Parcs industriels: «Ne parlez pas seulement des autoroutes, vantez votre communauté»

Publié le 13/10/2017 à 15:57

Parcs industriels: «Ne parlez pas seulement des autoroutes, vantez votre communauté»

Publié le 13/10/2017 à 15:57

Des autoroutes et un bon prix, c’est bien, mais ce n’est pas assez. Les investisseurs sont d’abord à la recherche d’un écosystème qui permettra de faire croître leur entreprise. Pour les convaincre, les promoteurs de parcs industriels doivent faire passer le bon message et, parfois, combattre les préjugés.


« Nous avions trouvé un site parfait pour une entreprise, mais son président ne voulait pas y aller, raconte Marc Beauchamp, vice-président et associé chez CAI Global. Il avait encore en tête le passé syndical houleux de la ville, même si ça datait de très longtemps et que ce n’était plus ainsi aujourd’hui. Il a fallu déconstruire sa perception en lui démontrant combien l’endroit répondait à ses besoins d’affaires. »


Positionner un parc industriel, c’est à la fois travailler sur les perceptions et sur les besoins d’affaires, soutient-il. « Si tu me parles de prix et de proximité des autoroutes alors que j’ai une idée négative sur ta communauté, tu manques le bateau. »   


Marc Beauchamp parlera des facteurs pour attirer les investisseurs lors de la conférence Technopoles et parcs industriels, présentée par les Événements Les Affaires le 21 novembre à Montréal. Il sera accompagné de son collègue, Maxime St-Denis, consultant. CAI Global est une firme-conseil spécialisée dans la mise en œuvre des projets d’investissement.


« Pour un investisseur, le choix d’un site est bien davantage qu’une transaction immobilière, poursuit M. Beauchamp. C’est pourquoi lorsqu’on veut positionner un parc industriel, il faut présenter les atouts de la communauté, ce qu’elle a à offrir. »  Longueuil, Magog, Varennes sont des exemples de municipalités qui savent bien faire valoir leur environnement d’affaires, selon lui.


Employés recherchés


La main-d’œuvre est un critère prioritaire. « Ç’a toujours été important, mais ce qui a changé, c’est que les entreprises nous demandent maintenant d’analyser la disponibilité de la main-d’œuvre avant de chercher un bâtiment ou un emplacement », dit-il.


S’il n’y a pas assez d’employés potentiels autour, le parc industriel est moins attrayant. L’entreprise aura en effet du mal à recruter ou encore elle devra « voler » des employés à d’autres entreprises, ce qui entraînera une pression à la hausse sur ses coûts.


S’inspirer du pays de Trump


Les États-Unis sont très bons dans l’art d’attirer des investisseurs, estime Marc Beauchamp. Une entreprise recherche des employés avec telles qualifications ? « Les agences de développement économique américaines vont identifier et même parfois payer la formation de gens qui pourraient faire un transfert de compétences. »


Ces agences peuvent aussi aider l’entreprise à recruter du personnel. Elles organisent des journées d’embauche, elles font une première sélection de candidats, elles passent les premières entrevues. « Elles peuvent même venir visiter les usines de leurs prospects québécois et rencontrer leurs dirigeants pour mieux comprendre leurs besoins en main-d’œuvre, ajoute l’associé de CAI Global. Elles sont très proactives. »


Autre exemple de pratiques américaines inspirantes : les équipes locales de développement économique travaillent main dans la main avec celles de l’État ainsi qu’avec les entreprises qui fournissent de l’énergie (les « utilities »). « Pour attirer un investisseur, tous ces gens-là se retrouvent autour de la table, dit M. Beauchamp. On ne voit pas ça ici. »


 



 

À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.