Francoeur : Il Ă©tait une fois le 28 janvier 2013

Publié le 13/02/2013 à 14:51

Francoeur : Il Ă©tait une fois le 28 janvier 2013

Publié le 13/02/2013 à 14:51

BLOGUE. 16 h – Je quitte le bureau pour me rendre à une rencontre. En sortant de l’immeuble du centre-ville de Montréal où se trouve le siège social de l’Ordre, je crois avoir une vision... L’avenue McGill College s’est transformée en rivière! À voir les regards incrédules des gens sur le trottoir, je ne rêve pas, il y a bel et bien un torrent d’eau en plein centre-ville. La même question est sur toutes les lèvres : mais que se passe-t-il?


16 h 10 Il semble que l’inondation soit due à la rupture d’une conduite d’eau majeure sur le chantier de construction situé sur la rue Docteur-Penfield. Les ouvriers de ce chantier travaillent à la réfection de plusieurs vieilles canalisations d’eau potable ceinturant le réservoir McTavish. Selon la Ville de Montréal, l’eau potable de 500 000 Montréalais transite par ces canalisations. Ce qui explique l’inondation.


16 h 20 – Ma rencontre est annulée. Je brave la nouvelle « rivière Cathcart » et rentre à la maison, les pieds mouillés...


18 h 30 – Des rumeurs courent. Une erreur humaine pourrait être à l’origine de l’inondation. La Ville de Montréal ouvre une enquête afin de comprendre de quoi il retourne.


18 h 31 – Je pense au gestionnaire chargé du chantier de construction. Il a toute une situation de crise à gérer!


18 h 34 – La question suivante me vient à l'esprit : comment réagir lorsqu’un geste humain peut être à l’origine d’une crise?


18 h 36 – Voici les conclusions de ma réflexion.




  • Il faut éviter de réagir de manière impulsive. Le pire serait de faire un geste précipité ou de dire des paroles qui dépassent notre pensée. Il est important de rester calme et posé, une situation de crise engendre souvent un état de panique chez les gens. Le gestionnaire ne doit pas se laisser emporter par ce type de sentiment. Il ne faut pas hésiter à déléguer si cela est plus approprié dans les circonstances. La priorité doit être de régler le problème le plus rapidement possible, et non pas de trouver le ou les responsables.

  • Une fois le problème maîtrisé, il est temps de passer en mode analyse en portant attention aux causes et aux conséquences. Bref, il faut mener une enquête dans l’optique de mieux comprendre la situation et aller au-delà du geste qui a peut-être causé le problème. À ce stade, il est primordial de laisser la possibilité aux travailleurs impliqués de donner leur version des faits. Le gestionnaire doit garder en tête que l’erreur est humaine tout en s’assurant qu’aucun geste n’a été commis de manière délibérée.

  • L’élément le plus important, selon moi, c’est de prendre des mesures afin d’éliminer ou, à tout le moins, de minimiser la possibilité qu’une situation similaire se répète. On dit souvent qu’il faut apprendre de ses erreurs. Si c’est vrai pour les individus, cela doit également être vrai pour les organisations. Vivre une crise, la gérer et ne rien faire pour éviter qu’elle se reproduise, c’est envoyer le message que l’entreprise ne prend pas la situation au sérieux. En passant à l’action, le gestionnaire et l’entreprise gagneront en crédibilité.



La morale du 28 janvier 2013


Le 31 janvier dernier, la Ville de Montréal a conclu qu’un glissement de sol, probablement causé par les travaux d’excavation, est à l’origine du bris d’aqueduc. Rien ne prouve qu’un geste humain soit la cause directe de l’inondation. Il n’en demeure pas moins qu’une situation de crise en entreprise peut être due à l’erreur d’un travailleur. Si tel est le cas, il se peut qu’une sanction disciplinaire s’impose. Toutefois, le gestionnaire doit demeurer vigilant. Le geste est peut-être dû à un manque de formation ou d’information, par exemple. En ce sens, il est plus important de bien analyser la situation et de mettre en place des mesures permettant de s’attaquer aux causes réelles du problème plutôt que de seulement punir le geste.


***


À propos de Florent Francoeur


Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008.


Administrateur de société certifié, monsieur Francoeur siège au conseil d’administration de la Commission des normes du travail et de la Commission des partenaires du marché du travail. Il est également vice-président de la Commission de la fonction publique de la ville de Montréal. De plus, il a été le premier Canadien à présider la World Federation of Personnel Management Associations (WFPMA), de 2006 à 2008.


Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les entreprises.


 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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