François Pouliot : Couche-Tard doit rapidement écrire à Casey's

Publié le 24/09/2010 à 06:30, mis à jour le 24/09/2010 à 08:19

François Pouliot : Couche-Tard doit rapidement écrire à Casey's

Publié le 24/09/2010 à 06:30, mis à jour le 24/09/2010 à 08:19

Le grand patron de Couche-Tard Alain Bouchard. Photo : lesaffaires.com

Blogue. Les actionnaires de Casey's ne veulent pas du conseil d'administration suggéré par Couche-tard. Le siège social de la société québécoise doit être en ébullition: qu'on le veuille ou non, il faudra y aller dans les prochaines heures d'un coup de dés.


La décision des actionnaires de Casey's de reconduire le conseil d'administration actuel force maintenant Couche-Tard à décider si elle majore ou non son offre sur l'entreprise.


La situation actuelle


À ce jour, le conseil de Casey's a toujours refusé de considérer Couche-Tard et de lui ouvrir ses livres, sous prétexte que ses offres n'étaient pas assez élevées (la dernière est à 38,50$ US).


Bien qu'elle ait refusé une offre informelle à 40$ US l'action du géant 7-Eleven, Casey's est actuellement en discussions avec la chaîne pour voir si elle ne pourrait pas conclure à un niveau plus élevé.


Ce qui s'en vient et sa complexité


L'offre de Couche-Tard aux actionnaires court jusqu'au 30 septembre. Peu d'entre eux ont jusqu'à maintenant tendu leurs actions. Et il y a fort à parier qu'il en sera ainsi jusqu'à la date butoir. Si vous êtes actionnaires de Casey's, vous attendrez en effet jusqu'à la dernière minute pour voir si 7-Eleven offre davantage.


Couche-Tard devrait attendre jusqu'au 30 septembre et voir s'il y a entente. S'il n'y en n'a pas, elle ramassera le tout à 38,50$ et aura gagné, dîtes-vous.


Ce n'est pas si évident.


D'abord parce qu'il se peut effectivement que Casey's n'ait pas tort en estimant que l'offre du fleuron québécois n'est pas assez élevée. RBC Marchés des capitaux, qui suit les deux titres, estime par exemple que la valeur des 1500 dépanneurs américains devrait se situer autour de 44$. Il n'est pas à exclure que même si les discussions avortent avec 7-Eleven, et qu'il ne reste sur la table que l'offre à 38,50$, celle-ci ne soit jugée trop faible et soit refusée par les actionnaires. Après tout, le titre a régulièrement touché les 32$ au cours de la dernière année.


Ensuite, et surtout, parce qu'en l'absence d'une nouvelle offre de Couche-Tard, il se pourrait que 7-Eleven et Casey's en viennent à une entente qui prévoit une importante pénalité. Une pénalité si élevée, qu'elle viendrait pratiquement empêcher Couche-Tard de surenchérir.


Constat: si on veut la compagnie, il vaut probablement mieux surenchérir.


Le flou


Couche-Tard a déjà dit qu'elle était prête à surenchérir, mais réclame un "processus équitable" qui lui permettrait notamment une vérification diligente des livres de la compagnie. Le communiqué de Couche-Tard donne à penser qu'elle a déjà communiqué avec Casey's pour lui signaler qu'elle pourrait offrir plus de 40$, moyennant quelques assurances. Curieusement cependant, la ligne de communication de Casey's est toujours à l'effet qu'elle pourrait être intéressée à discuter avec Couche-Tard si une offre d'intérêt raisonnable est déposée.


Que doit faire Couche-Tard?


Alain Bouchard devrait rapidement écrire à Casey's (et publier sa lettre) en lui indiquant être prêt à hausser son offre vers les 42$. Selon les calculs de la plupart des analystes, même à ce niveau, la transaction serait encore accréditive au bénéfice de Couche-Tard avant synergies. La lettre forcerait du coup Casey's à discuter avec les deux acheteurs potentiels. Il lui serait alors difficile de le faire sans équité et elle devrait probablement nommer un comité spécial à cette fin, avec un processus clair.


Le temps presse cependant. Il faut que ceci survienne avant une potentielle conclusion d'entente entre Casey's et 7-Eleven.


Surveillons le patron de Couche-Tard.

À propos de ce blogue

Diplômé en droit de l'Université Laval, François Pouliot est avocat et commente depuis plusieurs années l'actualité économique et financière. Il a été chroniqueur au Journal Le Soleil, a collaboré au Globe and Mail et dirigé les sections économiques des différentes unités de Quebecor Media, notamment la chaîne Argent. Au cours de sa carrière, il a aussi fait du journalisme d'enquête ce qui lui a valu quelques distinctions, dont le prix Judith Jasmin. La Bourse Southam lui a notamment permis de parfaire son savoir économique à l'Université de Toronto. François a de même été administrateur de quelques organismes et fondation. Il est un mordu des marchés financiers et nous livre son analyse et son point de vue sur diverses sociétés cotées en bourse. Québec inc. sera particulièrement dans sa mire.

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