La puissance de savoir dire non avec tact

Publié le 18/10/2018 à 11:31

La puissance de savoir dire non avec tact

Publié le 18/10/2018 à 11:31

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. Vous vous sentez submergé et incapable de refuser des projets? Votre agenda de la semaine est rempli avant même que vous ayez eu le temps d’y réserver des moments pour les projets dont vous êtes imputables? Votre liste d’objectifs de la semaine est de plus en plus longue? Vous n’aimez jamais décevoir ou avoir l’impression de laisser tomber vos collègues?


Il se peut aussi que vous soyez intéressé par plusieurs sujets, secteurs et enjeux qui vous font perdre le centre d’attention de votre travail. Encore pire, peut-être vous n’osez jamais dire à votre supérieur que votre charge de travail est trop importante, craignant qu’il remette en question votre sens de l’organisation… Culturellement, il nous est souvent inconfortable de dire non étant donné que nous croyons décevoir les gens. Pourtant, lorsque c’est bien communiqué, cela a davantage tendance à nous attirer le respect.


Parmi les compétences clés du leadership, tous les gestionnaires doivent être capables de prioriser et de faire des choix. Être capable de dire non est une compétence clé d’un leader. Elle démontre votre capacité à mettre de l’énergie sur l’essentiel, livrer les projets pour lesquels vous êtes déjà commis et rester en contrôle de l’attribution de votre temps.


Le répertoire du «non»


Comme toute compétence, cela demande de l’expérience et de la pratique. Voici quelques pistes très concrètes qui illustrent plusieurs façons de dire non – sans nécessairement utiliser ce mot. Imaginez comment vous pourriez les appliquer dans la gestion des demandes, courriels, événements ou tout autre dérangement possible afin d’éviter de vous retrouver submergé. 


Votre collègue directeur vient dans votre bureau pour vous inviter à participer à l’implantation d’un nouveau logiciel. Vous savez que votre mandat actuel est déjà lourd et que les réalisations dont vous êtes imputables tardent déjà à se concrétiser. Comment lui signifier élégamment votre refus ? 


Il peut être difficile de se positionner rapidement quand nous apprenons à dire non. La première étape qui peut être franchie est de se laisser du temps. Cela vous permettra de prendre le contrôle sur votre emploi du temps plutôt que de répondre oui par réflexe. Suggérez à votre collègue de lui revenir d’ici 24 heures. 


Lorsque la demande survient, prenez un moment de pause. Plutôt que de ressentir un malaise par le silence que cela créera, appropriez-vous ce silence, c’est votre outil. Comptez jusqu’à trois avant de répondre. Si vous le souhaitez, attendez encore un peu, et c’est souvent votre interlocuteur qui viendra rompre le silence.


Si vous n’êtes pas disponible actuellement pour ce projet, mais que vous le serez d’ici quelques semaines, n’hésitez pas à le dire d’emblée. Vous ménagez ainsi les attentes de votre collègue et cela vous évitera d’avoir à vous retirer du projet en cours de route. 


Il arrive qu’il soit déraisonnable de dire non pour différentes raisons. Si vous devez accepter le projet, mais que cela compromet votre capacité à livrer vos projets actuels, pourquoi ne pas accepter en demandant à votre supérieur quel sera le projet que vous devrez mettre de côté pour répondre à ce nouvel engagement? Votre réponse pourrait aussi être: «J’adorerais livrer ce nouveau projet selon vos attentes, mais considérant mes autres engagements actuels, je ne pourrai pas faire un bon travail si j’accepte celui-ci en plus.»


L’humour peut aussi être un bon allié. Si la réponse à la demande vous semble rapidement très claire, l’humour peut être une façon de répondre du tac au tac en supprimant toute ambiguïté.


Soyez aussi conscient qu’un patron n’aime pas se faire dire non. Cela complique son travail et l’oblige à trouver une autre solution. Il ne faut pas le laisser sans suggestion et le laisser juger trop vite de notre refus. Il est primordial de savoir trouver l’équilibre et le bon ton pour démontrer son intérêt, et sa motivation continue pour ne pas engranger un refus qui nous ferait passer pour un «paresseux qui compte ses heures». L’approche axée sur l’importance de la qualité de la livraison et l’importance stratégique des mandats est à privilégier.


En guise de conclusion, gardez en tête que vous progresserez dès que vous commencerez à dire oui moins rapidement, et à être plus prompt pour dire non. 


Bonne gestion des futures demandes ! 


 


Cet article est inspiré du livre Essentialism de Greg McKeown (2014).


Le prochain billet traitera des raisons pour lesquelles accepter ou non une promotion.

À propos de ce blogue

Élise Boutin Michaud est chasseuse de têtes chez Fauve et Associés depuis quelques années. Sa mission ici est de présenter la perspective d’un chasseur de têtes de cadres et d’exécutifs sur la transition, le développement et la gestion proactive de carrière en fonction de la réalité du marché, du monde des affaires et des statistiques.

Élise Boutin Michaud