Patience active

Offert par Les Affaires


Édition du 31 Janvier 2015

Patience active

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Édition du 31 Janvier 2015

Avoir une idée. Commencer petit, viser grand et être patient. Il s'agit d'une définition de l'innovation comme une autre, mais c'est celle qui m'est venue à l'esprit lorsque je me suis penchée sur Premier Tech, cette entreprise de Rivière-du-Loup fondée il y a 92 ans et qui peut se targuer aujourd'hui d'être une multinationale de 2 800 personnes présentes dans 22 pays. Premier Tech a démarré ses activités en exploitant de la tourbe. Oui, oui, cet amalgame de végétaux que l'on retrouve dans les milieux humides. Au fil des années, Premier Tech a analysé la tourbe sous toutes ses facettes, ce qui lui a permis d'en exploiter toutes les forces. Un travail de longue haleine. «Nous avons découvert progressivement [le potentiel]. Nous avons appris le métier», a humblement expliqué Bernard Bélanger, président du conseil et chef de la direction de Premier Tech, le 20 novembre dernier. Il recevait le prix Bâtisseur - Entreprise innovante de l'ADRIQ.


Des efforts de recherche payants. Premier Tech est aujourd'hui un acteur international dans les secteurs de l'horticulture, de l'agriculture, des équipements industriels et des technologies environnementales. «Innover, ce n'est pas seulement l'apanage des grandes sociétés», a rappelé M. Bélanger, qui est le père de Jean Bélanger à la Une de Les Affaires cette semaine. «Tous peuvent - non, doivent - innover ou contribuer à l'innovation», a insisté le dirigeant pour qui l'innovation comprend une dimension sociale importante. «L'innovation, c'est l'introduction de nouveaux produits et de nouvelles façons de faire qui changent la vie des gens.»


Cette approche rejoint celle de Peter Drucker, un expert américain en management, perçu comme le père de plusieurs concepts liés à l'innovation. Dans son livre Que sera demain ?, il définit l'innovation comme une nouvelle méthode qui nous permet de mieux gérer le risque : «L'innovation est la recherche organisée et voulue du risque pour remplacer la chance aveugle d'autrefois». Il explique aussi qu'innover n'est pas un gage de réussite. «L'innovation doit, par définition, avoir un taux d'échec élevé. Elle peut échouer parce qu'elle est partie d'une hypothèse erronée, parce qu'elle a été insuffisamment préparée ou prématurément engagée. Elle peut échouer à cause d'une impossibilité de produire les résultats prévus ou de les produire en temps voulu. Ou bien - et ceci est le plus cruel des risques, mais aussi le plus commun - la tentative d'innovation peut réussir brillamment et tomber en désuétude au moment même où elle aboutit, dépassée par les événements, par l'amélioration des connaissances...»


Intéressant paradoxe : innover, c'est faire vite tout en faisant preuve de patience.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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