Vite, de la confiance

Offert par Les Affaires

Publié le 04/11/2015 à 08:00

Vite, de la confiance

Offert par Les Affaires

Publié le 04/11/2015 à 08:00

Bombardier a fait couler beaucoup d'encre depuis une semaine. Après quelques jours de recul, nos chroniqueurs et nos journalistes vous offrent leur analyse pour que vous puissiez vous faire une tête sur cette décision de Québec de voler au secours de l'entreprise montréalaise.


Québec a-t-il bien fait d'offrir son aide ? Oui. Difficile pour le gouvernement de tourner le dos à une société qui emploie 74 000 personnes dans le monde, dont 17 750 au Québec, ce qui en fait l'un des plus importants employeurs de la province. Bombardier, c'est 2 % du PIB québécois, soulignait le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust. Et 2 %, ce n'est pas rien. Si Québec n'avait rien fait, on le lui aurait reproché.


Maintenant, est-ce que l'aide de 1,3 milliard de dollars de Québec est un bon deal ? Réponse plus complexe. D'un côté, il est bon d'isoler le projet CSeries dans une société en commandite. Québec évite ainsi d'endosser la dette de Bombardier. Et les actionnaires de Bombardier sont soulagés d'un projet particulièrement risqué. De l'autre côté, l'opération peut paraître injuste. Après tout, un actionnaire sait qu'il prend des risques lorsqu'il investit dans une entreprise en Bourse. Dans ce contexte, les actionnaires actuels s'en tirent plutôt bien.


Il y a toutefois un point gênant. Si c'est une si bonne affaire, pourquoi Québec est-il le seul à embarquer ? M. Daoust était bien solitaire lors de la conférence de presse jeudi dernier aux côtés d'Alain Bellemare. Pourquoi d'autres partenaires n'étaient-ils pas présents ? De plus, si cette aide est la plus importante jamais octroyée à une entreprise au Québec, pourquoi Philippe Couillard ou encore Carlos Leitao n'étaient-ils pas là ? On n'a pas vu non plus Pierre Gabriel Côté, pdg d'Investissement Québec, qui est aussi l'ancien président de Bombardier, avions d'affaires.


Bref, il n'y avait pas grand monde. Des options complémentaires seraient sur la planche à dessin, dit-on, dont une de la Caisse de dépôt. Québec met aussi de la pression sur Ottawa pour qu'il intervienne.


Si ces options se concrétisent, Bombardier profitera d'une plus grande souplesse financière. Une entente avec plusieurs partenaires, c'est aussi plus rassurant, notamment auprès de clients potentiels. Car en fin de compte, cet avion doit se vendre, sinon le projet sera un échec total. Seul hic : l'un des grands arguments de vente du CSeries a longtemps porté sur sa faible consommation en énergie. Or, le prix du pétrole est en forte baisse depuis 18 mois. Disons qu'à court terme les compagnies aériennes sont peut-être un peu moins pressées de réduire leurs coûts de carburant. Il faudra trouver d'autres arguments. Et vite.


Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc


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Géraldine Martin

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