Ça vous dirait un petit muffin au pot à l’heure de la pause ?

Publié le 02/02/2018 à 09:37

Ça vous dirait un petit muffin au pot à l’heure de la pause ?

Publié le 02/02/2018 à 09:37

Le gouvernement de Justin Trudeau s’apprête à légaliser la marijuana en juillet 2018. Mais qu’en sera-t-il des produits comestibles incluant l’ingrédient psychotrope qui arriveront sur le marché à l’été 2019 ? Quels seront leur dosage permis, leurs règles d’étiquetage et d’emballage et surtout de distribution? Mystère et boule de gomme.


« Toutes ces questions sont toujours sans réponse », soulève d’emblée Sylvain Charlebois, doyen de la Faculté en Management à l'Université Dalhousie, à Halifax. Expert en distribution alimentaire, M. Charlebois abordera justement ce sujet lors de la toute première conférence Marché du cannabis, présentée par les Événements Les Affaires, le 10 avril prochain, à Montréal.


« Pour le moment, soutient-il, le projet de loi C-45 adopté par la Chambre des Communes ne prévoit aucun élément au sujet des produits comestibles incluant de la marijuana parmi leurs ingrédients. » C’est d’ailleurs l’équipe de M. Charlebois qui a sonné l’alarme auprès de Santé Canada qui légifère les aliments.


Curieuse, la population va vouloir goûter


L’été dernier, l’Université Dalhousie a publié les résultats d’un sondage mené auprès de 1087 adultes à travers le pays. Intitulé Perception des Canadiennes et Canadiens sur la marijuana à des fins récréatives utilisée comme un ingrédient dans les aliments, le sondage révèle que 68% de la population canadienne est favorable à la légalisation du cannabis. « Ce qui nous étonne, c’est de voir que 93% de ces gens qui se disent favorables sont prêts à essayer un produit comestible incluant le cannabis dès leur légalisation », indique le professeur Charlebois.


Parmi les produits infusés de marijuana qui intéressent ces répondants curieux, on note les pâtisseries (brownies, muffins…), les huiles, les épices, du beurre, y compris les salades. Près de deux Canadiens sur 5 sont même prêts à commander un plat contenant de la marijuana au restaurant, ajoute le conférencier Sylvain Charlebois.


Marché du cannabis


Comment réagiront les épiciers ?


Le doyen de l’Université Dalhousie soutient que Santé Canada aura pas mal de pain sur la planche au cours des prochains mois. « L’organisme n’a aucun modèle sur lequel s’inspirer pour établir une future réglementation. Au Colorado et dans l’État de Washington, où la marijuana est légalisée, plusieurs problèmes de traçabilité ont été soulevés », mentionne le professeur. Dosage, étiquetage, emballage, y compris la distribution devront être revus par Santé Canada avec l’arrivée de ces nouveaux produits infusés de marijuana. « D’ailleurs, insiste-t-il, il faudra voir comment vont réagir les épiceries. Elles aussi devront se positionner face à cette nouvelle réalité. »


Enfin, le professeur Charlebois doute que le marché du cannabis récréatif global atteigne les 31 G$ d’ici 2021 comme le supposent des prévisions du Groupe Brightfield. « On ignore encore quelle tangente prendra ce marché. Je crois toutefois qu’il suivra une courbe semblable au marché des aliments sans gluten. Une industrie pour laquelle, il y a 15 ans, certains prédisaient qu’elle fracasserait les 100G$ en 2020. Pourtant, on parle aujourd’hui d’un marché global qui oscille entre les 5G$ et 6G$, conclut-il.


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Notre mission : vous présenter des idées concrètes afin de vous aider dans votre réflexion et répondre à certaines de vos préoccupations d'affaires.

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