Islande vs Grèce : l'avantage d'une devise qui flotte.

Publié le 16/01/2013 à 14:05

Islande vs Grèce : l'avantage d'une devise qui flotte.

Publié le 16/01/2013 à 14:05

Par François Barrière

BLOGUE. L’avantage d’avoir une devise flottante.


Il est intéressant de faire une comparaison entre la situation de l’Islande et de la Grèce, deux petits pays qui ont fortement écopé de la dernière crise financière. Il est d’autant plus intéressant de les comparer que dans le cas de l’Islande la situation économique est en nette progression positive alors que pour la Grèce nous allons probablement en reparler en 2013. Et ce ne sera pas positivement…


Les deux pays ne sont pas entièrement comparables, n’ayant pas la même taille, mais structurellement leur base économique est assez semblable (10% agricole, 25% industrielle, 65% service). Dans les deux cas, la croissance fut excellente dans les 10 années précédant 2007, celle-ci se chiffrant autour de 5%. Pour l’Islande ce fut une croissance poussée par une diversification vers des secteurs non traditionnels comme la finance, l’hôtellerie, l’immobilier et les mines alors que pour la Grèce son entrée dans l’Euro en 2001 lui donna aussi une erre d'aller en finance, immobilier et le tourisme.


Puis la crise.


En 2008 la Couronne islandaise a chuté de 50% créant ainsi une inflation approchant les 20% en 2009. Le taux de chômage dans ce pays passa de 1% à plus de 8% pour revenir aujourd’hui à 5% et le PIB recula en 2009 (-6.8%) et 2010 (-4.0%) redevenant positif en 2011 (+3.1%) et 2012 (+2.4%). Plusieurs banques firent faillite, le gouvernement considérant plus rentable de les laisser tomber que de les sauver.


En comparaison, la devise grecque n’existant plus depuis 2001, l’unité monétaire du pays ne bougea pas contre ses principaux partenaires économiques, tous utilisant la même devise. Le taux de chômage dans ce pays grimpa initialement à 9.4% en 2009 et à chacune des années suivantes pour se retrouver à 20% aujourd’hui.  Le PIB aussi recula dans chacune des 5 dernières années,  les deux dernières étant les pires (-6.9% et -4.7%).


Nul doute pour moi que si l’Islande avait adopté l’Euro il y a quelques années elle serait encore dans le pétrin aujourd’hui. Le coût d’une dévaluation de la devise (hausse inflationniste, baisse du pouvoir d’achat, hausse des taux d’intérêt) représentant un choc beaucoup moins important à long terme que l’autre alternative. L’Islande n’est pas encore revenue en pleine possession de ses moyens, mais elle s’en approche alors que pour la Grèce on peut se demander si le fond du baril est visible après plus de cinq années de crise. Tant que la Grèce va demeurer dans le piège de l’Euro, elle ne sera pas en possession de toutes les clés pour débuter le redressement de son économie. FIN DU BLOGUE


 

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