Gestion du changement : soyez le héros de votre histoire

Publié le 10/10/2018 à 16:57

Gestion du changement : soyez le héros de votre histoire

Publié le 10/10/2018 à 16:57

Dans un contexte où seulement une organisation sur 5 réussit sa gestion de changement en matière de budget, d’échéancier et de productivité, quels sont les conseils et recettes de ceux et celles qui ont dirigé des projets avec succès ?


« Gérer le changement, c’est d’abord assumer que l’on devient le « héros » de son histoire », a fait savoir Isabelle Leclerc, vice-présidente principale ressources humaines à la Coop Fédérée lors de la conférence Gestion du changement, présentée par les Événements Les Affaires, le 3 octobre dernier, à Montréal. Conférence dont voici quelques moments forts.


Selon cette experte en ressources humaines, c’est avant tout la capacité du gestionnaire à voir clair et à bien comprendre son environnement qui va contribuer à la réussite d’une bonne gestion de changement au sein de ses troupes. « Il faut soi-même être en mesure d’absorber et de comprendre le changement que l’on veut réaliser avant de le partager avec les autres et de faire en sorte qu’ils absorbent et comprennent eux aussi les raisons de ce changement », a-t-elle expliqué.


Isabelle Leclerc a profité de sa tribune pour partager son propre parcours professionnel qui a justement été marqué par un grand changement de carrière. Après 13 ans à gérer les ressources humaines dans une entreprise du domaine des communications, elle gère aujourd’hui les RH dans un secteur rattaché au monde de l’agriculture. « Ce virage professionnel m’a permis de réaliser que les caractéristiques d’un bon leader en gestion de changement ne sont plus celles d’il y a 50 ans. Aujourd’hui, ça prend du courage, de l’adaptation, de l’humilité et une capacité d’analyse pour réussir à gérer le changement », a souligné Mme Leclerc.


N’oubliez pas le renforcement


L’adaptation a également été un des mots-clés qu’a utilisé la conférencière Geneviève Madore, vice-présidente adjointe engagement des employés et gestion du changement, à la division des placements de Manuvie. Depuis dix ans, Manuvie baigne dans la gestion du changement. Acquisition de Standard Life, déménagement des employés dans une nouvelle tour, transformation numérique majeure, les changements se sont succédé au sein de cette organisation.


La recette de Geneviève Madore : un gestionnaire doit s’adapter à la réalité du projet et faire preuve d’une grande agilité. « Le gestionnaire doit être en mesure de définir, d’identifier, de planifier, d’exécuter et surtout de renforcer le processus de changement auprès des gens qui l’entourent. À ce propos, nous avons fait cette erreur d’omettre l’étape du renforcement lors de nos premiers projets de changement. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. C’est un élément essentiel du processus », a indiqué Mme Madore.


L’étape du renforcement figure d’ailleurs parmi les clés du succès de la vaste transformation organisationnelle dont a fait l’objet le CHU Sainte-Justine, à Montréal. Des mécanismes de suivi pour mesurer les capacités à changer des personnes concernées ont été effectués à quatre reprises. Deux suivis avant le déménagement, et deux autres suivant le déménagement », a indiqué Claude Fortin, directeur de l’équipe de transition et directeur des soins infirmiers et des services cliniques du CHU Sainte-Justine.


Evènements Les Affaires


Avoir la bonne équipe de transition Certes, le rôle de leader du gestionnaire est essentiel pour réussir la gestion du changement. Mais les membres qui composent l’équipe de transition le sont tout autant, a ajouté M. Fortin. Une équipe de transition, a-t-il insisté, dont les membres doivent être sélectionnées en fonction de leur agilité et de leurs expertises. Et non pas sur des principes de représentations politiques.


La neuro quoi ?


La gestion du changement à laquelle toutes les organisations sont un jour ou l’autre confrontées suscite la venue de nouveaux concepts, de nouvelles recettes qui promettent quelquefois l’eldorado aux gestionnaires. C’est le cas notamment de la neuroscience, la science qui étudie le cerveau, qui s’invite depuis cinq ans au sein des formations et autres offres commerciales en gestion de changement.


Kevin Johnson, professeur agrégé au département du management à HEC Montréal qui étudie la gestion du changement depuis une douzaine d’années, a indiqué lors de la conférence qu’il n’existe toujours pas de liens scientifiques probants et directs entre les deux domaines. « C’est un fait, les connaissances sur le cerveau humain ont considérablement progressé. La neuroscience a, au fil des années, permis d’expliquer le fonctionnement de la nature humaine », a fait savoir le professeur. À travers toutes les promesses que certains peuvent soutenir, il suggère toutefois aux gestionnaires d’aller chercher ce qui peut leur servir…tout en se gardant un peu de scepticisme.


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.

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