L'effritement de la frontière entre le travail et la vie personnelle

Publié le 23/05/2014 à 17:39

L'effritement de la frontière entre le travail et la vie personnelle

Publié le 23/05/2014 à 17:39

Possédez-vous un téléphone cellulaire? Plus de huit lecteurs du dix répondront par l’affirmative à cette question. Ces dernières années, le nombre d’adultes québécois qui possèdent un appareil de téléphonie mobile ne cesse de croître. Et, selon l’enquête NeTendances 2013 du Cefrio, pour la première fois au Québec, une proportion plus importante de gens possède un téléphone dit intelligent (44,4 %) qu’un téléphone cellulaire standard (39,8 %).


Si vous êtes comme moi, votre téléphone intelligent vous sert à bien autre chose que sa fonction de base, c’est-à-dire téléphoner. Pour plusieurs d’entre nous, notre téléphone mobile est devenu, en quelque sorte, une extension de nous-mêmes. Nous l’utilisons pour tout, ou presque. Garder le fil de notre agenda, consulter nos courriels, transmettre des messages, payer nos comptes, nous rappeler de passer chez le nettoyeur, faire la liste d’épicerie, écouter de la musique, comme GPS et j’en passe! Pourriez-vous vous en passer durant 24 ou 48 heures? Il y a fort à parier que non! Vous seriez surpris de constater à quel point votre téléphone pourrait vous manquer. Je suis même certain que plusieurs d’entre vous finiraient par se dire : comment faisions-nous avant?


Pas étonnant, si plus de 80 % des adultes québécois possèdent un téléphone cellulaire, que celui-ci les suive jusqu’au bureau. En effet, la majorité des gens utilisent leur appareil mobile pendant leurs heures de travail, et pas seulement à des fins personnelles. Par exemple, plusieurs profitent d’une pause lors d’une rencontre pour répondre à leurs messages téléphoniques ou pour lire leurs courriels professionnels. D’ailleurs, dans certaines entreprises, on encourage l’utilisation des appareils électroniques personnels au travail, téléphone intelligent inclus.


Cela étant, la ligne entre la vie personnelle et la vie au travail devient de plus en plus mince. Lundi à 11 heures, l’un paie son compte d’électricité; jeudi à 14 h 30, l’autre envoie un message texte à son conjoint pour qu’il aille chercher les enfants à la garderie; dimanche à 17 heures, un patron transmet un courriel à ses employés pour organiser le travail de la semaine à venir; mardi à 20 heures, il se connecte à distance au réseau de l’entreprise. Les plus expérimentés parmi vous se disent probablement qu’ils ont toujours ramené du travail à la maison. Vous avez sans doute en partie raison. Effectuer du travail de la maison n’est pas une nouveauté. Ce qui est différent aujourd’hui, c’est la facilité avec laquelle les gens peuvent demeurer connectés à leur travail dans leur vie personnelle et vice-versa également. À peine présent il y a moins de cinq ans, ce phénomène risque de prendre de l’ampleur au cours des prochaines années.


Comment gérer le tout? Malheureusement, il n’y a pas de recette magique lorsqu’il est question de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et des communications dans les milieux de travail. Chaque entreprise a sa façon de gérer cette problématique, en fonction de l’utilisation de ces technologies demandée aux employés. En effet, les éléments d’une politique à cet égard seront différents dans une entreprise de création de jeux vidéo et dans un magasin de vente au détail.


Peu importe le type d’entreprise, concevoir une politique qui précise ce qui est permis ou non dans l’utilisation des nouvelles technologies au travail, mais qui clarifie aussi les attentes de l’organisation envers ses travailleurs vous aidera sans doute à mieux gérer la problématique. Toutefois, il est primordial que les gestionnaires de l’entreprise donnent l’exemple. Ainsi, il pourrait être décidé par la direction que les gestionnaires évitent les courriels lors des jours de congé et en soirée.


 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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