Idées et processus

Offert par Les Affaires


Édition du 29 Mars 2014

Idées et processus

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Édition du 29 Mars 2014

Il y a la grande idée. Celle qui va faire wow et révolutionner d'un bloc son industrie. Il suffit de penser à Apple et ses produits. Mais il y a aussi les petites idées, celles qui se déploient dans l'ombre et dont le résultat est tout aussi innovant.


C'est Alain Lemaire, président exécutif du conseil et l'un des fondateurs de Cascades, qui m'a conduit à réfléchir à cette facette de l'innovation. Je l'ai croisé à l'École d'entrepreneurship de Beauce la semaine passée. «Innover, ce n'est pas forcément inventer, c'est pour moi se RÉinventer, m'a-t-il expliqué en prenant soin d'insister sur le dernier mot.


«Parfois, il suffit de changer un seul processus dans la fabrication de son produit, et on aura un nouveau produit. Innover, c'est parfois ajuster ce qu'on a déjà», précise celui dont l'entreprise fête ses 50 ans cette année.


La réponse de M. Lemaire est on ne peut plus logique quand on connaît, ne serait-ce qu'un peu, l'histoire de Cascades. L'entreprise québécoise a vu le jour en 1964, lorsque les frères Lemaire décidèrent de lancer à Kingsey Falls une entreprise de fabrication de papier à base de fibres... recyclées à partir d'un moulin... désaffecté.


«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», se plaisait à dire à l'époque Antonio Lemaire, le père des trois frères Lemaire.


Grâce à l'accumulation d'une multitude de petites idées, Cascades s'est tranquillement transformée. Elle est aujourd'hui un chef de file dans la récupération de matières recyclables et la fabrication de produits d'emballage et de papier tissu. En 2013, elle dégageait un profit d'exploitation de 352 M$ par rapport à des revenus de 3,8 G$.


Point intéressant. Pour innover et grandir, il ne suffit pas d'avoir de grandes ou de petites idées. «Innover, c'est être pris au sérieux», ajoute M. Lemaire.


J'aime particulièrement ce point de vue. Finalement, c'est assez facile d'avoir des idées, qu'elles soient petites ou grandes, mais celles-ci ne valent rien si la direction de l'entreprise ne les prend pas en considération. Chaque idée devrait faire l'objet d'un processus de sélection et d'une évaluation. Certaines seront retenues, d'autres rejetées. Et c'est correct ainsi. L'existence d'un processus est cruciale. Cela fait en sorte que les employés ne se découragent pas d'alimenter la machine à idées. Après tout, sans cette motivation, impossible de se RÉinventer.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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