La reconnaissance n’a pas de limites!

Publié le 24/04/2014 à 17:05

La reconnaissance n’a pas de limites!

Publié le 24/04/2014 à 17:05

La reconnaissance! Voilà un terme souvent entendu au sein des entreprises depuis quelques années. Et c’est une bonne chose, car tout le monde aime recevoir une tape dans le dos ou des félicitations après avoir réalisé un bon coup.


Pourtant, la reconnaissance n’est pas une pratique courante dans toutes les entreprises du Québec. Certaines croient qu’elles n’ont ni le temps ni l’argent pour mettre en place un programme de reconnaissance; d’autres que cette pratique n’est pas pour elles. Qu’en est-il chez vous? 


Avant que vous répondiez, mettons-nous d’accord sur ce qu’est la reconnaissance en milieu de travail.


 


Qu’est-ce que la reconnaissance?


Les experts s’entendent pour dire que la reconnaissance en milieu de travail est en fait la réaction constructive d’une personne sur la contribution d’un individu ou d’un groupe d’individus dans le cadre du travail. Cette contribution peut porter sur la pratique de travail, la personne, l’effort ou les résultats (Jean-Pierre Brun et Ninon Dugas, 2005).


Cela m’amène à poser une question : la manifestation de la reconnaissance est-elle réservée aux employeurs et aux gestionnaires?


Selon moi, la pire chose qui puisse arriver à la reconnaissance dans une organisation est de limiter son expression. Elle ne devrait pas être reliée à la hiérarchie d’une entreprise, c’est-à-dire manifestée seulement par un supérieur immédiat à son employé; elle peut en effet être témoignée par un travailleur à son supérieur ou exprimée entre collègues. Autre élément important : la reconnaissance ne doit pas être démontrée uniquement à des individus; on peut également honorer un groupe de travailleurs. Bref, la notion de reconnaissance n’a pas de limites!


 


Comment se manifeste la reconnaissance en milieu de travail?


Il y a quatre grande catégories de reconnaissance : la reconnaissance de la personne, la reconnaissance des résultats, la reconnaissance de l’effort et, finalement, la reconnaissance de la pratique de travail (Jean-Pierre Brun et Ninon Dugas, 2005).


La reconnaissance de la personne s’adresse au travailleur en tant qu’individu. Par exemple, le geste de reconnaissance sera destiné à Jeanne et non à la personne qui occupe le poste d’adjointe administrative. Ce type de reconnaissance est exprimé à un niveau relationnel et se matérialise par des gestes simples comme :


• prendre le temps de saluer ses collègues et de s’informer d’eux;


• consulter le personnel et le faire participer à différentes phases d’orientation et de conception de projets;


• autoriser des aménagements de travail flexible ou instaurer des pratiques de conciliation travail/vie personnelle.


 


La reconnaissance des résultats est sans aucun doute la plus répandue au sein des entreprises. Ce type de reconnaissance est très concret et est relié aux réalisations des travailleurs. Voici quelques manifestations de la reconnaissance des résultats :


• organiser une cérémonie mettant en valeur l’atteinte des objectifs, par exemple un gala où l’on nomme les employés de l’année;


• adresser des félicitations spontanées lorsqu’un travailleur a relevé un défi important;


• souligner un bon coup dans le cadre d’une réunion d’équipe.


 


La reconnaissance des efforts souligne la participation, la contribution, la créativité ou le dévouement d'un travailleur. Cette forme de reconnaissance est souvent la plus négligée, mais c’est celle qui a le plus d’impact sur la mobilisation et l’engagement des travailleurs. Voici quelques exemples de manifestations de ce type de reconnaissance :


• reconnaître la valeur des idées d’un employé, même quand elles ne peuvent pas se concrétiser;


• se féliciter en tant qu’équipe pour souligner les efforts et le temps investis dans un projet;


• envoyer un message de remerciement à un travailleur pour son courage et sa ténacité dans des conditions de travail difficiles.


 


La dernière catégorie de reconnaissance porte sur la pratique professionnelle. Ce type de reconnaissance est plus souvent manifesté par les collègues ou le supérieur immédiat. Elle consiste à mettre en valeur les compétences et les talents d’un travailleur. C’est une reconnaissance fondée sur des caractéristiques techniques et qui est orientée sur la qualité de la prestation de travail. En voici quelques exemples :


• rétroaction du gestionnaire ou des collègues relative aux qualités professionnelles d’un travailleur;


• mise en place d’un programme de reconnaissance de l’innovation et de la créativité au sein de l’organisation;


• encouragement du développement des compétences par l’accès à des programmes de formation et de perfectionnement.


 


Prêt, pas prêt… reconnaissez!


Maintenant, il est temps de mettre le tout en pratique. Pour ce faire, la Semaine des ressources humaines est l’occasion parfaite! Se tenant entre le 28 avril et le 2 mai, cette Semaine vise à reconnaître la contribution des 4 millions de travailleurs du Québec.


Partant de l’idée qu’elle est l’affaire de tous, travailleurs, gestionnaires ou dirigeants, la reconnaissance ne doit pas avoir de frontières au sein de l’entreprise. Prenez donc un moment afin de souligner le travail d’un de vos employés, d’un collègue ou même de votre patron. Vous n’avez pas idée comme cela peut faire une grande différence!


 


***


Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Administrateur de société certifié, monsieur Francoeur siège au conseil d’administration de la Commission des normes du travail et de la Commission des partenaires du marché du travail. Il est également vice-président de la Commission de la fonction publique de la ville de Montréal. Il préside les comités de gouvernance du Conseil interprofessionnel du Québec, l’organisme qui représente les 46 ordres professionnels québécois, et de la Commission des normes du travail. Il siège aussi au comité consultatif de deux sociétés privées.


 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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