Rester au sommet

Offert par Les Affaires


Édition du 11 Avril 2015

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Édition du 11 Avril 2015

Au cours d'une carrière, il y a des moments qu'on n'oublie pas. Personnellement, je me souviens très bien de ce 25 février 2009. Comme tous les journalistes du Québec, j'attendais les résultats annuels de notre vénérable institution : la Caisse de dépôt et placement du Québec.


Eh bien, cette journée-là, la Caisse a annoncé une gigantesque perte historique de 40 milliards de dollars. Du jamais vu ! Cela a créé une onde de choc. Du 25 au 27 février 2009, 463 textes ont paru sur la Caisse, 10 fois plus que lors de la publication des résultats, l'année précédente.


En 2009, tout le monde se renvoyait la balle pour trouver un responsable à cette épouvantable perte d'actifs (- 25 %) qui survenait après une séquence d'événements pénibles. En 2008, le pdg Henri-Paul Rousseau, en poste depuis 2002, avait quitté le navire. Son successeur, Richard Guay, n'avait occupé ses fonctions que quelques mois. En février 2008, les résultats de la Caisse étaient donc présentés par Fernand Perreault, un pdg intérimaire et vieux routier de la Caisse, qui essayait tant bien que mal d'expliquer le pourquoi du comment. La perte était en fait le résultat d'un cocktail de mauvaises performances dues à l'implication de la Caisse dans le papier commercial, à la baisse du dollar canadien, à la chute des marchés boursiers et aux piètres rendements dans les secteurs de l'immobilier et des infrastructures.


C'est dans ce charmant contexte que Michael Sabia a été nommé à la tête de la Caisse, le 13 mars 2009. Une nomination vivement critiquée à l'époque : «Un Ontarien avec zéro expérience dans la gestion des placements», disait-on.


Force est de constater que Michael Sabia a fait mentir ses détracteurs. Ce bourreau de travail a fait de la gestion du risque sa priorité. Un objectif atteint avec succès si l'on se fie aux derniers résultats de la Caisse. Intéressant aussi de noter les efforts de transparence de l'institution. La stratégie de la Caisse est notamment résumée en un paragraphe sur son site Internet : «Notre stratégie est claire : des actifs et projets concrets, des titres de grande qualité, plus stables et moins risqués, une exposition accrue à la croissance mondiale et un impact structurant au Québec. Cette stratégie livre des résultats solides sur le long terme. Face à un environnement de marché qui promet d'être plus complexe ces prochaines années, nous allons maintenir le cap.»


Maintenir le cap. C'est un autre défi, et c'est ce que Michael Sabia nous explique cette semaine dans le cadre d'une grande entrevue. On dit souvent que rester au sommet est aussi difficile que de gravir la montagne. Vrai. Il est en effet toujours bon de se rappeler qu'en haut de chaque sommet, on est toujours au bord d'un précipice.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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