Déménageons le Port de Montréal, dit Gaétan Frigon

Publié le 13/09/2011 à 10:33, mis à jour le 16/09/2011 à 15:18

Déménageons le Port de Montréal, dit Gaétan Frigon

Publié le 13/09/2011 à 10:33, mis à jour le 16/09/2011 à 15:18

Par Gaétan Frigon

BLOGUE. Il y a quelques semaines, j’ai fait une balade en bateau sur le St-Laurent, à partir du Vieux-Port jusqu’à Contrecoeur. Outre les paysages bien de chez-nous, notamment dans les Iles de Boucherville et du coté sud du fleuve, ce qui m’a le plus frappé, ce sont les kilomètre de rives utilisés par le Port de Montréal. Quoiqu’il soit difficile en bateau d’estimer une distance terrestre, il m’a semblé que l’ensemble des installations du port s’étalait sur environ 15 kilomètres.


J’ai trouvé cela aberrant et me suis mis à rêver d’un nouveau Montréal qui reprendrait possession, au nom de sa population et de son développement futur, de ces rives qui ont certes une valeur immobilière inestimable et qui pourraient sortir Montréal du pétrin financier dans lequel elle se trouve. Montréal a cette chance inouïe d’être située le long de ce majestueux fleuve St-Laurent qui est au cœur de l’histoire du Québec.


Il est vrai que le Port de Montréal est d’une importance capitale pour le développement et le commerce de la grande région métropolitaine, mais est-il nécessaire qu’il soit situé presqu’en plein cœur de la ville alors qu’il pourrait très bien déménager ses pénates plus à l’Est près de Contrecoeur où il a déjà des installations importantes? Contrairement à d’autres grandes villes à travers la planète qui doivent vivre avec un port impossible à déménager, faute d’espace, le Port de Montréal ne manquerait pas d’espace plus à l’Est pour, non seulement remplacer ses installations actuelles mais aussi pour assurer son expansion future.


Imaginons alors un projet de société basé sur le déménagement du Port de Montréal. Je n’ai évidemment pas fait d’études et je ne connais pas les problèmes qui seraient associés à un tel déménagement, mais il m’a semblé que cela serait possible s’il y avait une volonté politique d’agir en ce sens. Et cette volonté politique devrait commencer par une décision du gouvernement fédéral de contribuer directement au renouveau de Montréal en lui remettant la propriété de tous les terrains appartenant au Port de Montréal en autant que la Ville de Montréal accepte en retour de défrayer les coûts associés à son déménagement plus à l’Est.


Admettons d’ailleurs qu’une telle décision pourrait être populaire au point de donner aux conservateurs un certain nombre de sièges à Montréal, là où tous leurs efforts ont échoués dans le passé. Il est connu que l’administration du port a toujours refusé de considérer un déménagement potentiel, même partiel. Elle tient historiquement à chaque pouce carré de terrain comme à la prunelle de ses yeux. Je me souviens très bien de son objection presque maladive, il y a une dizaine d’années, à conserver le quai Bickerdike que Loto-Québec aurait aimé utiliser pour un développement majeur qui aurait changé le visage du Vieux-Port.


Personne ne va me faire croire que le traitement des conteneurs doit se faire en plein cœur de la ville. Il serait important pour l’administration du Port de Montréal de regarder plus loin que leurs intérêts à court et moyen terme et d’accepter d’être les artisans d’un nouveau Montréal.


Dans le fonds, l’idéal serait que l’un des candidats à la mairie, lors des prochaines élections municipales, axe son programme autour du déménagement du port et du développement de Montréal sur les terrains actuels. Ce serait là le premier grand projet structurant à voir le jour à Montréal depuis l’Expo 67 et les Jeux Olympiques de 1976. Le déménagement du Port de Montréal serait quelque chose de permanent qui changerait le visage de la métropole du Québec pour le très long terme. Ce serait plus que de simples souvenirs d’autant plus que la vente ou la location des terrains actuels rapporterait pas mal plus que les coûts associés au déménagement. Y-a-t’il quelqu’un pour prendre le flambeau…..?...


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À propos du blogue "Sous le signe du Jaguar’’ :


Président exécutif de Publipage inc., j’ai notamment été PDG de la SAQ et de Loto-Québec. Plus tôt dans ma carrière, j’ai œuvré pour de nombreuses entreprises de distribution alimentaire en plus d’avoir développé et mis en marché plusieurs concepts à succès dont les fiches cuisine Bon Appétit et le Gala Metrostar. Dans mon blogue, vous retrouverez des commentaires pertinents sur l’évolution du commerce de détail ainsi que sur des sujets d’actualité où je me permettrai de dire tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas.

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