Où le Russell 2000 va, le S&P/TSX suivra-t-il?

Publié le 08/06/2018 à 17:14

Où le Russell 2000 va, le S&P/TSX suivra-t-il?

Publié le 08/06/2018 à 17:14

L’indice américain traditionnellement associé aux titres à faible capitalisation, le Russell 2000, bât des records presque tous les jours ces derniers temps et surpasse le S&P 500 depuis trois mois et depuis le début de l'année.


Le gain de 4,7% du Russell 2000 depuis trois mois se compare au déclin de 0,3% du S&P 500


Tous les secteurs de l’indice S&P 600, un autre indice américain représentatif des titres à faible capitalisation se sont aussi appréciés au mois de mai.


«Il faut remonter à mai 2002 pour voir le S&P 600 dépasser autant les titres à grande capitalisation sur une période de trois mois», signale Jodie Gunzberg, directrice, actions américaines de S&P Dow Jones Indices.


À la base, les PME bénéficient davantage d’une économie forte, justement parce que leur petite taille leur donne proportionnellement plus de propulsion, dit-elle.


Indicateur mitigé pour le S&P 500


Doit-on y voir un indicateur convaincant pour le prolongement du marché haussier?


Les statistiques boursières ne sont pas concluantes du tout. «Il est difficile d’établir un signal quelconque fiable, soit à la hausse ou à la baisse lorsque le PME mènent», indique Jason Goepfert, de Sundial Capital Research.


Lorsque le Russell 2000 a touché des sommets avant les autres grands indices, après une période d'au moins 30 jours sans records pour tous les indices, le bilan est mitigé depuis 40 ans, ajoute-t-il.


Chez Leuthold Group, une autre firme férue de statistiques, Doug Ramsey n’a dépisté aucun signal précurseur en étudiant l’élan relatif du Russell 2000 et son effet d'entraînement sur le S&P 500.


Évitement du conflit commercial?


On semble plutôt assister à un déplacement des investisseurs les plus actifs selon les thèmes du jour.


L’économie américaine regagne en force, mais l’économie mondiale s’essouffle, ce qui dirige les investisseurs vers les titres les plus «Américains» susceptibles de profiter de la croissance et de la baisse des impôts.


Les PME américaines sont aussi moins sujettes aux fluctuations du dollar américain et aux conflits commerciaux puisqu’en principe elles réalisent davantage de leurs revenus aux États-Unis.


Toute résolution des différends commerciaux, ou même toute indication que le commerce mondial se porte bien, en marge des discours-spectacles des chefs d’état, pourraient donc ramener les investisseurs aux plus grandes sociétés.


Une bonne nouvelle pour le S&P/TSX si…


Chez Canaccord Genuity, le stratège quantitatif Martin Roberge s’est penché sur l’influence du Russell 2000 sur le S&P/TSX.


D’entrée de jeu, le S&P/TSX présente une capitalisation boursière qui s’apparente davantage aux PME américaines du Russell 2000 qu’à celle des grands indices.


Si les PME ont la cote auprès des investisseurs mondiaux, le S&P/TSX devrait en profiter aussi, en principe.


De plus, les deux indices contiennent plus d’entreprises «cycliques» qui performent bien dans la phase d’expansion du cycle.


Ces deux facteurs expliquent le taux de corrélation mensuelle élevée de 94% entre le Russell 2000 et le S&P/TSX, croit M. Roberge.


Si l’on se fie à cette corrélation et au sommet récent du Russell 2000, le S&P/TSX devrait franchir le cap de 16412 et atteindre un nouveau sommet lui aussi, éventuellement (voir graphique ci-haut).


«Pour que le S&P/TSX établisse un nouvelle marque historique toutefois, il faudra que les cours de toutes les matières premières et des titres de leurs producteurs entrent tous dans un mouvement haussier en même temps», écrit le stratège dans son dernier bulletin hebdomadaire.


«L’énergie, le bois et les métaux de base ont déjà amorcé le mouvement. Les engrais ont emboité le pas avec un gain de 4% depuis le début du mois. Nous gardons espoir que l’or suivra au deuxième semestre», explique M. Roberge.


Le cuivre a bondi de 6% cette semaine à 3,29$US la livre en raison de l’effet sur l’offre d’une grève potentielle à la plus grosse mine de cuivre au monde, Escondida, au Chili, appartenant à BHP Billiton.


Accroché à son espoir, le stratège de Montréal surveille de près le sous-indice des matériaux (XMA) qui est sur le point de s’extirper d’une période de sous-performance par rapport au marché qui dure depuis deux ans.


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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