Mérite et récompense

Offert par Les Affaires


Édition du 30 Mai 2015

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Édition du 30 Mai 2015

Je puise mon inspiration auprès de mes proches et des personnes que je rencontre dans le cadre de mon travail. Et chaque fois, je prends des notes en me disant que cela me servira probablement. J'ai donc dans mon sac et à mon bureau un tas de petits carnets. Cette semaine, je suis allée chercher celui qui date de février, alors que j'assistais à une conférence de François Gratton devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.


Le président de Telus Québec et provinces de l'Atlantique a abordé un point intéressant sur le thème de la rémunération. En 2009, Telus a établi comme priorité d'être l'entreprise la plus recommandée de son industrie. Pour y parvenir, M. Gratton a expliqué que l'organisation a commencé par changer son mode de rémunération. Si bien qu'aujourd'hui, plus de 60 % de la rémunération variable de l'ensemble des employés - du chef de la direction aux employés de première ligne - est lié à l'atteinte de cette priorité. «Ce ne sont pas les revenus, ce ne sont pas les profits, c'est de devenir l'entreprise la plus recommandée», a-t-il insisté. Intéressant. Et plutôt simple de prime abord.


C'est rafraîchissant, en fait, car lorsque nous nous plongeons dans les circulaires de direction, nous sommes loin de la vulgarisation qui permettrait à tous de comprendre rapidement de quoi dépend la rémunération des dirigeants. Cela dit, c'est très détaillé. Et c'est là le paradoxe. On demande aux entreprises d'en dire plus, mais ce n'est pas forcément plus clair. Autre point : plus il y a de détails dans les circulaires, plus cela force la comparaison. Sur le plan de la transparence, c'est bien. Par contre, cela suscite des enchères. Autrement dit, cela fait monter les salaires, puisqu'il est plus facile de savoir ce que gagne le concurrent et sur quoi est basée sa rémunération. Le problème, c'est que ce n'est pas parce que la rémunération grimpe que la création de valeur monte, comme l'explique notre manchette cette semaine.


Devant ce constat, je me suis tournée vers notre chroniqueur Bernard Mooney pour lui demander son avis d'investisseur. Voici ce qu'il m'a répondu : «La rémunération s'intègre, avec plusieurs autres facteurs, dans ce qu'on pourrait appeler la culture de l'entreprise et, plus précisément, la gestion des capitaux. Lorsque j'investis, je veux donc une gestion et une rémunération rationnelles, qui récompensent les dirigeants - oui, généreusement - pour la création de richesse à long terme des actionnaires. J'aime bien aussi lorsque le pdg est un actionnaire important, et c'est encore mieux s'il a acheté ses actions avec ses propres dollars, et non qu'il les a reçues en cadeau grâce à des options».


Réponse claire et simple d'un collègue, bien consignée dans l'un de mes petits carnets.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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