Coupe constructive

Offert par Les Affaires


Édition du 18 Octobre 2014

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Édition du 18 Octobre 2014

Élégant. Chaleureux. Accessible. Voilà les mots qui me viennent à l'esprit pour décrire Christian Courtin-Clarins. Cet homme de 63 ans est à la tête de l'entreprise de produits de beauté Clarins. Il n'est rien de moins que la 17e fortune de France. Je l'ai rencontré au début d'octobre au siège social canadien à Laval, à l'occasion du 60e anniversaire de l'entreprise française présente dans 128 pays.


Rapidement, la discussion s'est orientée vers le développement responsable. Clarins vient d'inaugurer à Paris un nouveau siège social avec éclairage naturel, panneaux solaires... Curieuse, je lui ai demandé si le gouvernement français l'aidait dans ce type de démarche écoresponsable. Il s'est aussitôt enflammé : «Je n'ai jamais compté sur le gouvernement. Le gouvernement, c'est pour les fonctionnaires». La France vit tout un paradoxe, a-t-il poursuivi en donnant l'exemple de «la prime pour la pénibilité». Il s'agit d'offrir une somme d'argent aux travailleurs qui effectuent des tâches manuelles répétitives, dans les usines notamment. Cependant, pour éviter de payer ces primes, les entreprises ont automatisé leurs usines à la vitesse grand V, raconte M. Courtin-Clarins. Conséquence : des emplois ont disparu. «Le système est absurde», a conclu l'homme d'affaires, qui a toutefois fait le choix de rester en France par amour de son pays.


L'aide de l'État rejoint notre manchette. Québec est en train de passer au scalpel son aide aux entreprises. Après avoir «coupé dans le gras», dit-il, lors du dernier budget, Québec devra s'assurer que la chirurgie se réalisera cette fois-ci avec précision, recommandent les gens d'affaires que nous avons consultés. Le travail ne sera pas évident. Chaque association, chaque regroupement feront valoir leurs points de vue avec détermination. Québec ne pourra pas satisfaire tout le monde. L'opération sera douloureuse pour certains.


Pour m'expliquer le rôle idéal que devrait jouer le gouvernement selon lui, M. Courtin-Clarins a sorti un bout de papier sur lequel étaient écrits quelques mots. Il me les a lus : «Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur. Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche. Vous ne pouvez pas éviter les ennuis en dépensant plus que vous ne gagnez. Vous ne pouvez pas forcer le caractère et le courage en décourageant l'initiative et l'indépendance. Vous ne pouvez pas aider les hommes continuellement en faisant pour eux ce qu'ils pourraient et devraient faire eux-mêmes». Cette déclaration d'Abraham Lincoln a été prononcée en 1860 devant le Congrès. Plus de 150 ans plus tard, elle est encore vibrante d'actualité.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc


 

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Géraldine Martin

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