Francoeur - Le salaire : la seule chose qui importe?

Publié le 18/10/2013 à 14:53, mis à jour le 18/10/2013 à 15:47

Francoeur - Le salaire : la seule chose qui importe?

Publié le 18/10/2013 à 14:53, mis à jour le 18/10/2013 à 15:47

L'augmentation salariale moyenne pour 2014 se chiffre à 2,7%.

BLOGUE. À l’automne, on entrevoit déjà la nouvelle année. Que nous réserve l’année 2014? Pour la grande majorité de vos interrogations, je ne suis pas dans le secret des dieux. Toutefois, je peux vous donner un aperçu de ce qui attend les entreprises et les travailleurs du Québec en matière d’augmentation salariale…


La hausse salariale moyenne des travailleurs québécois se situera en général à 2,7 %. C’est ce que nous apprenait la semaine dernière une enquête à laquelle ont participé/ sept grands cabinets spécialisés en rémunération (Aon Hewitt, Hay Group, Mercer, Morneau Shepell, Normandin Beaudry, Saucier Conseil et Towers Watson) et coordonnée par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés.


Au-delà de la prévision d’augmentation salariale, il ressort de cette enquête une information importante pour les entreprises. C’est l’homogénéité des augmentations salariales. En effet, les hausses salariales attendues pour 2014 varient très peu entre les types d’emplois et entre les différents secteurs d’activité. Par exemple, il y a un mince écart de 0,2 point de pourcentage entre la catégorie d’emplois où on anticipe la hausse la plus importante, soit les cadres et professionnels (2,8 %), et celle où on prévoit la hausse la moins élevée, soit le personnel technique et administratif (2,6 %). Le resserrement de l’écart entre les diverses hausses salariales est une tendance perceptible depuis quelques années déjà. Vous trouverez plus de détails sur cette enquête à l’adresse suivante : www.portailrh.org/previsions.


Le salaire n’est plus l’unique priorité


Le salaire est important pour les travailleurs. Vous le savez aussi bien que moi, le chèque de paye aide à manger et à payer le loyer ou l’hypothèque. Personne n’est insensible à une augmentation de salaire! Toutefois, selon une enquête de Towers Watson menée en 2012, le salaire de base n’est ni le principal irritant ni le principal attrait pour un employé qui pense à quitter un emploi ou à accepter un nouveau poste. Si on ajoute à cela la tendance vers l’uniformité des salaires pour un même emploi, les entreprises qui veulent se distinguer sur le marché de l’emploi doivent non seulement offrir un salaire concurrentiel à leurs travailleurs, mais aussi miser sur des éléments qui n’apparaissent pas sur le relevé de paie.


Pour faire la différence : flexibilité, environnement de travail et reconnaissance


Je vous propose trois éléments qui peuvent contribuer à attirer ou à fidéliser un travailleur. Dans un premier temps, la flexibilité de la rémunération globale. Ce n’est pas un secret, les milieux de travail sont de plus en plus diversifiés et les besoins des travailleurs en matière de rémunération sont plus différents que jamais. Offrir la possibilité d’adapter sa rémunération à sa situation particulière devient un avantage important pour les travailleurs. Ainsi, un travailleur peut préférer bénéficier de deux journées de congé mobile plutôt que du plan dentaire et un autre peut désirer que son employeur fasse une cotisation supplémentaire à son régime de retraite plutôt que de lui accorder une semaine supplémentaire de vacances.


La seconde façon pour votre entreprise de se démarquer est la qualité de son environnement de travail. Rien de nouveau, me direz-vous, et vous avez bien raison. Néanmoins, il ne faut pas négliger l’impact d’un environnement de travail sain et agréable sur la rétention des travailleurs. Offrir un milieu de travail où la collaboration, l’autonomie et la transparence sont présentes aura un effet positif sur les employés et contribuera à abaisser leur niveau de stress. Le stress doit être pris au sérieux, car c’est souvent la principale raison du départ. Sensibiliser les gestionnaires à cet égard est déjà un pas dans la bonne direction.


Le troisième élément, c’est la reconnaissance. Beaucoup d’entreprises ont déjà mis en place certaines marques de reconnaissance. La traditionnel récompense pour les années de service d’un employé en est un bon exemple. Toutefois, c’est loin d’être suffisant! Les marques de reconnaissance qui comptent réellement n’arrivent pas une fois tous les 10 ou 20 ans! Il est important de reconnaître à la fois les résultats des employés, leurs efforts, leurs expertises et ce qu’ils sont en tant qu’individus. Reconnaître, c’est avant tout dire bonjour, merci et prendre des nouvelles des employés de manière sincère. L’avez-vous fait aujourd’hui?


Un salaire concurrentiel et quelques mesures simples peuvent faire une différence entre un employé qui part et un employé qui demeure en poste. Pensez-y quand vous prendrez vos résolutions pour l’année 2014!


***


À propos de Florent Francoeur


Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008.


Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.


 

À propos de ce blogue

Florent Francoeur, CRHA est président-directeur général de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés depuis 1992. Sous sa direction, l’Ordre est passé de 800 à plus de 11 000 membres et a notamment obtenu le Grand Prix québécois de la qualité en 2005 et en 2008. Monsieur Francoeur a donné, au fil des années, des centaines de conférences et d’entrevues mettant en valeur les bonnes pratiques de gestion du personnel et de relations du travail dans les organisations.

Florent Francoeur

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