La question de l'impact de tous ces grands bouleversements mondiaux sur le Québec fut récemment posée par un jeune entrepreneur de la région Mauricie et Bois-Francs lors d'une table-ronde. Ainsi, pourquoi ne sommes-nous guère générateurs de tendances mondiales, nous, bons Québécois? Dans l'espace globalisé entaché par les conflits et contrôlés par les grands groupes, avons-nous une place ou sommes-nous seulement confinés à subir? Manifestement inquiet de notre quasi-exclusion des grands courants, il en est venu à déplorer les certitudes proclamées par notre classe politique à l'effet que tout est sous contrôle! Aucune inquiétude possible!


La tentation fut forte de lui vanter l'abondance de nos ressources, la tolérance excessive de nos concitoyens devant l'arrogance et la surdité des décideurs publics, notre caractère peu belliqueux, la créativité de nos entrepreneurs, "les nouveaux patenteux" et la stabilité de nos institutions financières. Mais en quoi ceci nous distingue-t-il de beaucoup de nos partenaires internationaux? Exception faite peut-être de la persistance relative d'une bonne qualité de vie et de la sécurité nocturne dans nos centres urbains! Notre bilan environnemental et l'exploitation de nos minéraux et de notre patrimoine énergétique? Passons!


Avant de quitter, notre locuteur eut à peine le temps d'avouer que son principal marché était l'Afrique de l'Ouest, que sa matière première était chinoise ,qu'il produisait sous licence américaine, que son partenariat commercial était assuré par une jeune entreprise franco- allemande établie en Tunisie... et que ces créances étaient libellées en Euros. Aussi, que toutes ces turbulences commençaient à les inquiéter, ses associés, employés, partenaires d'affaires et lui-même.


Je vous invite à réagir afin que nous puissions le rassurer...


A bon entendeur!

À propos de ce blogue

Gilles Cloutier cumule des activités d'administrateur de sociétés et de conseiller stratégique. À titre d'expert-conseil, il intervient auprès d'entreprises exportatrices dans des dossiers de partenariat d’affaires, de fusion-acquisition et d'ingénierie financière. Il intervient à titre de conférencier international au Canada et à l'étranger.

Gilles Cloutier

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