Le débat sur les pensions ne fait que débuter

Publié le 06/02/2012 à 14:30, mis à jour le 16/02/2012 à 14:34

Le débat sur les pensions ne fait que débuter

Publié le 06/02/2012 à 14:30, mis à jour le 16/02/2012 à 14:34

Par François Barrière

BLOGUE. Le débat qui vient de s’ouvrir sur la capacité du gouvernement fédéral (…et des provinces, …et des municipalités) de payer les retraites promises et la nécessité de revoir certains calculs est fort valable. Cela dit il était nécessaire depuis longtemps, la démographie canadienne étant connue depuis des lustres. Alors pourquoi est-ce que tout d’un coup on s’alarme ?


Comme prévu par ceux qui savent compter, la photo prise le 31 décembre est désastreuse. Les taux d’intérêt obligataires à long terme qui sont utilisés pour faire les calculs actuariels n’ont jamais été aussi bas faisant anormalement gonfler le passif des caisses de retraite. Il y à 10 ans une obligation ayant une échéance de 10 ans rapportait 5.50% aujourd’hui ce taux est de 1.90%. La différence du passif simplement lié à cette baisse est une augmentation de 25 à 30% du passif.


Autre facteur, le rendement du marché boursier canadien fut fortement négatif en 2011 (-9%) et a donné 0% en moyenne au cours des 5 dernières années ne permettant aucune croissance des actifs dans un environnement de 2% d’inflation. Là aussi vous avez un autre 25% à 30% de trou. Dans n’importe quel cours de comptabilité, on vous apprend rapidement que si la valeur de vos actifs monte moins vite que l’inflation et que vos passifs explosent, vous êtes dans le trouble. On est dans le trouble, tous ensemble.


Certains vont prétendre que cette photo du 31 décembre est faussée, car les choses vont revenir à une certaine normalité (par exemple si les taux d’intérêt remontent et que les marchés boursiers donnent de bons rendements dans les prochaines années) ce qui est possible. Par contre, toutes les promesses faites dans le passé, basées sur des calculs – à l’époque plausible –, mais qui malheureusement pour tous ne sont pas arrivées doivent impérativement être revues afin de tenir compte d’une tout autre réalité. Les cinq dernières années ont créé un trou qui ne se remplira pas de sitôt. Et le problème est le même (sinon pire) en Europe.


À ce niveau le débat qui débute est fort intéressant et je souhaite ardemment qu’il ne soit pas enlisé dans une démagogie de « ne touchez pas à mes acquis », car ces acquis n’ont jamais vraiment existé…Des promesses oui, mais des acquis non.

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