Startupfest: conversation candide avec quatre investisseurs

Publié le 14/07/2017 à 11:07

Startupfest: conversation candide avec quatre investisseurs

Publié le 14/07/2017 à 11:07

«Une firme de capital de risque vise le rendement le plus élevé possible. Les entreprises dont l’équipe de direction est diversifiée obtiennent un meilleur rendement que celles avec une direction homogène. Nous avons constaté que les entreprises cofondées par un membre de la communauté LGBT comptent davantage de femmes et de gens de couleur dans leur équipe de direction. Pour obtenir le meilleur rendement possible, nous investissons donc 100% de notre portefeuille dans des entreprises qui comptent un membre de la communauté LGBT parmi les fondateurs, l’équipe de direction ou le CA.» –Paul Grossinger, cofondateur de Gaingels (New York, Los Angeles, Washington, Londres, Toronto)


Cette déclaration est tirée de l’atelier «Demandez-moi n’importe quoi», où trois investisseurs (Neha Khera, de 500 Startups Canada, Paul Grossinger, de Gaingels et Lylan Masterman, de White Star Capital) ont répondu aux questions des participants du Startupfest. Le tout animé par Chris Arsenault d'iNovia.


La première chose à comprendre à propos du capital de risque


«C’est un secteur extrêmement subjectif. Vous devez comprendre à qui vous vous adressez pour connaître ses biais. Car nous en avons tous.» –Chris Arsenault, iNovia


«On ne peut sous-estimer l’importance de l’arrimage («fit»). Il est possible que je ne puisse pas travailler avec vous, tout simplement. Ou bien, que j’aie eu une mauvaise expérience avec votre secteur et que je ne veuille plus y toucher.» –Neha Khera, de 500 Startups Canada.


Voici maintenant ce qui préoccupe les entrepreneurs et ce que les investisseurs leur ont répondu


Compte tenu de la controverse entourant le style de gestion et la personnalité du fondateur d’Uber, et son départ, scrutez-vous davantage la culture et l'éthique d’une entreprise avant d’y investir, et après?


«Il est très difficile d’obtenir la vérité à propos d’une culture d’entreprise. Les administrateurs et les investisseurs ne savent que ce que le PDG leur raconte. Pour avoir l’heure juste, il faut entretenir des liens avec des employés. Un des mes amis investisseur n’aurait jamais su qu’il y avait un problème au département des ventes d’une de ses entreprises s’il n’avait pas connu un vendeur junior. Ce dernier lui a confié que ses collègues quittaient les uns après les autres parce que leur directeur se comportait comme une brute. Mais le PDG justifiait chaque départ en cachant bien la culture pourrie du département.» –Lylan Masterman, White Star Capital


«Les investisseurs sont très loin des enjeux de culture. Au CA, par exemple, on examine des chiffres. On ne parle jamais de culture.» –Neha Khera, 500 Startups Canada


«Pour que les investisseurs prennent en considération la culture des entreprises où ils investissent, il faudra que la culture en général change. Pour l’instant, on ne considère la culture lorsque la maison est en feu et qu’il faut congédier le PDG.» –Paul Grossinger, Gaingels.


«La performance d’une société jette de l’ombre sur tout le reste. L’ombre se lève lorsque la performance diminue. Les enjeux de culture deviennent alors apparents.» –Chris Arsenault, iNovia


«Comme investisseur, je sais que la culture importe parce qu’elle permet d’attirer les meilleurs employés et de garantir les meilleurs multiples au moment où je revendrai. Avant d’investir dans une entreprise, je consulte le site glassdoor.com où les employés commentent sur leurs employeurs. Mais une fois mon investissement réalisé, je n’y retourne plus.» –Lylan Masterman, White Star Capital


Que prenez-vous en considération lorsque vous évaluez le projet d’un entrepreneur sans expérience?


«Je regarde son niveau d’énergie.» –Lylan Masterman, White Start Capital


Et pour celui qui a de l’expérience?


«Je regarde le réseau qu’il s’est bâti.» –Lylan Masterman, White Star Capital


Qu’en est-il du projet?


«Nous évaluons l’impact, la portée. Et puis notre contribution. Pouvons-nous ajouter de la valeur à ce projet?» –Paul Grossinger, Gaingels


Comment faire changer d’idée à un investisseur qui veut siéger au CA?


«Vous amorcez très mal votre relation. Si vous estimez qu’un investisseur dispose des ressources, des compétences et du réseau pour vous aider, pourquoi n’est-il pas assez bon pour siéger à votre CA? Soyez cohérents. Dès qu’un investissement est de taille importante, tout investisseur va réclamer un siège au CA.» –Paul Grossinger, Gaingels


Attendez-vous que les entreprises viennent vous voir ou les sollicitez-vous?


«Les meilleurs investisseurs sont des chasseurs. Nous nous rendons le plus visibles possible. Ma stratégie, par exemple, consiste à publier des textes d’opinion pour faire connaître notre philosophie d’investissement et nos intérêts auprès de la communauté d’entrepreneurs que nous visons.» –Lylan Masterman, White Star Capital


«Nos affaires sont basées sur le réseau. Nous sommes constamment en quête de références. Il faut parler de votre projet au plus grand nombre possible de gens, car vous ne savez jamais quand il viendra à nos oreilles.» –Neha Khera, 500 Startups Canada.


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

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