Les pros prévoient un dernier élan de 12% pour le S&P 500

Publié le 14/11/2018 à 10:00

Les pros prévoient un dernier élan de 12% pour le S&P 500

Publié le 14/11/2018 à 10:00

Le plus récent sondage mensuel de Bank of America Merrill Lynch intrigue plus que les autres.


Quelque 225 pros d’un peu partout dans le monde ont en effet répondu au questionnaire du courtier entre les 2 et 8 novembre, soit immédiatement après la chute de 5% à 11% des quatre grands indices américains et pendant les élections de mi-mandat.


Puisque la fin d’année approche aussi à grands pas, les investisseurs institutionnels ont aussi donné un premier aperçu de leurs attentes pour 2019.


Des acheteurs pendant la correction


Le sondage révèle que les pros ont acheté des actions pendant la correction d’octobre. L’encaisse moyenne en portefeuille a en effet fléchi de 5,1% à 4,7% entre octobre et novembre.


Les pros ont surtout acheté des actions américaines, mais aussi des titres des pays émergents, des fonds immobiliers à capital fermé et des actions du secteur mondial de la santé.


Globalement, 31% des pros accordent plus de place en portefeuille aux actions mondiales qu’une pondération neutre.


Les financiers ont accru leur répartition en actions américaines de 10%, par rapport au moins précédent. Avec une surpondération de 14%, il s’agit de la région la plus populaire.


Quant aux choix sectoriels, ils correspondent à la rotation observée en Bourse en octobre: le secteur de la santé est devenu l’industrie préférée tandis que celle de la technologie a perdu des admirateurs.


Mondialement, la proportion du portefeuille consacrée aux titres de technologie est la plus faible depuis février 2009, notent aussi les sondeurs. Seulement 18% des pros consultés y accordent une place supérieure au poids de l’industrie dans le S&P 500.


Malgré ce volte-face des gestionnaires, ils considèrent encore que les titres FAANGs (Facebook, Amazon, Apple, Netflix, Google) + BAT (Baidu, Alibaba, Tencent) sont trop populaires, pour un dixième mois consécutif.


Un premier regard vers 2019


Le courtier a aussi demandé aux pros le rendement qu’il reste au marché haussier avant son ultime sommet. La réponse: encore 12% jusqu’à 3056 pour l’indice S&P 500.



« En revanche, un pro sur trois estime que la Bourse a déjà touché le zénith du cycle haussier actuel. »

Cette proportion est le double de celle observée en octobre.


Autre révélation: seulement 11% des répondants prévoient une récession mondiale en 2019.


Par contre, 29% d’entre eux prévoient une détérioration des bénéfices mondiaux tandis que 47% estiment que les marges se détérioreront, dans la prochaine année.


Le sondage met aussi au jour quelques paradoxes.


Bien qu’une récession mondiale ne semble pas imminente, les prévisions de croissance économique sont les plus faibles depuis novembre 2008 et la croissance des profits attendue est la plus modeste depuis juin 2012.


Quelque 29% des répondants prévoient aussi que les profits se détérioreront en 2019.


C’est tout un renversement par rapport à l’euphorie qui prévalait en janvier 2018: 39% des pros misaient alors sur une hausse des profits.


Autre contradiction: 70% des pros consultés s’attendent à ce que l’inflation de base augmente en 2019, malgré le ralentissement économique appréhendé.


Enfin, presque la moitié des pros prévoient que les Bourses du reste du monde performeront le mieux en 2019, même s’ils favorisent les actions américaines à court terme.


Les pros préfèrent nettement les marchés émergents aux actions européennes.


Les pires placements de 2019 seront les obligations de sociétés (pour 17% des répondants) et les obligations du Trésor (pour 24% des répondants).


Comme au mois dernier, il faudrait que les taux américains de 10 ans grimpent à 3,7% avant que les gros investisseurs redirigent leurs capitaux des actions aux obligations. Ces taux repères sont actuellement à 3,14%.


Les pros croient aussi que le dollar américain est le plus surévalué depuis 2006, surtout par rapport aux devises des pays émergents. Les principaux risques évoqués n’ont pas changé. La guerre commerciale figure en tête (35% des répondants) pour un sixième mois d’affilée, suivi par le resserrement monétaire trop hâtif de la Fed (26%) et par le ralentissement chinois (14%).


L’autre inquiétude soulevée est le fort endettement des entreprises.


Quel message retenir?


Qu’en conclut Michael Hartnett le stratège en chef de Bank of America Merrill Lynch? Que les pros ne sont pas assez pessimistes pour déclencher un nouveau signal d’achat clair.


«Nous restons pessimistes à court terme, car le repli boursier n’a probablement pas encore trouvé son ultime plancher», évoque-t-il.


M. Hartnett avance que ce tel «plancher» pourrait survenir à la mi-année de 2019.


 


 


 


 

À propos de ce blogue

La Sentinelle de la Bourse se veut un blogue pour les investisseurs qui s¹intéressent aux rouages de la Bourse et aux marchés financiers. Son objectif : surveiller et débusquer des repères financiers pertinents pour prendre le pouls des Bourses et ainsi mieux aiguiller les décisions de placement de l¹investisseur.

Dominique Beauchamp
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