Voici Pep Académie, 4 emplois d'été pas comme les autres

Publié le 03/07/2017 à 12:34

Voici Pep Académie, 4 emplois d'été pas comme les autres

Publié le 03/07/2017 à 12:34

C’est le temps des emplois d’été. Après plusieurs étés à garder des enfants, promener des chiens, surveiller des baigneurs et faire la plonge, tout étudiant aspire à décrocher un stage dans son domaine d’études. C’est le concept de Pep Académie, une idée de la firme montréalaise La Pépinière, spécialiste des espaces éphémères et du placemaking.


Un stage rémunéré, mais aussi une école d'été


Pep Académie offre quatre stages rémunérés de six semaines à des étudiants, ou jeunes diplômés, en design/architecture/communication/marketing/animation/programmation/travail communautaire. Les candidats ont jusqu’au dimanche 9 juillet pour envoyer leur CV à talents@pepiniere.co.


Durant ces six semaines, les quatre participants contribueront à la création et l’animation d’une place éphémère sous le coaching d’experts de La Pépinière. «Pep Académie c’est une combinaison de stage et d’école d’été», explique Maxim Bragoli, cofondateur de La Pépinière.


C’est aussi le vecteur de croissance de cette jeune entreprise pour les prochaines années, poursuit l’entrepreneur.


En trois ans, La Pépinière a mené 21 projets. On lui doit, entre autres, le Village au-Pied-du-Courant, sous le pont Jacques-Cartier. Mais aussi l’animation de la rue de Dijon, à Montréal-Nord. Sur une longueur de 200 mètres, le trottoir a été élargi pour atteindre six mètres (au lieu des deux mètres habituels). Ceci a permis d’installer une scène, des balançoires, des halles, un jardin et un «placotoire» pour toute la période estivale.


Pep Académie, une stratégie de pérennisation


L’été, le personnel de La Pépinière atteint 100 personnes. Le reste de l’année, ils sont 25. Le défi consiste à pérenniser le modèle d’affaires. Pour l’instant, la PME a surtout réalisé des projets où elle a assumé la majeure partie du risque. Ceux-ci sont financés à 20 % par des subventions et à 80% par des revenus autonomes (resto-bar, marchés publics, location d’espaces, etc.). C’est le cas du Village Au-pied-du-Courant. À cela se sont ajoutés des services clé en main. Ces projets sont subventionnés à 100% par les municipalités. C’est le cas de celui de la rue de Dijon.


Pep Académie servira à alimenter la troisième offre de La Pépinière : les services-conseils. «Il faut sortir de Montréal et de Québec, explique Maxim Bragoli. Nous sommes sollicités par des municipalités comme Magog, Sherbrooke et St-Jean-sur-le-Richelieu qui n’ont pas nécessairement des structures de financement de places éphémères comme Montréal et Québec. Et puis, il y a tous les projets citoyens qui n’ont pas les moyens de nous recruter, mais qui ont besoin qu’on le transfère notre expertise. Pep Académie va nous permettre de combler ces besoins.»


Les entreprises partenaires de Pep Académie


Chaque cohorte de Pep Académie aura un budget de 75 000$. Ces fonds proviennent à parts égales de trois sources:


-La municipalité, ou l’arrondissement, qui accueille le projet ;


-Un partenaire corporatif (La Caisse d'économie solidaire a confirmé sa participation) ;


-Une Fondation (La Fondation McConnell a confirmé sa participation).


À cela s’ajoutent des partenaires locaux qui feront des dons en argent ou en matériel. Et, bien sûr, les citoyens du quartier. «Nous accueillerons tous ceux qui ont une expertise qui peut contribuer à la réalisation du projet, des électriciens aux architectes en passant par des spécialistes du marketing», souligne Maxim Bragoli.


Pep Académie, une autre forme de RSE?


«Pep Académie s’inscrit dans la vague de l’implication citoyenne des entreprises, poursuit le cofondateur de La Pépinière. Les organisations ont besoin de maintenir le dialogue avec la communauté. Le quartier est le niveau d’intervention le plus direct. En ce moment, c’est là que se trouve le plus grand potentiel d’humaniser les entreprises.» Il ajoute que les partenaires financiers de la Pep Académie ont la possibilité de «prêter» leurs employés pour contribuer à la réalisation du projet de placemaking qu’ils financent.


Le 17 juillet, les quatre membres de la première cohorte de Pep Académie débuteront leur mandat de six semaines. Ils seront accompagnés par quatre coaches de La Pépinières et quatre citoyens du quartier, «Pour nous assurer que l’expertise soit transférée aux acteurs du milieu afin qu’ils puissent opérer eux-mêmes leur place éphémère », explique l’entrepreneur.


De la place éphémère à la place transitoire


Si tout va bien, une autre cohorte de «Pep Académie» débutera à l’automne. «Celle-là réalisera son projet à l’intérieur, poursuit Maxim Bragoli. Jusqu’à présent, toutes nos interventions de placemaking ont été accomplies sur des lieux extérieurs. Ce sont des espaces éphémères. Entre les interventions, ceux-ci redeviennent inoccupés. Nous voulons ajouter l’expertise des espaces transitoires, ces lieux à qui on donne de l’amour en attendant qu’ils soient occupés. On fait généralement un legs (une murale, des toilettes, etc.) en espérant stimuler l’imaginaire des parties prenantes pour qu’elles aient envie d’investir ces lieux de façon permanente.»


Et ainsi ajouter plus de vie à la vie des citoyens du quartier. Mais aussi à la vie de tous les individus et de toutes les organisations qui ont contribué à réanimer ces lieux abandonnés.


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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