BLOGUE. Les entrepreneurs vieillissants qui réfléchissent à leur avenir et à celui de leur entreprise sont souvent confrontés à certains sentiments qui semblent en contradiction avec leurs objectifs.
Des centaines de rencontres que j’ai eues avec des entrepreneurs au cours des douze dernières années, plusieurs buts et craintes me sont apparus plus fréquents. En voici quelques uns.
La retraite. Se retirer, cesser ses activités professionnelles et ne se consacrer qu’à des activités de loisirs et de bénévolat. Contrôler entièrement son emploi du temps.
Un autre projet d’entreprise. Besoin d’un changement de cadre professionnel pour réaliser un autre type de défis. Les entrepreneurs ayant débuté très jeunes ont souvent le désir de passer à « autre chose ». Les développeurs qui recherchent les papillons du démarrage plutôt que la gestion d’une affaire mature.
Une nouvelle ou vieille passion. La peinture, la photographie, l’horticulture, la rénovation ou un voyage autour du monde.
La famille. Prendre le temps de s’occuper de ceux qui nous sont chers, conjoint, enfants et petits enfants, à qui on n’a pas consacré tout le temps qu’on aurait voulu.
Moins de tracas. La gestion est devenue de plus en plus complexe avec le temps et la mondialisation. Les nuits sont plus courtes, les jours sont toujours aussi longs.
Un prix intéressant. Il s’agit vraisemblablement de l’actif le plus important de leur patrimoine, voire de leur fonds de pension. Le prix de vente se doit donc d’être suffisant tout en n’étant pas excessif pour ne pas faire fuir les acheteurs potentiels.
La sauvegarde des emplois. Le propriétaire d’une PME est habituellement très reconnaissant envers ses employés et la communauté qui l’a accompagné tout au long de sa carrière. Les emplois et la poursuite de la croissance de l’entreprise sont au cœur de ses préoccupations de cédant.
La protection du patrimoine familial. Au-delà de sa succession à la tête de l’entreprise, l’entrepreneur recherche aussi un partage équitable de la richesse accumulée pour l’ensemble de la famille. La planification fiscale et successorale jouent ici un rôle clé.
La recherche du « bon » successeur. Il faut d’abord qu’il soit intéressé … et intéressant. Un portrait des compétences recherchées, un échéancier et un accompagnement professionnel devraient atténuer les soucis du cédant à cet égard.
L'entretien du réseau. Garder le contact avec les membres de son réseau. Le statut social de l’entrepreneur peut perdre de l’éclat lors d’un transfert d’entreprise. Il est essentiel pour plusieurs de continuer à côtoyer les amis, les collègues et les contacts d’affaires rencontrés au cours de toutes ces années.
C’est définitivement la fin d’une passion. C’est l’oeuvre d’une vie qu’on s’apprête à confier, avec hésitation, à une autre génération. L’entreprise a été pour certains un très bon gagne-pain et un élixir anti vieillissement. C’est, pour la très grande majorité, la dernière décision d’affaires. Mais celle-ci est beaucoup moins rigoureuse et rationnelle que toutes les précédentes, elle est empreinte d’une grande dose d’émotivité.
Il y a une foule d’autres inquiétudes, autant personnelles que professionnelles, auxquelles font face les entrepreneurs en mode transmission. J’y reviendrai.
À propos de ce blogue
La pérennité des entreprises est une préoccupation partagée par plusieurs et c’est dans cet esprit que ce blogue se veut un lieu d’échange sur la relève, une contribution à la réussite des entreprises d’ici. Il est le pendant de celui tenu par l’auteur sur le même sujet depuis plus d’un an (bloguereleve.fondsftq.com).
Gabriel Nadon œuvre depuis plus de onze ans exclusivement en Relève d’entreprise au Fonds de solidarité FTQ et répond aux problèmes financiers qu'entraîne la transmission des entreprises à la génération suivante, qu'elle soit familiale ou non. Au fil des ans, il a acquis une expertise particulière pour tout ce qui touche la pérennité des PME québécoises, ne se limitant pas uniquement à l'aspect financier mais tenant également compte de la dimension humaine.









