PME: CA ou pas, il faut bien s'entourer

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Février 2016

PME: CA ou pas, il faut bien s'entourer

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Février 2016

Photo: Shutterstock

J'en ai déjà parlé. Et je vais en reparler. Il n'est pas mauvais parfois de se répéter. Le tissu économique du Canada est dominé par les petites entreprises (98,1 %). À l'autre bout du spectre, il n'y a qu'une poignée de grosses entreprises (0,2 %). Au centre, quelques moyennes entreprises (1,7 %) censées assurer notre avenir économique en devenant des géants, créateurs de richesse et d'emplois. Fragile avenir.


La Banque de développement du Canada (BDC) est l'un des organismes ayant pour mission de soutenir la croissance de nos entreprises. Le nouveau président de la BDC, Michael Denham, qui figure à la une du journal Les Affaires cette semaine, est de cette trempe de dirigeants qui veulent que «ça marche». Son plan, dynamique et louable, s'attaque à plusieurs défis comme la paperasse, les exportations et l'automatisation.


Les entreprises auraient donc tort de se priver de cette aide, mais elles ne doivent pas s'y limiter. Il est important que les PME fassent un effort. Comment? En se dotant d'un comité consultatif, si la mise en place d'un conseil d'administration (CA) est jugée trop lourde et coûteuse. Les membres d'un tel comité n'ont pas de responsabilités légales, contrairement à ceux d'un CA.


Quel est le rôle d'un comité consultatif? Il aide les dirigeants à valider leurs orientations et à se sortir de l'isolement. «Un comité [consultatif] force l'entreprise à prendre du recul, à mettre son plan sur la table», m'a résumé Estelle Métayer, administratrice au sein de plusieurs CA et fondatrice de Competia, une firme-conseil en veille stratégique.


Cet exercice semble évident. Il est cependant difficile à réaliser au sein d'une PME qui roule à fond de train, précise Mme Métayer. La mise en place d'un comité passe souvent à la trappe, l'excuse du «pas l'temps» prenant le dessus. Pourtant, l'impact de ces comités est majeur. Leurs membres ouvrent leur carnet d'adresses et aident la PME à attaquer un nouveau marché, à décrocher un contrat... Leurs conseils sont très opérationnels, contrairement à ceux d'un CA, qui se préoccupe davantage des orientations stratégiques.


Le défi pour les PME est toutefois d'attirer les bonnes personnes. Le dirigeant doit faire le grand jeu pour séduire des experts, car la PME n'a souvent pas de marge de manoeuvre pour les rémunérer. Il s'agit donc souvent de bénévoles.


Selon une étude de la BDC publiée en 2014, 81% des entreprises canadiennes n'ont pas de CA et 6% seulement s'appuient sur un comité consultatif. Ce n'est pas assez.


Mettre sur pied de tels comités, soit tout simplement bien s'entourer, est crucial pour réussir. «Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès», disait d'ailleurs Nelson Mandela.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc


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