Comment concilier santé, sécurité et cannabis au travail?

Publié le 20/07/2018 à 06:00

Comment concilier santé, sécurité et cannabis au travail?

Publié le 20/07/2018 à 06:00

Quelles mesures pourrez-vous prendre à titre de gestionnaire face à un employé que vous soupçonnerez d’être sous l’effet du cannabis ? Pourrez-vous exiger un test de dépistage illico à ce dernier ?


La légalisation de la consommation du cannabis, qui doit entrer en vigueur au pays le 17 octobre prochain, n’est pas sans susciter une foule de questions au sein des organisations. « Et les réponses dépendront essentiellement des politiques de santé et sécurité au travail que votre entreprise aura établi en fonction de ce nouvel élément », signale Stéphane Paré, directeur du Novo Studio, une filiale du Groupe Conseil Novo SST. À titre de partenaire de l’événement, M. Paré viendra partager plusieurs conseils sur le sujet lors de la conférence Santé et sécurité au travail, présentée par les Événements Les Affaires, le 26 septembre prochain, à Montréal.


Ne traitez pas le cannabis comme l’alcool


D’abord, avertit-il, une première mise au point. Il est faux de croire que les politiques de santé et sécurité au travail déjà existantes pour la consommation d’alcool et de drogues illicites peuvent s’appliquer en tout point pour la consommation de cannabis. « On parle ici de la légalisation d’une drogue actuellement illégale dont l’usage deviendra licite. Et qui plus est, d’une drogue qui peut être prescrite pour des fins médicales », indique-t-il.


Il est donc important de bien comprendre les impacts que peut impliquer cette légalisation. Il faut bien saisir l’ampleur des enjeux que cette légalisation entraîne, soulève-t-il. La Loi sur la santé et la sécurité du travail stipule que chaque employeur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé, assurer la sécurité et l’intégrité physique des travailleurs. « Plus la teneur en risques est élevée, plus les entreprises ont intérêt à disposer de politiques à l’égard de la consommation du cannabis », soutient M. Paré.


SST


Prescrit ou non, l’usage du cannabis sera interdit


Notez que le fait de légaliser la consommation de cannabis ne donnera pas le droit aux employés d’arriver au travail avec des facultés affaiblies. « Et ce, que le cannabis constitue une prescription médicale ou non », souligne Stéphane Paré. Tout ceci, insiste-t-il, doit toutefois figurer au sein des politiques de santé et sécurité de l’entreprise. Et ces politiques devront avoir été expliquées clairement aux employés et aux gestionnaires qui devront les appliquer.


« De la formation sera d’ailleurs nécessaire pour aider les gestionnaires à mieux repérer les signes et les effets secondaires de la consommation de cannabis. Les yeux rougis, un comportement confus, une baisse de vigilance, une altération de la mémoire, une hilarité soudaine, un comportement euphorique, un flot de paroles inhabituel, un appétit démesuré sont autant d’indices que les gestionnaires devront apprendre à détecter », dit M. Paré.


Et les tests de dépistage?


Les gestionnaires devront avoir des motifs raisonnables pour exiger des tests de dépistage auprès de leurs employés. « Des tests qui pourront être exigés si le gestionnaire craint que le comportement de son employé mette en danger la santé et sécurité des autres et du public », conclut M. Paré.


 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.

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