Voici le seul geste qui peut stopper le changement climatique

Publié le 10/11/2017 à 14:16

Voici le seul geste qui peut stopper le changement climatique

Publié le 10/11/2017 à 14:16

Ce n'est pas en abandonnant votre steak que vous allez sauver la planète.

tiliser une voiture à essence pendant un an génère 2,4 tonnes de CO2. Investir 100000$ pendant un an, dont la moitié dans l’indice composé S&P/TSX et l’autre dans l’indice MSCI World, génère 9,3 tonnes de Co2 (ce sont, bien sûr, les entreprises de ces portefeuilles qui génèrent ces tonnes de CO2). C’est quatre fois plus.


Chaque tranche de 10000$ que vous investissez dans un indice composé S&P\TSX génère 0,8 tonne de CO2.


Ces données sont tirées de la présentation de David Berliner, cofondateur de la firme d’investissement montréalaise CoPower. David participait au Social Finance Forum, hier, à Toronto.



(Le portefeuille d’investissement pris en exemple suppose une répartition à 50/50 entre deux fonds typiques, l’indice composé S&P/TSX et l’indice MSCI. L’impact carbone de ce portefeuille a été calculé via le Index Carbon Footprint Metrics* et avec un taux de change USD à CAD de 0,78 en date du 27 octobre 2017. Les impacts carbone des gestes quotidiens cités dans ce blogue et ces infographiques sont issus du calculateur d'émissions EPA GHG, de l'étude de Lund et du Guardian. Les chiffres spécifiques de ces actions peuvent être consultés ici: trajet en voiture*, hamburgers*, sèche-linge*, régime omnivore*, voyage en avion, avoir un enfant, conduire une voiture à essence.)


Vous me voyez venir. La consommation responsable, c’est bien. C’est même très bien. Mais le vrai pouvoir de stopper le changement climatique réside ailleurs. Ce pouvoir c’est celui de nos investissements.


Manger de la viande? Quatre fois moins polluant qu'un investissement de 100000$ à la bourse de Toronto.


On répète qu’il faut manger moins de viande, ou pas du tout. Probablement. Mais un an de régime omnivore génère 2,5 tonnes de CO2. C’est près de quatre fois moins de CO2 qu’un investissement de 100000$ à la bourse de Toronto.



Notre portefeuille d’investissement cause bien plus de dégâts que notre consommation, aussi débridée soit-elle.


Pourtant, on passe nos gestes de consommation au peigne fin, mais on délègue nos décisions d’investissement à des professionnels. Et on passe à autre chose.


En utilisant le calculateur d’empreinte carbone du Global Footprint Network, David Berliner et Jennifer Macdonald, de CoPower, ont évalué que l’empreinte carbone d’un portefeuille d’investissement de 500 000$ d’un couple de professionnels qui possède une maison au centre-ville, une voiture hybride et s’efforce de consommer des produits locaux et bios est le double de son empreinte personnelle (46,7 tonnes contre 23 tonnes).


 Les trois leviers pour changer un comportement : savoir, vouloir, pouvoir


Savoir est une chose. Vouloir agir en est une autre. Pouvoir passer à l’acte en est une troisième.


J’en ai parlé avec Raphael Bouskila, cofondateur de CoPower. Son entreprise émet des obligations vertes (rendement de 5% sur 5 ans). L’argent est ensuite investi sous forme de prêts, entre 200000$ et 2M$, dans des infrastructures d’énergie renouvelable (panneaux solaires, éoliennes, géothermie). À ce jour, CoPower a recueilli 5M$.


«Au début, nous pensions vendre nos obligations uniquement par l’entremise de notre plateforme en ligne», raconte Raphael. Il a fallu s’ajuster. «Ce n’était pas réaliste de penser que les investisseurs changeraient leur comportement si facilement. Et que nous allions rejoindre un nombre suffisant d’investisseurs (pour avoir l’impact désiré) en comptant simplement sur notre plateforme. Il faut être présent dans le réseau de distribution financier traditionnel. Nous discutions donc avec les joueurs institutionnels, comme les banques, pour qu’ils proposent nos obligations à leurs clients. Nous discutons aussi avec des firmes de courtage.» Vancity, de Vancouver, a acheté 500 000$ d’obligations vertes de CoPower pour les proposer à ses clients.


Quand les Milléniaux influencent leurs grands-parents


Quand les produits de finance durable pénètrent le réseau de distribution financier traditionnel, on abaisse la barrière à l’action. Mais comment en vient-on à vouloir acheter ces produits ?


Je peux vous raconter comment ça se passe pour les obligations vertes de CoPower.


«Nous avons deux sortes d’investisseurs, des Milléniaux et les grands-parents retraités. Les Milléniaux achètent nos obligations en ligne. Ils s’en tiennent souvent à l’investissement minimum soit 5000$. Puis, ils en parlent à leurs grands-parents, parvenus à un moment de leur vie où ils se soucient de ce qu’ils laisseront à la génération suivante. Et ils nous envoient un chèque par la poste, pour des montants bien plus élevés. Certains veulent envoyer leur commande d’achat par télécopieur… Pas de problème, on s’est procuré un télécopieur juste pour eux!», raconte en riant Raphael Bouskila.


Savoir, vouloir, pouvoir. C’est ainsi qu’on change le monde.

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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