Primeur: voici la première pharmacie québécoise certifiée carboneutre

Publié le 31/01/2018 à 08:00

Primeur: voici la première pharmacie québécoise certifiée carboneutre

Publié le 31/01/2018 à 08:00

La pharmacienne Christine Murphy, de l'enseigne Proxim à Eastman, et son équipe

Le Québec compte sa première pharmacie certifiée carboneutre. Il s’agit de la pharmacie de Christine Murphy, à Eastman, en Estrie. Celle-ci est affiliée à l’enseigne Proxim.


La certification carboneutre existait déjà au Québec. Elle a été élaborée par l’OBNL Planetair pour permettre aux particuliers et aux organisations de quantifier leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), d’identifier des opportunités de réduction et de compenser leur impact climatique par le biais de crédits-carbone.


Maillon Vert, qui accompagne les pharmacies dans leur démarche d’écoresponsabilité, s’est associée à Planetair pour développer un protocole carboneutre propre aux pharmacies.


Quelle différence entre une pharmacie écoresponsable et une pharmacie carboneutre?


«La pharmacie écoresponsable évalue sa performance sociale, environnementale et économique en fonction de quatre axes: l’implication sociale, l’offre de produits et de services, la gestion des matières résiduelles, l’énergie et le transport, explique Marc-André Mailhot, pharmacien et fondateur de Maillon Vert. Le pharmacien sélectionne ensuite les axes d’intervention qui ont le plus d’impact. Cela devient son plan d’action. C’est une démarche de 18 mois.»


Une cinquantaine de pharmacies québécoises auraient mené cette démarche.



Devenir écoresponsable: des bénéfices annuels récurrents de 45000$


Maillon Vert a mandaté un économiste pour évaluer les bénéfices associés à la démarche écoresponsable qu'il a élaboré. Ceux-ci se répartiraient en trois catégories:


1-L’effet sur la notoriété et l’image. «Il est difficile de se différencier dans le secteur de la pharmacie, souligne Marc-André Mailhot. C’est ce qui rend l’écoresponsabilité intéressante»;


2-La gestion des ressources humaines: l’écoresponsabilité s’associe d’une gestion participative. Ceci aurait pour effet d’accroître le sentiment d’appartenance et le niveau d’engagement des employés. L’entreprise deviendrait aussi plus attirante lors du recrutement;


3-Une réduction des dépenses: on réduit le gaspillage de fournitures de bureau et d’officine, on optimise le transport et la consommation d’énergie.


«La certification carboneutre, c’est la cerise sur le sundae! poursuit le fondateur de Maillon Vert. On ajoute la quantification des émissions de GES dans un contexte de pharmacie et la compensation complète de celles-ci.» Planetair offre au pharmacien le choix de la forme de compensation. La pharmacienne Christine Murphy a opté pour un projet de reforestation au Québec.


Le toit de la pharmacie carboneutre de Christine Murphy est couvert de panneaux solaires.


Pourquoi Christine Murphy est-elle la première pharmacienne carboneutre au Québec?


«Elle était mûre pour cette étape. Elle a fait ses devoirs, répond Marc-André Mailhot. Sa pharmacie valorise 98% de ses déchets. Son toit est couvert de panneaux solaires. Les produits sont livrés dans une voiture électrique. Ses tablettes proposent des produits locaux et écoresponsables.»


Il ajoute, «Christine n’avait besoin de devenir écoresponsable ni carboneutre pour des raisons concurrentielles. Elle n’a pas de concurrents directs à proximité. Sa démarche est d’abord motivée par ses valeurs.»


Une certification pour «ultra-vertueux» seulement?


À lire ce qui précède, on pourrait se demander si la certification carboneutre n’est accessible qu’aux ultra-vertueux. «C’est le contraire, répond Marc-André Mailhot. Une pharmacie peut choisir de simplement mesurer des émissions de GES et de compenser celles-ci par l’achat de crédits-carbone sans modifier ses pratiques. Ce n’est pas ce que nous prônons, mais c’est possible. Nous souhaitons toutefois que pour ceux qui choisissent de simplement compenser, ce soit une première étape vers une démarche écoresponsable complète.»


Le mot de la fin


«Toutes les entreprises devraient adopter un comportement écoresponsable, estime le fondateur de Maillon Vert. Mais compte tenu de l’impact des changements climatiques sur la santé de la population, les pharmaciens devraient se sentir encore plus interpellés à contrôler les émissions de GES de leur établissement. Après tout, la santé c’est notre raison d’être, c’est le cœur de notre mission.»


 

À propos de ce blogue

Diane Bérard est chroniqueuse au journal Les Affaires et a dirigé le magazine Commerce pendant sept ans. Elle est régulièrement invitée à commenter l'actualité économique dans les médias. Auteure de trois livres (Deux filles le mercredi soir, Les fous du roi et J'ai perdu ma montre au fond du lac), elle emploie son énergie débordante à transmettre sa passion du monde des affaires et de l'économie. «Le fil de Diane» vous aidera à trouver votre chemin à travers la masse d'informations économiques disponibles sur Internet.

Diane Bérard

Blogues similaires

Les salutations de Jacques Ménard... ainsi que les miennes

Édition du 30 Juin 2018 | René Vézina

CHRONIQUE. C'est vraiment la fin d'une époque chez BMO Groupe financier, Québec... et le début d'une nouvelle. ...

Sortir du bois ou entrer dedans ?

Édition du 13 Octobre 2018 | François Pouliot

CHRONIQUE. Il y a de l'action en forêt. Depuis la mi-septembre, plusieurs titres forestiers sont sous pression.

Découvrez les coulisses secrètes des RH d'Adidas!

23/10/2018 | Olivier Schmouker

BLOGUE. Demain est déjà là. Du moins, pour des entreprises visionnaires comme la marque aux trois bandes...