Comment financer votre PME lorsque les banques vous disent non

Publié le 25/11/2017 à 11:00

Comment financer votre PME lorsque les banques vous disent non

Publié le 25/11/2017 à 11:00

Matthieu Laroche, Cartouches certifiées

Cartouches Certifiées figure parmi les PME de la province qui affichent une des plus fortes croissances au pays. Plus de 1000% au cours des cinq dernières années. Son chiffre d’affaires vient de franchir les 10M$ et plus de la moitié de ses revenus proviennent de l’extérieur du pays.


Pourtant, financer les activités de cette entreprise, créée en 2006 par deux ingénieurs Matthieu Laroche et Jonathan Quevillon, n’a pas toujours été une sinécure. « Notre première banque refusait de nous accorder une carte de crédit d’entreprise. Même avec une limite de 500$. Elle prétextait prendre trop de risques. Nous n’avions pas d’historique. Le plus ironique, c’est que cette même banque nous avait accordé à mon ex-partenaire et moi, chacun une carte de crédit personnelle avec une limite 10 000$ », se souvient Matthieu Laroche, cofondateur et président de Cartouches Certifiées.


« J’ai réalisé rapidement que les institutions bancaires ont beau faire la promotion de multiples programmes pour aider les jeunes entreprises, lorsqu’il s’agit de passer à l’action, elles ne sont pas là du tout. En fait, ce n’est qu’aujourd’hui, alors qu’on a réussi, qu’elles cognent toutes l’une après l’autre à notre porte pour nous aider », indique l’entrepreneur qui sera l’un des invités de la toute première conférence Financement PME présentée par les Événements Les Affaires, le 31 janvier prochain, à Montréal. 



Love money et prêts d’organismes 


Faute de pouvoir bénéficier de marge de crédit suffisante, c’est grâce à du « love money » que l’entreprise, qui recycle et vend des cartouches d’encre, a connu ses premières croissances. À deux reprises, le père de Matthieu Laroche a consenti à lui prêter de l’argent. D’abord 20 000$ pour le démarrage de la boutique sur la rue Saint-Denis, à Montréal, en 2009. Un autre montant de 50 000$ a servi à financer l’approvisionnement de cartouches en 2011. « On venait de remporter un important appel d’offres pour un organisme gouvernemental et on avait besoin rapidement de liquidités pour stocker suffisamment de cartouches », raconte Matthieu Laroche, devenu l’unique actionnaire de l’entreprise de 90 employés en rachetant les parts de son partenaire en mars dernier.


L’entreprise, qui récupère aujourd’hui plus de deux millions vide de cartouches par année, a également reçu un bon coup de main de la part d’organismes, telles la Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs et la Corporation de développement économique communautaire (CDEC).


Que des bons mots aussi pour la BDC, qui figure aujourd’hui parmi les meilleurs alliés financiers de l’entreprise. « Je n’oublierai jamais le premier prêt que nous a accordé BDC. J’ai tout simplement coché les cases d’un formulaire sur le web, répondu à quelques questions et joint à ma demande les états financiers. Un exercice qui a pris moins d’une heure. Vingt-quatre heures plus tard, on m’accordait un prêt de 50 000$. La journée suivante, l’argent était déposé dans le compte de l’entreprise. Je n’avais jamais vu ça », se rappelle l’entrepreneur.


Le défi de liquidité persiste


Aujourd’hui, le défi de liquidité se poursuit. « Lorsqu’on vendait exclusivement en ligne, la question ne se posait pas. Dès la réception du paiement, on envoyait la marchandise. Maintenant, le modèle d’affaire est différent. On approvisionne de gros clients, qui représentent 50% de nos ventes, et on attend leur paiement. Ce qui nous incite à revoir nos politiques de crédit. Ce sera notre défi en 2018 », conclut Mathieu Laroche.


 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.