L'individualisme, cet horrible saboteur!

Publié le 16/10/2018 à 06:06

L'individualisme, cet horrible saboteur!

Publié le 16/10/2018 à 06:06

Ne penser toujours qu'à soi, c'est se fermer à autrui... Photo: DR

J’ai pris une courte pause d’écriture pour plusieurs raisons. Entre autres, il y a eu la campagne électorale, la renégociation de l’Aléna et les frasques de nos voisins américains. J’avais l’impression de ne pas créer de valeur ajoutée, peu importe le sujet sur lequel j’allais écrire. Je ne voulais pas contribuer à la pléthore d’informations qui finissent, parfois, par saturer l’espace public.


Me revoici, une fois la poussière retombée, avec mon constat des dernières semaines : notre individualisme est notre plus grand saboteur.


Prenons l’exemple de Jean. Alors que l’alarme sonne une fois de plus sur la nécessité de poser des gestes importants et collectifs pour réduire notre empreinte écologique, il s’indigne en lisant les journaux et s’insurge avec des amis, le samedi soir. Pourtant, il ne change pas d’un iota ses habitudes de consommation, oubliant maintes et maintes fois ses sacs d’épicerie dans le coffre de sa voiture, notamment.


Idem, Maryse a suivi les négociations de l’Aléna et se dit préoccupée par le sort des producteurs laitiers du Québec. Elle souhaite poser des gestes concrets pour consommer des produits locaux, mais lorsqu’elle se rend à l’épicerie et constate que les produits laitiers américains qu’elle choisit habituellement - que ses enfants apprécient - sont offerts à rabais, elle n’hésite pas une seconde : elle donne la priorité à son portefeuille, oubliant vite fait ses vœux pieux.


Prenons encore un autre cas, celui de Marc-Antoine. Il ne jure que par le service à la clientèle, en parlant à tout bout de champ, aussi bien à ses amis que sur les médias sociaux. Il pourrait très bien soutenir son boucher de quartier, qui veille à créer des liens authentiques avec sa clientèle et, par le fait même, favorise la production et la distribution locales. Mais en vérité, il va systématiquement acheter sa viande dans une grande surface impersonnelle, histoire de se procurer davantage de viande pour le même prix, sans aucunement se soucier du processus d’élevage et de distribution des aliments qu’il consomme.


Mais quel est le lien avec le monde du travail ?


Tout en étant consciente du dilemme interne que la plupart des gens vivent lorsque vient le temps de consommer, je ne peux m’empêcher d’être alarmée par l'individualisme qui teinte nombre de nos choix. En particulier dans le cadre du travail. D’ailleurs, cela me fait réaliser à quel point nous sommes loin de collaborer au bien commun, la plupart d’entre nous oeuvrant pour une entreprise dont l’objectif premier est de faire faire des bénéfices à un tout petit groupe d’individus.


C’est bien connu, l’être humain change lorsqu’il est accolé au pied du mur... Cette fois-ci, ce sera peut-être bien l’intelligence artificielle (IA) qui le forcera à s’unir aux autres pour sauver ce que l’on appelle encore aujourd’hui l’humanité.


Le saviez-vous ? Il existe aujourd’hui de «vraies» banques qui fonctionnent sans aucun être humain! Et dès 2013, une étude d’Oxford montrait que 47% des métiers étaient à risque d’être effectués par des robots intelligents, en lieu et place d’être humains, d’ici les prochaines décennies. Différents experts affirment même qu’en 2025 la «machine» effectuera plus de tâches reliées au monde du travail que les humains.


Si jamais vous avez du mal à croire tout cela, je vous invite à aller sur le site web et sur la page LinkedIn de l’Observatoire Compétences Emploi (OCE-UQAM).ca afin de constater par vous-mêmes combien le monde du travail et des affaires se transforme à une vitesse qui dépasse l’entendement.


Conséquence ? Il nous faudra développer de toutes nouvelles compétences pour continuer d’apporter de la valeur ajoutée au travail, et ce, d’ici seulement cinq à dix ans. Car oui, il faut se préparer à cette éventualité bien réelle, au lieu de tergiverser sur des chiffres et, par suite, s’empêcher collectivement d’agir face à la menace qui se profile à l’horizon.


Et pour y parvenir, il nous faudra nous unir en tant que collectivité animée par la volonté d’évoluer ensemble, de collaborer d’un même pas, de briser les silos et, donc, d’arrêter de miser sur l’individualisme.


Selon moi, le réel espoir réside dans nos enfants et adolescents. Mais encore faut-il que le système d’éducation s’adapte rapidement, et mise davantage sur les compétences transversales. Ce qui sera possible à la condition que nous, les parents, ne les contaminions pas avec nos paradigmes et nos croyances individualistes...


 

À propos de ce blogue

Vous faites face à des défis complexes ? Geneviève Desautels dévoile ici des cas réels auxquels des dirigeants ont été exposés. Et puisqu’il y a toujours une solution, la saine distance et l’expertise de la consultante, coach certifiée, présidente de Amplio Stratégies et Univers interactif, éclaireront votre prise de décision.

Geneviève Desautels

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