Résultats: l'indifférence est-elle de mauvais augure?

Publié le 07/08/2017 à 12:03

Résultats: l'indifférence est-elle de mauvais augure?

Publié le 07/08/2017 à 12:03

Photo: 123rf.com

La saison des résultats américains du deuxième trimestre tire à sa fin et sert deux surprises.


Les bénéfices colligés à ce jour sont à la hausse de 9%, ce qui est de 3% de mieux que ce qui avait été prévu par les analystes au début de la période de dévoilement.


C’est un peu mieux que le taux de dépassement de 2% qu’avait aussi estimé Bank of America Merrill Lynch.


La meilleure nouvelle est la hausse de 5% des revenus, malgré l’effet néfaste du dollar américain, au deuxième trimestre.


Encore mieux est la proportion des entreprises ayant surpassé les prévisions de revenus et de bénéfices. À 48%, cette part est un sommet depuis 13 ans, signale Savita Subrananian, stratège quantitative principale de la banque.


Chez Bespoke Investment Group, dont la compilation englobe plus de 1879 résultats, le bilan est moins éclatant.


Seulement 61% des entreprises ont surpassé les prévisions de bénéfices, un seuil inférieur aux derniers trimestres et à la moyenne à long terme.


Orientations relevées


Une autre bonne nouvelle concerne les orientations fournies par les entreprises.


Elles ont en effet été plus nombreuses que prévu à dire que leurs perspectives s’améliorent alors que c’est l’inverse habituellement.


La stratège estime que les entreprises ont été les plus nombreuses à relever leurs prévisions en six ans et demi, au cours des trois derniers mois, de sorte que les projections de bénéfices pour le deuxième semestre ne déclinent plus.


L’écart entre le nombre de sociétés qui relèvent leurs prévisions par rapport à celles qui abaissent leurs objectifs a atteint 3,4%, soit le taux le plus élevé depuis 2010, précise pour sa part Bespoke.


La santé, la technologie et le secteur industriel ont vu la plus forte proportion d’entreprises qui ont accru leurs prévisions. Les secteurs des matériaux et de l'immobilier sont les deux seuls dont les prévisions baissent plus qu'elles n'augmentent.


Apple, Biogen, Caterpillar, Procter & Gamble, Skyworks et United Rentals ont notamment réussi un tour de chapeau. Ces entreprises ont dépassé les prévisions de revenus et de bénéfices et ont relevé ausi leurs objectifs, note Bespoke.


La hausse des bénéfices fait en sorte que le multiple cours-bénéfices du S&P 500 se contracte au lieu d'augmenter même si les cours s'apprécient, signale Bespoke. L'indice-phare se négocie à un multiple de 21,3 fois les bénéfices des 12 derniers mois.


Seul le secteur de la consommation discrétionnaire voit son multiple d'évaluation se gonfler à 21,7 fois, signe que leurs bénéfices perdent de leur élan.


Cela reflète la reprise de l’économie mondiale et la faiblesse récente du dollar américain qui gonflent la valeur des revenus et des profits réalisés à l’étranger, fait valoir Mme Subramanian.


D’ailleurs, les multinationales se sont distinguées au deuxième trimestre. Quelque 55% des entreprises les plus présentes à l’étranger ont surpassé les prévisions (60% pour les sociétés actives dans les marché émergents), comparativement à une proportion de seulement 30% pour les entreprises dont la majorité des ventes sont aux États-Unis.


"Le recul du billet vert semble un important ingrédient du nouvel optimisme des entreprises. Puisqu'elles n'ont aucun contrôle la dessus, reste à voir si le dollar et l'optimisme tiendront encore la route en octobre et novembre, au dévoilement du troisième trimestre", écrit l'équipe de Bespoke qui craint un effet de déception, si le dollar rebondissait. 


Mme Subramanian se montre par contre surprise par l’indifférence des investisseurs aux meilleurs résultats que prévu.


Si les entreprises ont été punies plus que d’habitude dans les jours suivant des résultats décevants, en particulier en technologie, les titres des sociétés ayant battu les prévisions de revenus et de bénéfices n’ont pas du tout été récompensés en Bourse, pour la première fois depuis la bulle techno de 2000.


Bien que ce genre d’indifférence ait aussi été observé lors du sommet de 2007, pour l’instant Mme Subramanian suggère que les investisseurs avaient tout largement anticipé la performance supérieure des secteurs de la technologie, de la santé et des entreprises industrielles.


«C’est un autre indicateur d’un cycle boursier avancé qu’il faudra surveiller. Cela indique que les gains déjà engrangés et que l’évaluation des cours reflètent déjà une bonne part des bonnes nouvelles », note sa collègue Jill Carey Hall.


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
Sujets liés

Bourse

Sur le même sujet

Devrions-nous avoir peur pour les banques?

Édition du 12 Août 2017 | François Pouliot

Chronique. Les banques canadiennes, qui souffrent depuis plusieurs mois, pourraient offrir des occasions.

Profits: le meilleur du S&P 500 est-il derrière nous?

BLOGUE. La hausse de 6 à 8% des profits prolonge la reprise pour un quatrième trimestre, mais perd un peu de son éclat.

Blogues similaires

Le secret de la réussite en Bourse

Édition du 20 Juin 2015 | Bernard Mooney

BLOGUE. Il y a deux semaines, j'ai annoncé aux dirigeants de Les Affaires que cette chronique serait ma dernière. Il ...

Devrions-nous avoir peur pour les banques?

Édition du 12 Août 2017 | François Pouliot

Chronique. Les banques canadiennes, qui souffrent depuis plusieurs mois, pourraient offrir des occasions.

Pouvez-vous répondre à ces 3 petites questions?

BLOGUE INVITÉ. Ce n'est pas en demeurant ignorant sur la finance que l'on contrera les inégalités de richesse!