Ce Québec qui Aspire

Offert par Les Affaires


Édition du 21 Mars 2015

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Édition du 21 Mars 2015

À l'époque, l'histoire n'a pas fait grand bruit. Tout a débuté en 2012, lorsque cinq étudiants de l'Université McGill ont déposé leur candidature au Hult Prize. Connaissez-vous le Hult Prize ? Il s'agit d'un prestigieux concours international en entrepreneuriat social, notamment soutenu par Bill Clinton et Muhammad Yunus. Il permet au gagnant de remporter une bourse de 1 M$ US.


Ces cinq jeunes, qui étudiaient en médecine, en droit et en management, ont donc eu une idée et ont décidé de la soumettre au Hult Prize. L'idée - qui peut surprendre au départ - est la suivante : il s'agit de cultiver des insectes pour nourrir la planète. Oui, oui, vous avez bien lu : développer des fermes qui produiront des insectes en quantité suffisante pour rassasier des millions de personnes qui souffrent de la faim. Tout cela de manière écologique. Par exemple, élever une tonne de grillons nécessite moins de 1 % de l'eau utilisée pour l'élevage d'un seul boeuf. «C'est le lancement d'une nouvelle industrie qui va avoir un impact sur la vie de millions de personnes dans le monde», proclame le président d'Aspire Food Group, Mohammed Ashour, persuadé qu'il va changer le monde.


Eh bien, sans tambour ni trompette, ces jeunes de McGill ont gagné la compétition régionale du concours Hult, puis ils se sont rendus à New York pour la grande finale... qu'ils ont remportée en 2013 !


Aujourd'hui, leurs affaires vont bon train. Leur entreprise exploite trois usines d'insectes : au Mexique, au Ghana et aux États-Unis. En Afrique, les insectes servent à nourrir les populations. Aux États-Unis, ils sont réduits en poudre pour être ajoutés à certains produits comme des barres protéinées.


Cette histoire a complètement subjugué le cabinet comptable Richter, qui a décidé d'offrir à Aspire une banque d'heures à un tarif avantageux pendant trois ans. Richter est même allé plus loin. Inspiré par cette aventure, le cabinet a décidé en 2015 de lancer le Programme innovation et entrepreneuriat social. Chaque année, il sélectionnera une entreprise pour l'accompagner pendant trois années.


Tranquillement mais sûrement, l'entrepreneuriat social se développe au Québec. Je vous raconte ici une petite histoire qui a fait boule de neige. Il y en a beaucoup d'autres, comme le relate notre manchette cette semaine. Toutes ces initiatives sont en voie de créer un nouvel écosystème. Et si le Québec devenait une référence en entrepreneuriat social ? Aspire Food Group a vu le jour grâce à l'ingéniosité et la passion de cinq jeunes qui étudiaient... à Montréal. Ils ont gagné le Hult Prize face à 11 000 candidatures provenant de 350 écoles et universités de 150 pays. Ce n'est pas rien. Il est temps de faire du bruit avec ce type d'histoires.


Géraldine Martin
Éditrice adjointe et rédactrice en chef,
Groupe Les Affaires
geraldine.martin@tc.tc

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Géraldine Martin

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