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Les leçons du « Défi du transfert d'entreprise »

Gabriel Nadon . 11-06-2012 (modifié le 11-06-2012 à 12:11)

BLOGUE. J’assistais le 29 mai dernier, au Château Frontenac de Québec, à la troisième édition du Défi du transfert d'entreprise organisé par Les Affaires. Voici brièvement ce qui m'a particulièrement plu.


Placide Poulin


Fondateur de MAAX et maintenant président de Groupe Camada, le conférencier vedette de l’après-midi nous a d’abord présenté les trois objectifs qu’il avait au cours de la transaction de vente de MAAX :


1 - Se réaliser financièrement.


2 - S’assurer de la continuité de l’entreprise grâce à une équipe de gestionnaires de qualité.


3 - Considérer ceux qui ont construit avec lui.


Il nous a ensuite parlé de ce qui a été pour lui « l’élément déclencheur » : la maladie de sa conjointe qui a modifié significativement ses priorités qui devenaient dorénavant sa famille et la relève. Non convaincu que ses enfants avaient ce qu’il fallait pour lui succéder et craintif que leurs vies familiales en seraient affectées, il a presque pris la décision pour eux. Ses enfants ont compris : « il ne nous a pas légué MAAX, il nous a légué l’entrepreneurship »


Selon lui, les trois valeurs qui doivent guider le transfert d’entreprise sont la communication, la confiance et le respect. Paroles de sage.


Les cédants témoignent


Sept entrepreneurs sont alors venus témoigner de la passation de leur flambeau. Tous les types de transfert y étaient représentés. Entre autres, Florent Bélanger de La Maison Orphée a cédé à ses filles; Raymond Ouellette a vendu Groupe Novatech aux dirigeants malgré la présence d’enfants ; Pierre Morency a acheté Équipements Comact avec un groupe de collègues dirigeants tandis qu’André Delisle, propriétaire de Transfert Environnement a trouvé ses acheteurs parmi ses étudiants.


Outre les exemples de montages financiers, de modalités de transfert des actions et de partage des responsabilités, j’ai particulièrement aimé les affirmations suivantes dont certaines font réfléchir.


« Il faut être fidèle aux employés, eux-mêmes fidèles depuis de nombreuses années. Ça reste ici et ça se développe ici ! »


« Les choses sont dorénavant faites différemment et c’est correct comme ça ! »


« Il faut accepter qu’après le lancement de l’entreprise, ça prenne un gestionnaire et pas nécessairement un entrepreneur. »


« Je veux sécuriser mon argent sans mettre cette responsabilité sur les épaules de mon fils. »


« Le cédant doit être conscient de la pression que subit la relève. Naviguer un gros bateau déjà en marche, c’est pas évident. »


« Il est aussi important de préparer sa sortie que de préparer son entrée, comme au théâtre. »


« Mon fils est plus gestionnaire que moi. »


« Le cheminement de chacun, cédant et repreneur, demande du temps, des années. Nous devons respecter ça. »


« Foi en la jeunesse et la volonté de laisser la place aux jeunes sont des conditions essentielles à une relève réussie. »


« Les attentes, les craintes et les perspectives de chacune des générations doivent être connues de l’autre grâce à la communication. »


« Assurer la pérennité de l’expertise du cédant. »


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