Comment créer du suspense avec les médias sociaux ?

Publié le 05/12/2017 à 10:37

Comment créer du suspense avec les médias sociaux ?

Publié le 05/12/2017 à 10:37

’an dernier, le Festival d’été de Québec a tenu en haleine pendant une heure des milliers d’internautes lors du dévoilement de sa programmation. Et bien que son événement ne dure que 11 jours, il maintient l’intérêt du public toute l’année grâce aux médias sociaux.


Pour ses 50 ans, le Festival d’été de Québec a voulu mousser sa programmation d’une façon originale. En début de matinée, le jour du dévoilement, il a semé des indices sur Snapchat et sur Instagram à propos de l’identité des 50 artistes qui se produiraient pendant l’événement. L’idée ? Faire patienter le public jusqu’à midi en le faisant jouer aux devinettes… et bien sûr susciter l’intérêt en créant un suspense.


À midi, pas question de défiler d’un coup la liste des vedettes. « Pour garder les gens en haleine, nous avons dévoilé sur Facebook et sur Twitter un nom par minute pendant 50 minutes, a raconté Isabelle Grenier, édimestre du Festival, lors de la conférence Médias sociaux – secteur public, présentée par les Événements Les Affaires le 28 novembre dernier. Les impatients n’étaient pas contents, mais des milliers de festivaliers sont restés sur notre page Facebook pendant l’heure du dîner. »


En prime, des médias traditionnels ont relayé l’information en direct. Le Journal de Québec a diffusé sur sa plateforme Web des captures d’écran de la page Facebook du Festival. Radio-Canada, pour sa part, a annoncé les artistes sur Facebook Live au fur et à mesure de leur dévoilement et a même fait jouer des extraits de chansons.


« Notre stratégie a été virale, s’est réjoui Isabelle Grenier. Et ça nous a donné des abonnés de plus dans nos réseaux sociaux. » 


Le défi de garder le contact


Une erreur commune des organisations, c’est de se manifester dans les réseaux sociaux uniquement quand elles ont un message à transmettre. « C’est mortel pour garder l’intérêt de la communauté et c’est mortel pour l’algorithme de Facebook », a lancé la conférencière. Mais comment poursuivre le dialogue toute l’année avec un événement qui ne dure que 11 jours ?


« Pour avoir quelque chose à dire, il est important d’identifier un créneau relié à son organisation, de s’abonner à des comptes dans le domaine et de partager de l’information susceptible d’intéresser notre clientèle cible, a conseillé Isabelle Grenier. Pour nous, c’est la musique, les spectacles. Pour d’autres, ce sera la technologie, les sports, l’alimentation. »


eCommerce


Mais attention à bien choisir ce qu’on partage. « Si Madonna annonce une tournée et que je relaie l’information, ça peut nous nuire en créant des attentes, a-t-elle poursuivi. Les médias sociaux sont une machine à rumeurs. Et je parle par expérience ! »


Le Festival d’été de Québec fait également vivre son contenu à l’année en le reliant à l’actualité. Pour générer l’émotion et titiller la fibre nostalgique des gens, il a créé les mardis vidéo et les jeudis photo. Par exemple, il a profité de la nouvelle du retour des Backstreet Boys à Las Vegas pour partager des photos de leur passage à Québec l’été dernier.


Enfin, Isabelle Grenier a suggéré de se doter d’un code de conduite (nétiquette) pour gérer les commentaires inappropriés. « Au début, j’ai toléré trop de choses, car j’avais peur d’être accusée de censure », a-t-elle admis. 


Un mal nécessaire?


Lorsqu’on sait que Facebook et Google accaparent 70 % des revenus de la publicité numérique au pays et que les médias traditionnels en arrachent, l’État devrait-il faire de la publicité dans les médias sociaux ?


« Si le gouvernement veut rejoindre les citoyens, il doit aller là où ils sont, a répondu Max Trudel, expert en marketing numérique, aussi conférencier à l’événement Médias sociaux- Secteur public. Environ 24 % des 18-35 ans, par exemple, n’ont pas la télévision à la maison. Le gouvernement n’a pas le choix de déployer une portion de son budget publicitaire pour les rejoindre sur le Web. »


Sans compter que « la possibilité de cibler des clientèles très précises est une grande valeur ajoutée de la publicité dans les médias sociaux », a renchéri Anne-Marie Gauthier, coordonnatrice des communications et des relations publiques à la Commission de la capitale nationale. Pour rentabiliser les investissements dans la création de contenus, il faut utiliser les outils de ciblage payants, a insisté Max Trudel. « Les organisations ont des équipes complètes dédiées à créer du contenu. Or, seulement 1 à 5 % des messages publiés sur les pages Facebook sont vus par les fans. »


Par ailleurs, les gouvernements auraient aussi avantage à recourir aux influenceurs pour relayer leurs campagnes sociétales. « Les influenceurs sont devenus un média en soi, a dit Max Trudel. Quand tu as 1,5 million de personnes qui te suivent, c’est plus que certains canaux de télévision. »


Pour plus d'information, ne manquez pas notre conférence eCommerce le 30 janvier 2018!


Voici un résumé du panel sur les placements médias : Écoutons Guillaume Brunet de SubstanceAnne-Marie Gauthier de la Commission de la capitale nationale du Québec et Max Trudel - Entrepreneuriat et stratégie numérique.



 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.

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