Tout et rien

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Juillet 2014

Tout et rien

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Juillet 2014

Pour être honnête, je ne suis pas de ceux ou celles qui savent complètement décrocher. Oui, je suis capable de laisser mes «dossiers» au bureau lorsque je pars en vacances, mais la vérité, c'est que je suis toujours en mode «alerte», même si c'est inconscient. Par exemple, si je pars en auto, je vais regarder le nom des entreprises qui bordent l'autoroute et me demander si nous avons déjà écrit sur elles. Ou encore, à l'étranger, je vais feuilleter le journal économique local et comparer.


Je suis certaine que vous êtes plusieurs à agir de la sorte. On laisse derrière nous ce qu'on a décidé de laisser derrière nous. Mais l'imagination, les réflexes, ça ne se range pas dans un tiroir. Enfin, je crois.


Ce que j'apprécie le plus des vacances, c'est le changement de rythme. Savez-vous qu'un gestionnaire intermédiaire parvient à travailler une demi-heure ou plus sans interruption environ une fois tous les deux jours ? Et que la moitié des nombreuses activités d'un cadre supérieur durent moins de neuf minutes ? Ces données sont tirées du livre Gérer dans l'action du professeur montréalais Henry Mintzberg, paru il y a quelques semaines aux Éditions Transcontinental.


Rassurant de se dire qu'on a tous un rythme effréné ? Pas forcément. Car il y a un danger à toujours courir. «La superficialité est un des risques du métier [de gestionnaire]», affirme Mintzberg, qui précise : «On a dit du spécialiste qu'il sait de plus en plus de choses sur de moins en moins de sujets, au point où il finit par savoir tout sur rien. Le problème du gestionnaire se situe à l'opposé : il sait de moins en moins de choses sur de plus en plus de sujets, au point où il finit par ne rien savoir sur tout.»


Sacré dilemme. Comment le gestionnaire peut-il rester connecté, s'il est de façon intrinsèque déconnecté ?


Il n'y a pas de réponse simple. Selon le prof Mintzberg, le gestionnaire doit surtout accepter de ne pas tout savoir, et être à l'aise dans cet environnement. Il ne faut pas forcément chercher à devenir un gestionnaire «extraordinaire», conclut-il. Pour être un gestionnaire accompli, «peut-être qu'il suffit d'être lucide et plus ou moins sain sur le plan émotionnel».


Qu'en pensez-vous ? À méditer. Avant, pendant ou après vos congés, comme vous voulez ! Bonnes vacances.


 


Géraldine Martin


Éditrice adjointe et rédactrice en chef, Groupe Les Affaires


geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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