Suivre l'exemple Donald Trump et aller à contre-courant

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Suivre l'exemple Donald Trump et aller à contre-courant

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

[Photo : 123RF/stillfx]

Surpris de la victoire de Donald Trump? Assez, de notre côté. Le résultat s'annonçait serré, mais on aurait parié sur une victoire de Hillary Clinton.


Ceux qui ont fait le pari inverse ont fait un bon coup. La cote de Donald Trump en fin de parcours était toujours à 4,5 contre 1 chez les preneurs aux livres.


C'était encore meilleur avant les derniers milles, alors que le marché à terme de l'Université de l'Iowa n'accordait au candidat républicain qu'une probabilité de victoire de 9 %.


La situation nous a rappelé un récent commentaire de Credit Suisse sur les «titres contrarian». Un titre contrarian est un titre qui fait consensus chez les analystes et pour lequel on est seul dans sa barque. Seul à trouver que le titre est sous-évalué, ou encore seul à trouver qu'il est surévalué. L'intérêt est que, si l'on a raison, des rendements forts intéressants peuvent être réalisés. Comme dans la situation du président Donald Trump.


La maison a identifié quelques titres où elle est contrarian. Dans certains cas, elle est à achat, dans d'autres, à «sous-performance». Dans cette deuxième situation, il faut évidemment vendre à découvert.


Nous n'avons pas creusé chacune des idées, faute de temps et d'espace. Chacun doit faire ses devoirs. Voici néanmoins quelques cibles de paris contrarian.


TROIS TITRES QUE LA MAISON JUGE SOUS-ÉVALUÉS


1. Dr Pepper Snapple Group (DPS, 83,24 $ US)


Credit Suisse estime que le marché sous-évalue le potentiel de la stratégie de marques alliées de l'entreprise. Dr Pepper distribue plusieurs marques maison (Dr Pepper, 7UP, Crush, etc.), mais elle conclut depuis quelques temps des ententes avec de plus petites sociétés pour la distribution de boissons novatrices ou inusitées. Les jus Bai Juice et l'eau Fiji en sont des exemples. Il y a 14 recommandations «conserver» et 2 «sous-performance», par rapport à seulement 3 recommandations d'achat. La cible moyenne est de 95 $ US, celle de la maison, de 108 $ US.


2. Whole Foods Market (WFM, 30,08 $ US)


Les 430 épiceries d'aliments naturels et biologiques connaissent des jours plus difficiles. La concurrence est forte et le secteur alimentaire est en déflation. L'entreprise tente de repositionner son offre et ses prix. L'analyste Edward Kelly croit que le marché est trop négatif, que le risque est contenu, et qu'un point d'inflexion arrivera au cours des prochains trimestres avec une stabilisation des ventes des établissements comparables. Il y a 6 recommandations d'achat, 12 «conserver» et 7 «sous-performance» ou «vendre». La cible moyenne est de 29,50 $ US, celle de Credit Suisse, de 40 $ US.


3- Patterson (PDCO, 47,48 $ US)


La société a des activités de distribution dans le secteur dentaire, où elle offre des produits et des services. Elle est aussi active dans le secteur vétérinaire, où elle distribue des produits pour les animaux de compagnie. Les développements technologiques comme la dentisterie au laser devraient stimuler la demande dans le secteur. Les animaux de compagnie gagnent aussi en popularité.


Trois analystes sont à «achat», 8 à «conserver» et 2 à «sous-performance». La cible moyenne est de 49,45 $ US, tandis que celle de Credit Suisse est de 55 $ US.


TROIS TITRES QUE LA MAISON JUGE SURÉVALUÉS


Et qu'il faudrait donc plutôt jouer à la baisse.


1. Alliance Data Systems (ADS, 209,79 $ US)


La société fournit des cartes de crédit pour des marques privées et possède également le programme de récompenses Air Miles.


L'analyste Paul Condra croit que le marché sous-estime le risque de crédit du portefeuille de l'entreprise et que les bénéfices sont à risque à moyen terme. Il croit également que le marché minimise le risque global lié à son endettement.


À son avis, la plupart des analystes continuent d'utiliser des multiples de sociétés technologiques pour établir leur cible dans l'avenir. Ils devraient plutôt utiliser un multiple de sociétés de cartes de crédit, et celui-ci ne devrait pas dépasser 10 fois l'anticipation pour 2017.


Dix-huit analystes sont favorables au titre, 7 sont à «conserver» et 2 à «sous-performance» ou «vendre». La cible moyenne est de 247 $ US, tandis que celle de Credit Suisse est de 161 $ US.


2. Big Lots (BIG, 48,15 $ US)


Ce détaillant à escompte possède plus de 1 500 établissements aux États-Unis. Son offre va de l'alimentaire aux cosmétiques en passant par l'ameublement.


Edward Kelly note que la rentabilité de la chaîne s'est considérablement améliorée en 2014 et en 2015 à la suite de l'embauche d'un nouveau chef de la direction et de la mise en place de nouvelles initiatives. Celles-ci ont livré leurs fruits, et il doute de la capacité de l'entreprise à poursuivre sur la voie de la croissance. Les ventes des établissements comparables ont stagné au dernier trimestre, malgré le lancement de sa carte de crédit privée et une accélération des ventes d'ameublement. Presque toutes les autres catégories de produits ont baissé, et l'achalandage dans les magasins poursuit son recul.


Difficile à ses yeux de voir le bénéfice continuer de croître à long terme, alors que les catalyseurs sont rares. Six analystes sont favorables au titre, 7 sont à «conserver» et 1 seul est à «sous-performance». La cible du consensus est de 54 $ US, mais celle de Credit Suisse est de 40 $ US.


3. Cisco Systems (CSCO, 31 $ US)


Les résultats de l'entreprise ont été légèrement supérieurs aux attentes au dernier trimestre, mais, à long terme, sa croissance semble en péril. Kulbinder Garcha note que la technologie a évolué et que les commutateurs qui étaient nécessaires à tout bon réseau informatique font aujourd'hui face à de la concurrence. Le nouvel ennemi : le «réseau défini par logiciel».


Cisco a apparemment perdu des parts de marché aux mains d'Arista et de Whitebox au cours des dernières années. Même si l'effondrement n'est pas pour demain, la pression sur les marges devrait encore s'amplifier.


Il y a 21 analystes positifs sur Cisco, 13 sont à «conserver» et un seul est à «sous-performance». La cible moyenne est de 33,35 $ US, mais celle de Credit Suisse est à 25 $ US.

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

François Pouliot
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